Edito

Champagne et bulles

Quand la bouteille de champagne est ouverte, difficile de ne pas la boire. D’autant qu’en 2017 le BTP a eu plusieurs occasions de s’offrir des bulles. La dégradation de l’activité a pris fin en fanfare : le niveau des transactions dans le résidentiel a atteint des records ; l’activité devrait culminer à + 5 % dans le bâtiment, et frémit enfin dans les TP ; l’emploi redémarre ; le nombre d’accidents du travail se réduit encore, récompensant la mobilisation des employeurs. Ajoutons-y la livraison d’une palanquée d’ouvrages, depuis le nouveau tribunal de Paris jusqu’à la Seine Musicale, en passant par la LGV Paris-Bordeaux. N’oublions pas, non plus, le moral retrouvé des chefs d’entreprise, qui fournit un puissant anticorps à un secteur malade, faut-il le rappeler, depuis 2008. Cette longue période de crise semble se refermer. Champagne oui, et petits-fours aussi.

Dans un contexte de réforme, plusieurs sujets peuvent contrarier la belle trajectoire du BTP.

Mais ces célébrations ne doivent toutefois pas sombrer dans l’ivresse. Dans un contexte où le gouvernement réformera encore à un rythme frénétique, plusieurs sujets peuvent rapidement contrarier la belle trajectoire du BTP, comme l’a démontré la baisse surprise des APL, et faire potentiellement exploser quelques « bulles ». Malgré l’enthousiasme retrouvé l’an passé, les mises en garde ont par exemple affleuré sur les paravents que constituent, pour l’activité, les mégachantiers du Grand Paris Express et la construction neuve. En bâtiment comme en TP, les métropoles sont dynamiques, certes. Mais une grande partie des territoires reste en souffrance et manque de chantiers. Un plan de revitalisation pour les villes petites et moyennes est censé répondre en partie au problème. Il faudra en vérifier le contenu, les financements et le « portage politique ». En matière de logement, la loi « Elan » qui doit être déposée au Parlement en mars (lire page 13) doit être finement dosée pour ne pas bousculer les fragiles équilibres du secteur. Plus près de nous, l’exécutif doit trancher mi-janvier sur le devenir exact du Grand Paris Express, dont les dépassements des montants de travaux font craindre une révision a minima du projet.

Alors puisque la bouteille est entamée, terminons-la. Mais attendons encore quelques mois avant de, peut-être, en sabrer d’autres.

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