Régions Nord-Pas-de-Calais

« Avec Zanello, Ramery Bâtiment complète son maillage géographique »

Avec 3 500 salariés et 471 millions d’euros de chiffre d’affaires, le groupe nordiste Ramery traverse la crise en maintenant son activité. Le président du directoire, Philippe Beauchamps, nous explique sa méthode.

Quels sont vos résultats 2010 ?

Nous avons connu en 2010 une croissance du chiffre d’affaires de 7 % à 470 millions d’euros. Sur quatre ans, nous avons donc enregistré une croissance moyenne de 15 % par an avec, bien sûr, une année compliquée en 2009 avec la crise.

Comment avez-vous vécu la crise ?

La situation est très variable en fonction des métiers. Les TP ont particulièrement souffert pour deux raisons. D’abord en volume, avec la baisse de l’activité essentiellement dans l’industrie. Et puis, en valeur, avec une guerre des prix qui fait rage dans le secteur. Notre chiffre d’affaires est stabilisé dans les TP à 156 millions en 2010 contre 180 millions en 2008. Mais Ramery TP est parvenue à rester bénéficiaire. Je crains pour la profession que cette tension sur les prix, que nous constatons dans les TP mais aussi dans le gros œuvre, se répercute sur tous les lots.

Comment avez-vous réagi ?

Michel Ramery a refusé de licencier dans les TP au détriment de la rentabilité et du dividende. Le fait de ne pas être coté en bourse nous offre cette liberté. Au contraire, nous avons investi 3 millions d’euros dans notre nouvelle centrale d’enrobés à Arques. Et Rodrigue Lescaillet qui préside Ramery TP a eu la bonne idée de prospecter en Algérie. Nous y réalisons maintenant 20 millions de chiffre d’affaires.

Votre branche bâtiment a-t-elle souffert ?

Beaucoup moins, le contexte de marché est très différent et notre carnet de commandes est bien rempli jusqu’en 2012. Le volume est là avec un chiffre d’affaires de 163 millions en 2010, seuls les prix font défaut avec des tensions sur tous les marchés. Nous avons pris une participation minoritaire dans le groupe normand de gros œuvre Zanello, une entreprise familiale qui souhaitait s’allier à un groupe qui partage ses valeurs. L’accord conclu avec Bruno et Gino Zanello nous amènera au contrôle total de la société fin 2012. Elle réalise 30 millions de chiffre d’affaires et complète notre maillage géographique.

Sur quels marchés êtes-vous ?

Laurent Gibello, qui préside Ramery Bâtiment, lance ses équipes sur des ouvrages complexes où nous pouvons démontrer notre savoir-faire. Des bâtiments passifs avec Partenord à Lille, un hangar très technique pour Airbus à Méaulte, ou une auberge de jeunesse en ossature bois à R 4 pour la ville de Dunkerque avec notre filiale Bel’Bois par exemple.

Comment se portent les autres filiales ?

La promotion, avec Pream, a dégagé son premier bénéfice en 2010. Les perspectives sont optimistes avec un projet tel que l’aménagement de 13 ha à Lesquin avec 400 logements. Coexia a réalisé, dans le second œuvre et les lots techniques, un chiffre d’affaires de 75 millions d’euros. Nous allons continuer à renforcer cette branche par des acquisitions externes. Enfin, Ramery Environnement, avec 60 millions d’euros d’activité, stabilise sa structure en forte croissance. 2012 sera pour elle l’année d’une nouvelle croissance, hors de la région.

Le modèle d’actionnariat familial est-il un atout ?

Cela nous donne un avantage sur le terrain, car nous avons la confiance de nos clients. Nous avons continué, pendant les meilleures années 2004-2008, à répondre aux petits marchés quand les majors étaient ailleurs. Nos clients s’en souviennent. La stabilité de nos cadres et de nos équipes est aussi un atout : elle permet de garantir une continuité entre la réponse à un marché et la qualité de l’exécution.

Comment se prépare la transmission de l’entreprise ?

Le scénario est préparé et connu. Michel Ramery est convaincu qu’une entreprise familiale ne peut se transmettre de génération en génération si un des membres de la famille n’est pas clairement désigné. C’est donc Matthieu Ramery qui se prépare à diriger le groupe. Il a 34 ans et suit un parcours dans l’entreprise. Il préside Ramery Environnement depuis le 1 er janvier 2011. Deux de ses trois filles travaillent aussi dans le groupe.

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