Actualité Retour d’expériences

BBC : les matériaux et équipements gagnants

Pour mieux anticiper l’impact de la réglementation thermique 2012 sur le secteur du logement, l’association Promotelec a épluché plus de 10 000 demandes de labels BBC. Verdict : pas de révolution technologique en maison individuelle, mais une réingénierie des systèmes constructifs.

Ce 28 octobre a lieu le décollage de la fusée « RT 2012 ». Avec un premier étage qui concerne les bâtiments neufs de bureaux ou d’enseignement (et leurs extensions), les établissements d’accueil de la petite enfance et les bâtiments à usage d’habitation en zone prioritaire de rénovation urbaine. Pour les bâtiments résidentiels (hors Anru), l’application de la RT 2012 est fixée au 1 er janvier 2013. Profitant de cette période transitoire, plusieurs membres de l’association Promotelec (1) – plus particulièrement l’USH (Union sociale pour l’habitat), la FPI (Fédération des promoteurs immobiliers), l’UMF (Union des maisons françaises) et la FFB (Fédération française du bâtiment) – ont sollicité un retour d’expériences sur les demandes de labels BBC 2005 traitées par l’association.

Pour mémoire, BBC 2005 cale le niveau d’exigence pour le résidentiel à 50 kWhep/m².an (niveau exigé dans la RT 2012). Promotelec a donc épluché plus de 10 000 demandes de labellisation déposées depuis 2007 ainsi que des enquêtes qualitatives menées auprès d’acteurs impliqués dans ces demandes. Premier enseignement : en maison individuelle, le décollage est lent. Seuls 4,3 % des permis de construire accordés en 2010 étaient labellisés BBC 2005. « Il n’y a pas de révolution pour la maison individuelle mais une réingénierie des systèmes constructifs », observe Claude Descombes, directeur général de Promotelec.

Succès des solutions bois

Par rapport au niveau RT 2005, le niveau BBC fait toutefois apparaître plusieurs évolutions notables, notamment la montée en puissance des solutions bois (un tiers des dossiers). Sur la base de l’enquête qualitative menée auprès des bureaux d’études, la maison individuelle niveau BBC 2005 située en zone climatique H2 est orientée au sud ; construite en brique (ou béton cellulaire) avec isolation intérieure, elle intègre des menuiseries à double vitrage (coulissantes métalliques et battantes PVC) ; elle dispose d’un plancher bas double isolation sur vide sanitaire et d’un plancher haut isolé en laine de verre. Tous les ponts thermiques sont bien sûr traités.
Dans le collectif, 47 % des permis déposés ont d’ores et déjà fait l’objet d’une demande de label BBC 2005 (tous certificateurs confondus). Promotelec ne détaille pas les systèmes constructifs utilisés mais relève que, sur la base du coefficient Ubât et quelle que soit l’énergie de chauffage utilisée, le passage au BBC fait progresser la qualité de réalisation des bâtiments.
S’agissant des équipements de chauffage en maison individuelle, l’étude constate l’abandon de l’effet joule (convecteurs…), qui n’est plus présent que dans 6 % des cas. En profitent le gaz (pour les zones desservies) et la pompe à chaleur air/eau. Pour la production d’eau chaude sanitaire (ECS), le chauffe-eau thermodynamique (41 % des labels) devient une alternative au solaire thermique (35 %, tous modes d’appoint confondus). Quant au photovoltaïque, il fait peu recette (4 % en zone H2, 6 % en H1 et 15 % en H3) car jugé trop cher à l’investissement au regard du gain apporté, notamment pour les primo-accédants. Enfin, la ventilation est, dans 90 % des cas, une VMC hygroréglable de type B.
En collectif, les logements labellisés BBC utilisent très majoritairement le gaz (71 % des dossiers Promotelec). Avec 12 %, les réseaux de chaleur arrivent en deuxième position. Côté ECS, le chauffe-eau électrique à accumulation disparaît au profit des solutions gaz (74 %). Pour la ventilation, la VMC hygroréglable de type B reste majoritaire, suivie par la VMC double flux.

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« Analyser tous les coûts est essentiel »

« Le BBC a posé une forte contrainte : atteindre 50 kWh/m².an. Pourtant, au niveau du bâti, elle n’a pas engendré d’amélioration significative pour l’instant. Les systèmes constructifs ne sont pas repensés, juste adaptés pour atteindre la bonne performance. La contrainte est beaucoup plus forte pour les petites maisons car le poids de l’eau chaude dans le calcul de la performance rapporté à la surface est forcément moins favorable. Cela peut expliquer que les constructeurs de maisons aient du mal à vendre leurs modèles BBC. Pour le logement collectif, je suis frappé par la violence du transfert de l’effet joule vers le gaz. De même que par la montée en puissance du chauffage collectif. Cela interpelle car, d’un côté, les consommations vont diminuer sensiblement et, de l’autre, l’ajout de boucles d’eau chaude va augmenter les frais fixes. Comment alors faire pression sur le comportement de l’utilisateur ? C’est pourquoi l’analyse sur les coûts complets nous paraît essentielle. »

(1) Association loi 1901 de promotion des usages durables de l’électricité dans le bâtiment qui regroupe les acteurs de la filière électricité, des représentants du bâtiment et des consommateurs.

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