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Caterpillar se penche sur le coût d’exploitation de ses matériels

Mots clés : Carburant - Industriels du BTP

L’américain publie des statistiques mesurant la part de la consommation de carburant dans le coût global de trois de ses engins.

«Le carburant est un poste crucial pour l’exploitant de matériels de travaux publics, et sa consommation doit être surveillée de très près. » Cette affirmation est une évidence pour les Européens. C’est une nouveauté pour les Américains. Aux États-Unis, qui n’ont pas connu le choc pétrolier de 1973, le prix du carburant n’a véritablement commencé à augmenter qu’au début des années 2000. Le prix du gazole utilisé par les engins de chantier est passé de 1 dollar le gallon en 1999 (23 centimes d’euro le litre, en tenant compte des cours en vigueur à l’époque) à 3,50 dollars le gallon aujourd’hui (69 centimes d’euro le litre). Un prix qui a triplé en quinze ans. Du coup, l’américain Caterpillar a décidé d’axer une bonne partie de ses recherches sur la diminution de la consommation de carburant, en commençant par faire un état des lieux. Première question : que représente vraiment le gazole dans les coûts d’exploitation d’un engin ? Pour trouver la réponse, Caterpillar a analysé les données télématiques provenant des milliers d’engins qu’il suit à la loupe, que ce soit ceux de son propre parc de location ou de celui des clients qui lui sous-traitent l’entretien de leurs machines. Les résultats sont présentés dans le tableau ci-contre. Il en ressort que, pour une chargeuse de 220 ch par exemple  une Caterpillar 950 K , le carburant représente 56 % des coûts d’exploitation. Ainsi, quand le prix à la pompe augmente de 20 %, l’impact sur le coût total d’exploitation de la chargeuse ne sera que de 11 %. Et encore ! Ce coût d’exploitation ne prend pas en compte le salaire de l’opérateur ni celui des techniciens de maintenance. Ces statistiques sont intéressantes car elles permettent d’affiner l’équation qui rend tolérable le surcoût lié à l’achat d’un matériel sobre en carburant. Si une pelle à motorisation hybride diesel/électrique, par exemple, fait économiser 30 % de carburant mais ajoute 15 % sur ses frais d’entretien, elle fera gagner 11 % du coût total d’exploitation. C’est ce gain qu’il faut comparer avec son prix d’achat pour calculer l’amortissement du surcoût. Tout en tenant compte de l’évolution du prix du pétrole tout au long de sa période d’exploitation. Mais ça, qui peut le prévoir ?

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Le prix du GNR

Depuis le 4 avril 2014, le ministère de l’Écologie et du Développement durable a inclus le gazole non routier (GNR) dans la liste des produits pétroliers dont il suit le cours semaine après semaine. Ces données sont en accès libre sur le site internet du ministère, exportables dans un format informatique exploitable par un tableur, et se trouvent dans la rubrique « Énergie, Air et Climat », puis dans les sous-catégories « Énergie » et « Pétrole ».

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Consommation de carburant contre efficacité énergétique

Caterpillar le martèle dans ses discours : la consommation, correspondant au nombre de litres de carburant consommés à l’heure, est moins importante que l’efficacité énergétique (carburant consommé à la tonne déplacée). Du coup, le fabricant d’engins publie dans ses documentations un indice de fuel efficiency qui tient compte de l’amélioration de la productivité des machines de dernière génération. Problème : comment un fabricant d’engins peut-il s’engager sur une productivité qui dépend de bien d’autres facteurs que sa seule machine, à commencer par les compétences de l’opérateur et l’organisation du chantier ? « Nous sommes parfaitement dans notre rôle, et nous pouvons mesurer la productivité de nos engins grâce à des tests rigoureux », se défend Jim Stettner, responsable de ce programme chez Caterpillar. Il a d’ailleurs organisé une longue campagne de tests, en faisant tourner des machines bardées de capteurs, dans des conditions similaires, pour mesurer leurs performances. Mieux : Caterpillar a inclus dans cette campagne des machines concurrentes (John Deere, Komatsu et Case) puis a publié les résultats sur son site*. Là, il joue gros car ses concurrents ne vont pas manquer de contester des résultats qui seraient à l’évidence plutôt favorables à l’initiateur de l’étude. Ainsi une chargeuse Caterpillar 980 K consommerait 9 % de moins qu’une Komatsu WA 500-7 et serait également plus productive, avec une efficacité énergétique supérieure de 16 %.

* cat.com/fuel-efficiency-us

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