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BALKRISHNA DOSHI, UN PRIX PRITZKER AFFRANCHI DU MODERNISME

Mots clés : Architecture - Manifestations culturelles - Prix d'architecture

Dans les quarante ans d’existence du prix Pritzker, récompense la plus convoitée du monde de l’architecture, il n’y avait encore jamais eu de lauréat issu du sous-continent indien. Consacré le 7 mars, à l’âge de 90 ans, Balkrishna Doshi en devient du même coup le doyen. Son œuvre incarne un syncrétisme architectural, conjuguant modernité et tradition, universalisme et culture locale.

Présidé par Glenn Murcutt, le jury de l’édition 2018 du prix Pritzker a rendu hommage « au caractère exceptionnel de son architecture, dont témoignent plus d’une centaine de bâtiments, à son engagement, à son dévouement envers son pays, ainsi qu’à son influence en tant qu’enseignant ». Né à Pune dans le Maharashtra en 1927, Balkrishna Doshi révèle une trajectoire qui dépasse le rôle de grand témoin historique ayant travaillé aux côtés de Le Corbusier. Son « gourou », comme il le nomme, auquel il a, de façon très émouvante, dédié le prix : « Ses enseignements m’ont amené à questionner l’identité et m’ont poussé à découvrir de nouvelles expressions contemporaines adoptées régionalement pour un habitat holistique durable ».

Un disciple de Le Corbusier

En 2018, l’ombre de Corbu semble planer encore et pourtant, l’œuvre de l’heureux récipiendaire ne ressemble à aucune autre, dévoilant un syncrétisme propre à la culture indienne et à l’hindouisme, sa religion.

Homme de dualisme, Doshi manie, sans se contredire, modernité et tradition, indianité et internationalisme, universalisme et culture locale. Aujourd’hui considéré comme le plus grand architecte indien du XXe siècle, il fait également figure de précurseur de la construction écologique. Issu d’une famille de marchands de meubles, il étudie l’architecture à la J. J. School of Architecture de Bombay, avant de partir pour Londres où il se familiarise avec la pensée moderne. C’est en entendant parler – au Ciam de Hoddes-ton en 1951 – du projet de Chandigarh qu’il décide d’aller à la rencontre de Le Corbusier.

Entre 1951 et 1954, il travaille à l’agence du 35 rue de Sèvres – les huit premiers mois sans connaître la langue ni être payé.

Il retourne en Inde pour superviser les bâtiments qu’y construit son maître, dans la capitale du Punjab ainsi qu’à Ahmedabad qui deviendra sa terre d’élection. En 1955, il y fonde son agence et crée la fondation Vastu Shilpa, qui se consacre déjà aux questions...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 268 du 02/04/2018
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