Technique et chantier

Brest démolit, concasse et recycle ses bâtiments militaires

Mots clés : Béton - Travaux publics

Kerleroux TP et les carrières de Kerguillo réunissent leurs moyens pour recycler 12 000 m³ de béton.

La ville de Brest vit actuellement au rythme de deux gros chantiers : la création d’une ligne de tramway et l’aménagement de la ZAC des Capucins, un terrain militaire au cœur de la ville rendu à la population. L’un et l’autre sont liés : une station du tramway desservira les futures habitations. Mais pas seulement. Les anciens bâtiments en cours de démolition servent à la construction des nouvelles voies. Un recyclage de proximité mené par Kerleroux TP et les carrières de Kerguillo, deux entreprises du groupe Lagadec.

Tri sélectif

« Tout commence ici », démarre Mathieu Bouvier, responsable de l’activité TP pour le groupe Lagadec, en montrant le premier bâtiment en cours d’abattage. Construit après-guerre, cet ancien réfectoire va finir comme couche de base sous les voies du tramway. Seul le béton peut être réutilisé, aussi la première opération consiste en l’extraction de tous les autres matériaux. « La purge est l’opération la plus longue, admet Julien Jaquinandi, directeur d’exploitation chez Kerleroux TP. Il nous a fallu trois semaines et deux équipes pour retirer les plâtres, les moquettes, les câbles, les menuiseries, etc. » C’est une structure complètement vide qui se présente face à la pelle de démolition. Celle-ci, acquise récemment, est une Hitachi ZX 460 équipée d’un bras de 26 m au bout duquel est fixée une cisaille NPK S23, un outil de 2 240 kg. Il ne lui faudra pas plus de cinq jours pour mettre le bâtiment à terre. Une fois au sol, les gravats sont retriés à l’aide d’une pince pour extraire ce qui n’a pas pu être enlevé pendant la purge. Puis ils partent par poids lourds vers la carrière de Kerguillo, à 7 km du chantier, où se situe l’atelier de recyclage composé d’une pelle de reprise (Hitachi ZX 210 avec broyeur NPK G18), d’une pelle de chargement (Caterpillar 325), d’un concasseur mobile (Metso LT105 S) et d’une chargeuse de déstockage (Caterpillar 966H). Pascal Tinard, directeur de la carrière, supervise l’opération. « Le plus important est la qualité du matériau entrant. Nous avons placé une caméra sur la bascule pour vérifier le contenu des bennes. Puis les camions versent sur une plateforme. C’est notre chargeuse qui pousse le matériau vers l’atelier après un nouveau contrôle visuel du conducteur ». La pelle équipée du broyeur se charge alors d’écraser tous les blocs pour séparer les gravats des derniers fers à béton. Il en restera toujours quelques morceaux mais le concasseur les accepte. « La logique voudrait qu’on utilise un concasseur à percussion, bien adapté aux déchets de chantiers. Mais ici en Bretagne, nos granulats sont très abrasifs. Les percuteurs n’y résistent pas. Notre Metso est donc équipé d’un concasseur à mâchoires. Le matériau en sortie passe sous un électroaimant qui enlève les derniers bouts de métal ». Pascal Tinard traite ainsi 40 000 t par an. Une capacité suffisante pour absorber les 12 000 m³ de gravats en provenance des Capucins.

Couche de base

Voilà donc nos bâtiments militaires réduits à l’état de 0-80 qu’un crible peut séparer en 0-31 d’une part et 31-80 d’autre part. La Caterpillar 966H reprend le matériau en sortie de concasseur, l’apporte sur les aires de stockage et le charge dans les bennes des camions. Comme ceux de Kerleroux, qui repartent vers la ville. Direction : rue Jean-Jaurès, l’une des artères principales, pour une mise en œuvre et un compactage en couche de base sous les futures voies du tramway.

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ENCADRE

William Roumier, chef d’équipe chez Kerleroux TP - « Penser au recyclage dès l’abattage »

« Savoir que le béton va ensuite être recyclé change ma manière de conduire la pelle de démolition. Il faut penser au recyclage dès l’abattage. Je sais que les blocs ne doivent pas être trop gros pour passer dans le concasseur et qu’ils seront repris par un broyeur pour les fragmenter. D’où deux possibilités : soit découper directement des petits morceaux avec la cisaille, ce que je fais avec les voiles, soit au contraire abattre de gros blocs, des poutres et des longrines complètes, qu’il sera plus facile de reprendre par la suite. »

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