Technique et chantier

BATIMENT Groupement Fonctionnel du Bâtiment : un premier bilan

Mots clés : Architecte - Architecture - Association et mouvement associatif - Information - communication - événementiel - Maîtrise d'ouvrage - Marchés privés - Produits et matériaux - Rénovation d'ouvrage - Second oeuvre

L’extension du Palais des congrès de la porte Maillot à Paris est l’une des grandes opérations de rénovation ayant fait l’objet d’une dévolution de marchés selon le GFB. Les maîtres d’ouvrage, l’architecte et les entreprises exposent les avantages et les difficultés de ce procédé.

« Le GFB (Groupement Fonctionnel du Bâtiment) réduit le nombre des interlocuteurs, et facilite la mise en oeuvre des plans de synthèse », explique Michel Destouches, président de l’association GFB, qui reconnaît que « cette procédure est particulièrement bien adaptée aux marchés des grands ouvrages ».

En maîtrise d’ouvrage, Gérard Delacroix, directeur de la construction à la Sipac (Societé immobilière du Palais des congrès de Paris) estime avoir retrouvé des ensembles homogènes avec une procédure simple : « Nous avons défini au départ tout ce qui devait fonctionner ensemble. Puis nous avons suscité des groupements d’entreprises. Et nous avons appelé des candidats que nous avons agréés comme mandataires pour assurer la coordination interne de chaque groupement. » L’architecte du projet, Christian de Portzamparc reconnaît que « le GFB apporte une meilleure souplesse pour gérer le chantier qu’avec une pléiade de petites entreprises … Cela permet de mieux marier les fonctions sur le chantier. Par exemple, un groupement fonctionnel sur le clos et le couvert assure la liaison entre le gros oeuvre de la structure et l’isolation».

Mandataire : un rôle à risques

Même sentiment chez les entrepreneurs : Mario Viviano, gérant de Lefort-Francheteau (génie climatique), affirme que « le GFB permet un retour au vrai métier d’origine. Notre activité était la plomberie. Amenés à travailler en équipe, nous avons appris à connaître d’autres entreprises, proches de nos métiers. Et il vaut mieux pour un maître d’ouvrage choisir plusieurs entreprises qui ont des métiers différents mais qui savent travailler ensemble».

L’éloge du GFB est pourtant nuancé par les mêmes interlocuteurs qui l’ont pratiqué sur le chantier du Palais des congrès. Au coeur du dispositif, l’entreprise désignée mandataire du groupement n’a pas la tâche la plus facile. « C’est une prise de risque, estime Mario Viviano. Le rôle de mandataire exige plus que de la préparation : il faut des connaissances et des qualifications. En appel d’offres, on reste souvent sur des équipes préconstituées. Aussi, le maître d’ouvrage ne doit pas laisser au mandataire le choix de panacher le groupement en incluant des entreprises moins disantes. » Et Gérard Delacroix de renchérir : « En sélectionnant un groupement, le maître d’ouvrage doit se réserver la possibilité de proposer au mandataire la substitution d’une entreprise cotraitante par une autre. » Enfin, souligne Christian de Portzamparc, le GFB peut affecter le plan d’exécution : « La tentation serait grande de jouer une négociation prolongée avec le plan d’exécution. L’obligation faite aux entreprises de se coordonner peut devenir bureaucratique et retarder le plan d’exécution. »

Malgré ces risques de dérapage, la profession croit en l’avenir du GFB. Alain Sionneau, président de la Fédération française du bâtiment entend protéger la liberté de choix laissée au maître d’ouvrage. « Sans tomber dans le piège de préférer telle entreprise plutôt que telle autre, il y a possibilité pour le maître d’ouvrage de conserver ses équipes constituées, dès lors qu’il a bien déterminé son projet. »

Descendre vers les petits marchés privés

Reste que l’association souhaite promouvoir le recours au GFB sur de plus petits ouvrages. « Pour les marchés publics, l’appel d’offres en groupement fonctionnel marche très bien, d’après la Commission centrale des marchés, confirme Michel Destouches. Il faut que la procédure du GFB descende à tous les niveaux de marchés. » Une oeuvre de longue haleine qui suppose d’améliorer la formation des mandataires, afin que leur rôle soit pleinement assuré. Ne serait-ce que la possibilité de mieux dimensionner les frais de mandat.

Enfin, dernier risque de dérapage pour les marchés privés portant sur des ouvrages modestes : éviter que le mandataire ne devienne une entreprise générale déguisée. Mais, selon l’association, les petits marchés dévolus en GFB ont évité cet écueil.

PHOTO

Le projet du Palais des congrès de la porte Maillot : les travaux de rénovation/extension seront achevés en septembre prochain.

ENCADRE

Un appel d'offres par fonction

La dévolution de marchés publics ou privés en groupements fonctionnels du bâtiment (GFB) est une alternative aux trois sortes de dévolutions traditionnelles des marchés que sont l’entreprise générale, le groupement d’entreprises tous corps d’état et les lots séparés. « Le groupement tous corps d’état marche de moins en moins bien, assure Michel Destouches. On assiste à un appauvrissement des procédures de dévolution, si on continue dans cette voie. » Le procédé de dévolution en GFB repose sur l’esprit d’équipe entre entreprises. L’appel d’offres est lancé par fonction en phase de construction de l’ouvrage. Les équipes doivent répondre à l’appel d’offres en se groupant par équipe, rassemblant jusqu’à une douzaine de corps d’état différents. Ainsi, la fonction « structure » regroupera les entreprises qui assureront les travaux de démolition, de maçonnerie lourde, de béton armé et d’étanchéité; les fonctions « agencement » et « décorations » regrouperont les lots de menuiseries intérieures, de plafonds suspendus, de blocs portes et de cloisons mobiles. Enfin, à chaque fonction correspond une entreprise mandataire chargée d’assurer l’interface avec le maître d’ouvrage.

Les articles les plus lus
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X