Technique et construction durable Maçonnerie

Build 4.0 chasse l’eau à contre-courant

Mots clés : Maçonnerie - PME

Pour assécher les murs, la PME a conçu un boîtier qui réduit les remontées capillaires par électro-osmose.

A Paris, le quartier du Marais mérite toujours son nom. Ses immeubles possèdent parfois des caves très humides. Au 71 rue Charlot, dans le IIIe arrondissement, l’eau remontait même jusque dans les murs du rez-de-chaussée. La peinture du hall, cloquée et écaillée, témoigne encore du phénomène. « Le revêtement est encore imbibé par endroits, mais l’ensemble est quasiment asséché maintenant », remarque Godefroy Denormandie. L’ingénieur d’affaires de l’entreprise Build 4.0 effectue des mesures sur le site depuis septembre 2016. A cette date, l’humidité relative des maçonneries touchées dépassait 80 %.

A la suite de cette première analyse, la société a branché dans un appartement du rez-de-chaussée son dispositif Prosystem. Ce boîtier de petite taille (30 × 20 × 10 cm) émet un champ magnétique de faible intensité. Celui-ci provoque un phénomène d’électro-osmose dans les parois environnantes : l’eau, stockée dans les pores de la pierre, contient de nombreuses particules porteuses de charges positives. Ces dernières, sous l’action du champ magnétique, migrent vers le sol. Elles entraînent les autres molécules dans leur mouvement. Une partie du liquide reflue ainsi par capillarité. En février 2017, après cinq mois de traitement, l’humidité relative des murs touchés était descendue sous les 40 %.

Alternative aux travaux. Fondée en mai 2016, Build 4.0 amorce tout juste la mise en œuvre de ce procédé en France. L’entreprise compte déjà une cinquantaine de réalisations, notamment le siège de GRDF à Paris et le château de Vaux-le-Vicomte (Seine-et-Marne). Cette technologie est employée dans plus de 10 000 bâtiments en Europe sous d’autres marques. « Elle évite d’injecter des produits d’étanchéité dans le mur, ce qui nécessiterait de percer la maçonnerie, avec des conséquences déplorables pour les monuments historiques », explique Godefroy Denormandie.

Pour ces édifices, l’électro-osmose offre donc une alternative bienvenue. L’appareil doit rester branché en permanence. En effet, l’absence du champ magnétique entraînerait un retour de l’eau. Néanmoins, sa consommation reste faible, entre 4,5 et 6,8 W/h soit environ la consommation d’une ampoule led. En outre, il intègre des piles de secours en cas de coupure de courant. La société propose quatre modèles, dont le rayon d’action varie de 11 à 67 m, ce qui correspond à une surface traitée comprise entre 700 et 5 000 m².

Par ailleurs, Build 4.0 complète son produit avec un service de conseil. La première demande d’un client s’accompagne d’un diagnostic préliminaire par téléphone. « Nous effectuons des mesures sur site, puis nous travaillons avec un architecte sur les plans afin de déterminer l’emplacement du boîtier, précise l’ingénieur d’affaires. Les premières traces d’assèchement apparaissent au bout de deux semaines. » Un membre de l’entreprise effectue ensuite une visite de contrôle trois mois après le branchement.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X