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CENTRE L’urgence d’un plan pour la Loire

Mots clés : Eau - Travail

Alors que l’on s’achemine vers l’abandon du barrage de Chambonchard, le problème de la sécurité des levées devient prioritaire.

Depuis plusieurs mois déjà le gouvernement aurait dû publier un Plan Loire 2 avec la construction ou au contraire l’abandon du projet de barrage à Chambonchard, nécessaire pour soutenir le débit du Cher. Faute de consensus gouvernemental, Lionel Jospin vient de confier une nouvelle mission de concertation à Patrice Magnier, préfet de la région Centre et préfet coordonnateur de la Loire. Celui-ci devra rapidement consulter les acteurs du programme Loire sur un « programme de gestion des étiages du Cher, susceptible d’être mis en oeuvre si le gouvernement décide de ne pas soutenir le projet de barrage de Chambonchard ».

Dans cette hypothèse, le barrage de Rochebut, aujourd’hui géré par EDF, serait utilisé pour fournir de l’eau potable à la région de Montluçon tandis que de nouveaux financements seraient apportés pour améliorer la qualité des eaux du Cher. Des crédits de compensation sont également prévus pour le « développement durable du territoire du Haut-Cher ». Autant de propositions que l’Epala (Etablissement public d’aménagement de la Loire et de ses affluents) vient de rejeter massivement.

Des digues à consolider. Une autre urgence vient d’être mise en lumière par la publication de l’étude d’une équipe pluridisciplinaire dirigée par Nicolas Camphuis. Cette équipe scientifique a étudié les risques et les conséquences d’une inondation centennale de type 1856.

En cas de brèches dans les digues, les dégâts pourraient avoisiner les 40 milliards de francs (dont 13 milliards pour Tours) avec de véritables catastrophes en Loire moyenne entre Nevers et Angers. 300 000 habitants, 13 600 entreprises, 72 000 emplois seraient ainsi menacés par une crue majeure. Cette situation s’explique en particulier par la fragilité des levées qui encadrent le fleuve : les extractions massives de granulats ont en effet fait baisser sensiblement le lit du fleuve, ce qui a fragilisé le pied des digues. Pour le Loiret, quarante points de fragilité ont été ainsi relevés.

Pour éviter de telles catastrophes, il faudrait réaliser à court terme deux à trois milliards de travaux avec le renforcement de 125 km de levées (entre 5 et 10 millions le km) et la construction de l’ouvrage écrêteur du Veurdre sur l’Allier, qui pourrait faire baisser la ligne d’eau de 40 cm en amont du Cher. Dénonçant le « lobby écologiste », Eric Doligé, président de l’Epala, comme Jean-Louis Bernard, député du Loiret affirment « qu’on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas » et plaident pour un programme ambitieux, notamment dans le cadre des contrats de Plan, pour renforcer les levées.

PHOTO : Près d’Orléans, dans le loiret, quarante points de fragilité ont été relevés au pied des digues.

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