Autres

Bâtiment et sécurité incendie : lettre ouverte

Mots clés : Normalisation - Marquage CE - Sécurite civile - Sécurite des ouvrages

La réaction au feu des matériaux utilisés, les qualités pare-flamme et coupe-feu des composants servant de barrière, la résistance au feu des éléments structuraux ou globalement de la structure ainsi que tout dispositif participant à la sécurité des personnes et des biens (systèmes d’extraction des fumées ou de gaz nocifs, systèmes de détection et d’extinction d’incendie etc…) ; toutes ces notions ont donné naissance, en l’absence de méthodes analytiques d’évaluation, aux dispositifs de classement et de certification en laboratoire dans le but de connaître leurs performances suivant la fonction à assurer.

L’Etat, dans son rôle de régulateur et de garant de la sécurité, donne l’habilitation ou l’agrément au laboratoire (d’où la dénomination : « laboratoire agréé »), selon des critères bien déterminés pour que, chacun dans son domaine de compétence, effectue des essais de classement et délivre des certificats de conformité avec les normes et règles en vigueur. En même temps, ces essais permettent d’établir le degré de performance du produit ou du système en question/…/.

Le laboratoire peut, aussi, délivrer des avis techniques qui ont un caractère certificatif chaque fois qu’une extension de classement est sollicitée ou qu’une modification au produit ou système de départ, est apportée ou bien, lorsqu’on est devant une impossibilité expérimentale de classification. Les différents aspects économiques d’une telle activité, se manifestant, d’une part, sous forme de concurrence entre laboratoires (chacun cherchant à attirer le maximum des clients par souci de rentabilité), d’autre part, sous forme des performances industrielles de produits concurrentiels (chaque fabricant d’un produit ou d’un système cherchant à obtenir le maximum d’atouts et de performances pour son produit via le certificat délivré par le laboratoire),/…/ donnent au laboratoire agréé, en l’absence/…/ de surveillance suffisante dans l’application des tests, une liberté et une autorité attisant les convoitises/…/.

Dans ces conditions, l’ouverture proche du marché européen pourrait encourager les mauvais esprits à exploiter ces zones d’ombre au détriment de la sécurité.

Par ailleurs, la justification de stabilité au feu d’une structure par des concepts d’incendie naturel et de comportement mécanique global mérite aussi une attention toute particulière en raison du risque de dérive et de monopole/…/ (Le risque est en effet) que/…/ le demandeur d’un service préfère une solution « clés en main » que le laboratoire agréé peut lui offrir,et non pas un bureau d’études qui, n’ayant pas les mêmes armes, se retrouverait/…/ écarté./…./

Les eurocodes structuraux destinés à traiter les problèmes d’incendie, assemblage hétérogène de règles et pratiques nationales/…/, risquent de compliquer la compréhension et l’application de ces règles par tous, laissant ainsi le champ libre au spécialiste ayant participé à leur élaboration, pour déjouer toute concurrence constructive et fructueuse.

Dans un pareil contexte, la sécurité incendie dans le bâtiment se retrouve, de plus en plus, en porte-à-faux./…/Ne faut-il pas penser sérieusement à mettre les choses à leur place ?/…/

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X