Technique et chantier

BTP Les fédérations prévoient un arrêt de la dégradation

Mots clés : Collectivités locales - Conjoncture économique - Entreprise du BTP - Financement du logement - Politique du logement - Travail

-En 1998, pour la première fois depuis six ans, la production du bâtiment et des travaux publics se stabiliserait sur le marché intérieur… à bas niveau. Mais les entrepreneurs restent prudents.

Les entrepreneurs reprennent leur souffle après six années de crise continue et espèrent, dans un environnement économique qui s’améliore, une légère amélioration de leur activité. Si la FNB (Fédération nationale du bâtiment) estime qu’un « taux de croissance du PIB supérieur à 2,5 % en 1998, suppose un redressement de la demande intérieure » des entreprises et des particuliers, ce qui n’est pas certain, elle est formelle quant à « l’arrêt de la dégradation de la production en volume l’an prochain : + 0,2 %, soit 1 milliard de francs » (contre une chute de 1,8 % en 1997, entraînant la perte de 30 000 emplois). Seuls la construction locative aidée et le non-résidentiel devraient se réduire, respectivement de 11,6 % et 2,9 %. Cet arrêt de la dégradation, souligne la FNB, résulterait donc pour l’essentiel de la bonne orientation des travaux existants (+ 1,4 %, contre – 1,3 % pour l’ensemble du neuf dont les résultats auraient été pires encore sans la croissance faible, mais réelle, du logement neuf privé, y compris le prêt à taux zéro : PTZ).

Mais ces hypothèses impliquent un certain nombre de conditions : outre une reprise de la demande, déjà évoquée, une confirmation de l’embellie du marché de la promotion immobilière privée et un environnement institutionnel non perturbant. Il est actuellement prématuré d’affirmer que toutes ces conditions seront effectivement réunies.

Des inquiétudes pour le logement aidé

La FNB estime qu’au plan de la réhabilitation, l’effort dans les domaines des financements privés et du locatif social seront bénéfiques à la croissance du volume des travaux en 1998 (+ 1,3 % pour les seuls travaux aidés). Mais les mises en chantier de logement PLA se réduiront encore de 43 000 en 1997 à 41 000 en 1998 (contre plus de 50 000 en 1996). En revanche, les facteurs d’incertitude à moyen terme concernant le logement aidé sont renforcés par l’évolution des PTZ : le financement jusqu’à fin 1998 du dispositif par détournement des fonds du 1 % fragilise le dispositif.

Au total, la FNB prévoit, en 1998, 275 000 mises en chantier de logement, contre 272 500 en 1997, soit un retour au niveau atteint en 1996. L’an prochain, elle estime que la baisse des effectifs sera plus faible qu’en 1997, de l’ordre de 10 000, sous les effets conjugués de la stabilisation attendue de l’activité et de conditions de prix moins dégradées.

L’espoir des TP : reprise des travaux des collectivités et du privé

La FNTP prévoit elle aussi l’arrêt de la dégradation de l’activité l’an prochain, à un point bas. Selon que le comportement d’investissement des collectivités locales et de la clientèle privée s’orientera, ou pas, à la hausse, les entrepreneurs de TP peuvent espérer, soit une légère hausse de 1 % de leur activité, soit au contraire une baisse limitée à 1 %.

Pour la FNTP, il est clair que les commandes de l’Etat diminueront, non du côté du budget de l’Etat, mais du fait de la baisse de la contribution des collectivités locales dans le cofinancement des contrats de Plan Etat-régions. En effet, en 1997, elles avaient avancé 750 millions à l’Etat. En 1998, elles reviendront à un « cofinancement normal », explique la FNTP, ce qui devrait conduire à une baisse de 4 % des commandes en TP pour lesquelles l’Etat est maître d’ouvrage.

Il existe même le risque que les collectivités locales cherchent à se rembourser des 750 millions avancés et, dans ce cas, la chute des commandes pourrait atteindre 10 %. Par ailleurs, les entreprises publiques diminueront leurs investissements entre 3 % à 5 % : une nouvelle baisse des commandes d’EDF est attendue ; les SEM autoroutières afficheraient, elles, un repli de 6 %.

L’espoir viendra des collectivités locales dont les investissements ont atteint un point bas en 1996. 1997 aura été une année de légère reprise que 1998 pourrait confirmer. La FNTP prévoit 0 % à + 2 % l’an prochain dans ce secteur. L’investissement privé devrait repartir et se traduire pour les TP par une hausse de la demande entre 1,5 % et 3 %.

TABLEAUX : Evolution de la production du bâtiment en volume – Bâtiment : enfin l’équilibre

Pour le bâtiment, c’est l’entretien du logement aidé qui tient la vedette.

Dans Les TP, tout dépendra du comportement des communes et des clients privés.

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