Architecture et urbanisme

Calais succombe à l’appel du large

La cité portuaire s’est dotée d’un schéma de développement pour corriger un tissu urbain fractionné. Longtemps isolé du reste de la commune, le front de mer, atout majeur, sera mis en valeur.

«L’eau est présente partout, mais visible nulle part », résume Carole Vilet de l’agence Arc.Ame, qui dirige avec Laurent Pezin l’équipe de maîtrise d’œuvre mandatée pour rédiger le schéma de développement de Calais. La ville portuaire, dotée d’une ancienne citadelle, de nombreux canaux et de zones urbaines historiquement bâties autour de l’industrie dentellière, est de fait morcelée en microquartiers qui se tournent le dos.

Développement du port

Natacha Bouchart, maire de Calais depuis 2008, souhaitait ainsi doter la Ville d’un outil de planification urbaine. Il y avait urgence selon le diagnostic de l’équipe de maîtrise d’œuvre. Le constat est sévère. Le port, avec ses 11 millions de voyageurs et son activité économique, est totalement déconnecté de la ville. La plage et son environnement dunaire sont invisibles. D’immenses friches ferroviaires fracturent l’espace et divisent les quartiers. Les sociologues de l’équipe constatent la désorientation des habitants. Et pourtant, la ville dispose d’un potentiel important, qu’elle ne parvient pas à exploiter depuis le début des années 1990. L’arrivée du tunnel sous la Manche et de son train à grande vitesse a en effet peu modifié la réalité économique calaisienne, pas plus que ne l’ont fait les grandes infrastructures routières (A26 et A16).
Le territoire veut profiter du lancement, par la région, du projet Port 2015, un investissement de près de 400 millions d’euros, pour accueillir les nouveaux navires de 240 m de longueur : un nouveau bassin de 130 ha sera réalisé au nord grâce à une digue de 2,5 km.
Pour retrouver de la cohérence, Arc.Ame a défini des « enjeux fondamentaux » posés au territoire. La méthode de cette agence pluridisciplinaire est de croiser les échelles. Elle recense ainsi les zones prioritaires d’intervention baptisées « nœuds urbains » : impasses ou écluses, larges coupures ferroviaires ou autoroutières, en passant par les zones de flottement où « l’espace public se dilate au point de ne plus se sentir en ville ». Les urbanistes recensent également les lieux d’attractivité à proximité de ces « nœuds urbains » et les « rubans de cohésion », ces grandes fractures urbaines « appelées à devenir des lieux de convergence permettant de réunir les quartiers aujourd’hui divisés ».

Douze secteurs d’intervention

Le diagnostic posé, l’équipe regroupe ses propositions d’aménagement en douze secteurs. Ils permettent à la Ville de cibler et de définir ses priorités. Fidèles à l’esprit d’un urbanisme opérationnel « de la poignée de porte au projet urbain », Carole Vilet et Laurent Pezin ont listé, pour chaque secteur, une série d’actions, avec descriptions techniques, chiffrages et calendriers de faisabilité, permettant à la Ville de lancer rapidement des marchés, à l’instar de la restructuration de la Place d’Armes attribuée à Richez et associés.
Cette boîte à outils servira aussi de référence à l’ensemble des intervenants, services de la ville, chambre de commerce (port), aménageurs et architectes.

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fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Calais. Maîtrise d’œuvre du schéma de développement : Arc.Ame, architecte-urbaniste, mandataire ; Paysage, paysagistes ; MA-GEO, ingénierie VRD ; Cilo, sociologues. Calendrier : l’ensemble du schéma est à l’échéance 2040.

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