Edito

C’qu’il est blême, mon HLM

Mots clés : Logement social

L’automne arrive, les températures baissent et les bailleurs sociaux tremblent. En cause : la réorientation de la politique du logement. Après la réforme du Code du travail et avant les grands arbitrages sur les infrastructures de transports, c’est en effet l’un des principaux leviers de l’exécutif pour « transformer la France ». Et les organismes HLM se préparent à un avis de tempête.

L’objectif affiché devrait pourtant faire l’unanimité : il s’agit de créer un « choc d’offre », donc de construire davantage. C’est ce qu’explique le gouvernement, ce que veut croire le BTP et ce dont a besoin la démographie française. Une autre réalité, plus terre à terre, s’impose cependant : il faut boucler la première loi de finances d’un quinquennat placé sous le signe du sérieux budgétaire. Et donc tailler dans les dépenses publiques. Avec ses plus de 40 milliards d’euros, la politique du logement attire nécessairement l’œil des cost killers de Bercy et d’ailleurs.

Si l’Etat se renfloue à peu de frais, d’autres, au bout du compte, paient la facture.

Leurs premières cibles : les APL. Annoncée au cœur de l’été, la baisse généralisée de 5 euros a provoqué un tollé. Et l’idée que les propriétaires puissent la compenser a suscité l’hilarité. Mais la plaisanterie n’avait pas assez duré. La baisse des APL pourrait finalement atteindre 50 voire 60 euros pour les locataires de HLM, une décote intégralement compensée par une baisse de loyer. Fini de rigoler.

C’est que les revenus locatifs pèsent lourd dans les recettes des bailleurs sociaux, déjà confrontés à la raréfaction des aides. En perturbant un peu plus l’équilibre précaire du secteur, le gouvernement prend le risque d’enrayer cette puissante machine à construire qui tourne actuellement à son rythme de croisière avec 100 000 nouveaux logements par an.

Si l’Etat se renfloue à peu de frais, d’autres, au bout du compte, paient la facture. Le bailleur social au budget amputé. Le locataire, qui risque de voir son immeuble se dégrader. Et le demandeur du logement social que l’on ne construira finalement pas.

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