Architecture Portrait

Bernard Plattner, sherpa de l’Equerre

Mots clés : Architecte - Établissements pénitentiaires et judiciaires

L’architecte, qui exerce depuis ses débuts aux côtés de Renzo Piano, a dirigé le projet du tribunal de Paris.

Toute personne qui a pu arpenter les couloirs du nouveau tribunal de Paris dans le sillage de l’architecte Bernard Plattner soupçonne qu’il en connaît parfaitement chacun des 38 étages, ses 90 salles d’audience et jusqu’à la moindre prise électrique. Ce souci du détail – ou, plus précisément, du détail bien exécuté -, l’homme dit le devoir à Renzo Piano. Voilà quarante-cinq ans que Bernard Plattner travaille avec le génial Génois. Et si, à diriger le projet de la tour judiciaire du quartier des Batignolles (XVIIe arr.), il s’est fait fort de mémoriser les moindres données constructives de ce bâtiment lauréat de l’Equerre d’argent 2017 (lire « Le Moniteur » du 8 décembre 2017, p. 16), il avait déjà eu en tête chaque élément du Centre Georges-Pompidou. Car c’est sur ce chantier mythique qu’il a commencé sa carrière, dans les années 1970.

Bernard Plattner venait de quitter sa Suisse natale, son diplôme d’architecte en poche. Le jeune homme, né en 1946 à Berne, avait choisi cette filière après avoir suivi, au lycée, les cours d’un professeur de beaux-arts capable de transmettre à ses élèves son admiration pour l’art de bâtir. Ce professeur n’était autre que son père. « Il m’a souvent confié que s’il avait pu, il se-rait lui-même devenu architecte, se souvient Bernard Plattner. Il y voyait un métier d’une grande noblesse ».

« Berne, d’un ennui mortel ». Le bac obtenu, il part pour Zurich et son Ecole polytechnique fédérale. Puis, dans un monde bousculé qui digère Mai 68 et regarde la guerre du Vietnam n’en plus finir, Bernard Plattner se rend à l’évidence : « Berne était d’un ennui mortel et la Suisse, corsetée dans son isolationnisme et son statut de plate-forme financière, pas un pays d’avenir. » Arrivé à Paris, le jeune homme a le choix entre deux offres : « La première émanait de...

Vous lisez un article de la revue Moniteur n° 5965 du 02/03/2018
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X