Régions

Capillarité transfrontalière dans l’éco-habitat

Mots clés : Concours d'architecture - Services urbains - Transport collectif urbain

La référence européenne a guidé la rénovation de la Cité Wagner, en cours d’achèvement à Mulhouse. Dès les prémices en 1999, l’agence d’architecture de Nancy Collin Ott avait posé les enjeux du quartier, dans son étude lauréate du concours Europan, réservé aux jeunes architectes européens. Ce travail a jeté les bases de l’articulation urbaine entre la rénovation de la cité, le tram, l’aménagement des rives de l’Ill et l’extension du musée de l’automobile, en bordure nord du centre-ville.

Fribourg inspire Mulhouse

A l’intérieur du quartier, la même équipe lorraine de maîtrise d’œuvre a réussi ce que Denis Rambaud, président de l’Opac Mulhouse Habitat, revendique comme la plus belle réussite de l’opération : « La vision globale a permis la diversité des expressions de cinq équipes d’architectes, dans une unité d’ensemble, accentuée par la dimension environnementale. »

Avant de lancer ces constructions neuves qui marquent la dernière tranche du programme de rénovation, l’Opac municipal a emmené une délégation de ses locataires dans le quartier Vauban de Fribourg-en-Brisgau, pour une visite centrée sur le thème des espaces verts. Cette méthode a habitué les esprits au choix du parking silo, qui sépare les habitations de la circulation automobile.

L’inspiration européenne des constructeurs de logements des régions de l’Est ne concerne pas que les bailleurs sociaux. Dans l’agglomération strasbourgeoise et dans plusieurs villages du parc naturel régional des ballons des Vosges, des groupes de citoyens tentent de reproduire le modèle allemand de l’autopromotion, qui permet de reporter la marge du promoteur sur la qualité d’immeubles conçus sur mesure. A Strasbourg-Neudorf, une équipe de maîtrise d’œuvre alsacienne et badoise (Gies-Tekton) conduit, à partir de cet automne, le premier chantier alsacien réalisé sous cette forme.

Au nord de la Lorraine, les acteurs de l’éco-habitat misent également sur l’effet frontière : « La pression foncière est telle qu’il est possible de se singulariser en proposant une alternative crédible aux lotissements traditionnels », estime Marc Verdier, urbaniste conseil de Fontoy. Pénalisée par le risque minier, cette commune de 3 100 habitants a confié au cabinet lillois 9.81 la conception d’un écoquartier de 20 hectares, composé de 600 habitations groupées autour d’un vaste jardin collectif, orientées plein sud et desservies par une chaufferie collective.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

A Talange, la renaissance d’une friche oubliée

La ville de Talange (Moselle) attend, à la fin de cette année, les résultats d’études technique, architecturale et économique, pour un éco-quartier de plus de 300 logements, sur le quart des 40 hectares de friches industrielles qui lui appartiennent. Ces terrains constituent un sous-ensemble du plus grand site abandonné par la sidérurgie Lorraine, soit 300 hectares entre Metz et Thionville, dont les trois quarts gelés en 1986 par un bail emphytéotique de 99 ans au profit du parc des Schtroumpfs. Chère à Patrick Abate, maire de Talange, vice-président de la région Lorraine et président du syndicat intercommunal pour l’aménagement de ce site, l’idée d’un « laboratoire » pour le développement durable de la Lorraine trouve un écho favorable, y compris chez le nouveau bénéficiaire de l’emphytéose, exploitant le parc Waligator.

« La coopérative européenne Ledhco et la holding de bailleurs sociaux Urbavi étudient ici une opération pilote à l’échelle européenne », indique Alain Caselli, P-DG du bureau d’études AC Ingénierie et administrateur de Ledhco. Créé en juillet dernier par des bailleurs de Nord Pas De Calais, Picardie et Champagne-Ardenne, Urbavi a d’emblée manifesté son intention de prendre pied en Lorraine. Dans toutes ses nouvelles opérations, ce groupe prévoit de capitaliser les savoir-faire de 18 bailleurs européens membres du réseau Eurhonet, dans les domaines de l’énergie, de l’intégration sociale ou de l’adaptation au vieillissement. L’opérateur a également exprimé son intérêt pour la zone luxembourgeoise de Belval, autre site de référence en matière de reconversion urbaine d’anciennes emprises sidérurgiques, à moins de 50 km de Talange.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X