Régions

Bourgogne-Franche-Comté Quand les gares réveillent les villes

Mots clés : Collectivités locales - Rénovation urbaine - Services urbains - Transport ferroviaire - Transports

La modernisation des gares SNCF et la création de pôles d’échange avec d’autres modes de transport, collectifs ou individuels, donne aux communes l’occasion de valoriser un quartier, voire de requalifier des pans entiers de la ville.

Du regroupement de l’offre de transports publics autour des gares naissent simultanément plusieurs projets de pôles d’échange à Nevers, Chalon-sur-Saône, Dijon, Vesoul, Pontarlier et Besançon. Ces sites révèlent « un montage complexe, en raison de la coexistence de plusieurs autorités organisatrices de transport », remarque Guy Dupré, directeur du développement à la direction régionale de la SNCF Bourgogne-Franche-Comté. Cette dernière partage la maîtrise d’ouvrage avec les collectivités chargées respectivement des trains express régionaux (régions), des bus départementaux (conseils généraux) et des transports urbains (agglomérations). L’opportunité d’une opération d’urbanisme à l’échelle du quartier met aussi en scène les communes et Réseau Ferré France (RFF), compétent dès lors que les travaux concernent des voies et des quais (voir aussi p. 49). A Dijon, la SNCF assume le rôle d’ensemblier (voir l’entretien ci-dessous). A Vesoul, la communauté de communes pilote l’opération sur des terrains mis à disposition de la SNCF et de RFF. A Nevers, premier pôle d’échange mis en service l’an dernier, la ville a joué ce rôle. A Chalon-sur-Saône, une co-maîtrise d’ouvrage associe la SNCF et la communauté d’agglomération. A Besançon, la décision n’est pas encore prise.

Montages financiers.Dans tous les cas, ces partenaires interviennent dans l’élaboration du programme et le financement des études et des travaux. Le financement des 8 millions d’euros investis à Dijon réunit, à parts égales, la SNCF, le conseil régional de Bourgogne, le conseil général de la Côte-d’Or et la communauté d’agglomération. A Chalon-sur-Saône, le parking de 150 places qui manquait au projet urbain de Saint-Cosme, voisin de la gare, se concrétisera par un partenariat financier entre la SNCF et les collectivités locales.

Pour la direction régionale de la SNCF Bourgogne-Franche-Comté, la refonte du système de transports autour de la gare de Dijon est l’exemple le plus abouti du concept de pôles d’échange. « En plus des transports collectifs, convergeront les modes de déplacements individuels, voitures, taxis, vélos et piétons », indique Thierry Bernard, directeur régional de la SNCF. A la fin de l’année, les bus urbains et départementaux entreront dans la cour de la gare, jusqu’alors accessible seulement aux voitures et piétons. Un parvis sécurisera la place des piétons et un parc à vélos desservira le bâtiment de la gare. Débutés en juin, les travaux se prolongeront jusqu’à l’été 2008 par le réaménagement de la dépose-minute et du parking courte durée (70 places). Un 4e niveau ajoutera 260 places au parking couvert. D’ores et déjà, la gare apporte des services mutualisés : points de vente et centrale téléphonique d’information.

Reconquête de friches. La modernisation des gares donne aux communes l’occasion de valoriser l’entrée de leur quartier central, voire de requalifier des pans entiers de la ville. A Nevers, la fusion des gares ferroviaire et routière et l’aménagement d’un parvis s’accompagne de la reconquête de friches. Un multiplexe cinématographique prendra place sur les 6 000 m2 d‘anciens terrains du Sernam. De l’autre côté de la voie ferrée, l’ancienne caserne militaire Pittié accueillera des services du conseil général, la cuisine centrale scolaire, des logements et bureaux.

A Chalon-sur-Saône, la gare routière livrée fin 2007 et l’aménagement piétonnier de la place avec des voies pour bus et cycles participent au renouveau du quartier Saint-Cosme. Icade G3A conduit la dernière tranche d’une opération entamée il y a dix ans, comprenant 88 logements avec commerces en pied, bureaux et une résidence pour personnes âgées de 85 lits. Avec une déclinaison des matériaux utilisés au centre-ville et une zone 30, le projet de Passagers des Villes à Vesoul, en phase d’APS, se positionne comme l’extension du quartier ancien rénové. Les travaux débuteront fin 2008 sur une emprise foncière de 12 000 m2.

A Besançon aussi, la ville souhaite raccrocher la gare Viotte à la trame urbaine. La société d’équipement et de développement du Doubs (SEDD) réalise les études de faisabilité d’une vaste opération d’urbanisme, sur la base d’un préprogramme réalisé par Algoé (Lyon). Le projet comprend un parc tertiaire avec de l’hôtellerie, une infrastructure de congrès voire des logements. Dans un premier temps, le prolongement du passage souterrain sous la voie ferrée ouvrira un accès aux quais, côté nord. « Nous devons renforcer le rôle de la gare du centre-ville avant la mise en service de celle du TGV Rhin-Rhône, à la périphérie », commente Michel Loyat, adjoint au maire chargé de l’urbanisme. Besançon-Viotte servira de terminus provisoire à la 1re ligne de transports en commun en site propre (TCSP).

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ENCADRE

« Villes et gares : un système gagnant-gagnant »

GUY DUPRÉ, directeur du développement à la direction régionale de la SNCF Bourgogne-Franche-Comté

Comment interviennent les services ingénierie de la SNCF dans les opérations de gares intermodales ?

La SNCF dispose de tous les outils nécessaires, depuis la connaissance de la clientèle et du trafic jusqu’à diverses compétences techniques en conduite de projet. Soumises aux règles des marchés publics, les consultations peuvent faire l’objet d’un groupement entre plusieurs services d’ingénierie interne, ceux de Dijon où nous avons 95 personnes, de Lyon, de la direction de l’architecture et de l’aménagement des bâtiments (DAAB) et des filiales de la SNCF : Parvis pour l’aménagement, Arep ou l’agence des gares. D’une bonne coordination en phase d’études comme en phase travaux découle une bonne organisation des modes de transport. Mais il n’y a pas de montage type. Selon les différentes composantes du chantier, l’offre peut être globale, regroupée ou individuelle. A la direction régionale Bourgogne-Franche-Comté, nous disposons d’une vision de l’ensemble des opérations grâce à Christophe Thouvenin, chef de projet dédié aux pôles d’échange : c’est dire l’importance que la SNCF porte à ces opérations.

Comment le maître d’ouvrage est-il choisi ?

Là encore, les situations sont diverses. Par leur nature, les pôles d’échange font intervenir un ensemble de partenaires. Les collectivités locales organisatrices de transports souhaitent souvent porter la maîtrise d’ouvrage car elles n’identifient pas la SNCF comme un aménageur. Nous revendiquons ce rôle pour ce type d’opération sur tout ou partie de leur périmètre : nous nous engageons sur un délai de réalisation, un coût qui reste dans l’enveloppe prévisionnelle et un résultat conforme à l’avant-projet. Pour le foncier autour des gares, souvent propriété de la SNCF, nous défendons un système gagnant-gagnant, autrement dit nos terrains n’ont pas une valeur symbolique !

La direction régionale va-t-elle généraliser les pôles d’échange sur son territoire ?

Oui, car ce concept répond à l’attente de la clientèle. Un projet sera réalisé à Venarey-les-Laumes, en Côte-d’Or, où la desserte des bus doit être améliorée. Mais notre budget d’investissement doit trouver un équilibre entre création d’autres pôles d’échange et poursuite des plans de vidéosurveillance et mise en conformité des gares pour les personnes à mobilité réduite.

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