Régions

Aube Douze pôles touristiques dans la vallée de la Seine

Mots clés : Collectivités locales - Eau

-Le « poumon vert » de l’agglomération de Troyes se dessine. -Loisirs aquatiques, reconquête du cours d’eau et mémoire de la batellerie se succéderont d’amont en aval.

« L’aménagement de la vallée de la Seine figurera au premier plan de nos priorités. Il nous faudra créer, autour de ce site, un véritable projet touristique, alliant culture, détente et loisirs », déclare Alain Coillot, président de la communauté de l’agglomération troyenne (CAT).

A cet effet, l’Agence d’urbanisme, de développement et d’aménagement de la région troyenne, l’Audart, commanditée par la CAT, vient d’élaborer un projet global d’aménagement de la vallée de la Seine, dans les limites géographiques du schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme (Sdau).

La cohérence du projet global se fonde sur deux axes complémentaires : l’aménagement de projets de développement touristique et de loisirs et l’aménagement d’un cheminement, fil conducteur et vecteur d’animation le long de la vallée.

Les thèmes de développement retenus sont éligibles aux fonds européens, au titre de l’Objectif 2, relatif au développement local touristique et à l’amélioration des paysages.

L’estimation du coût de l’opération sera établie début 1998.

Complémentarité des pôles d’aménagement

Sur les soixante-neuf projets initialement recensés, douze aménagements complémentaires, réalisables à court terme, ont été retenus (voir encadré). Ils constituent l’armature du projet global, répondant à la logique thématique de chaque segment de la Seine, de Courbeton à Saint-Lyé.

La Seine aval fonde son identité sur le patrimoine de la batellerie, en raison de la prédominance du canal de la Haute-Seine, avec ses ouvrages spécifiques, susceptibles de capter un flux touristique. Sa valorisation implique concomitamment la restauration des écluses et la remise en état des chemins de halage. Une opération qui pourrait, selon Philippe Sol, directeur de l’Audart, « constituer le premier élément d’un projet à plus long terme de remise aux normes navigables du canal ».

Quant à la vallée de la Seine centrale, son aménagement repose sur une reconquête du cours d’eau et de ses berges, ainsi que sur le développement et la diversification des projets à vocation sportive ou de détente ; tandis que la Seine amont s’oriente vers une vocation de loisirs aquatiques, avec mise en valeur des différents déversoirs participant à l’animation ponctuelle du cours d’eau.

Un cheminement continu

En fil conducteur, un cheminement longeant la vallée, vecteur d’animation, doit assurer la complémentarité des aménagements de pôles, distants chacun de 2 à 3 km. Sa continuité, de Villacerf à Clérey, privilégie le piéton, tout en ménageant des passages en site propre pour les cyclistes et les cavaliers.

Des parcours de découverte, en boucles, ponctueront l’itinéraire principal, notamment dans la vallée du Melda, en aval, appelée à en constituer la « séquence sauvage ». Pour la continuité de l’itinéraire, les aménageurs devront néanmoins prévoir des aménagements de franchissement d’obstacles.

La Seine : un modèle de réflexion à long terme

Deux enjeux de taille conduisent la politique d’aménagement : la protection du lit d’expansion de la Seine, et surtout la qualité de l’eau potable – largement consommée -, pompée dans la nappe phréatique, principalement à partir de Courgerennes, l’un des nombreux champs captants de la vallée. Le filtre naturel de la plaine alluviale constitue l’unique zone de captage, ce qui, désormais, restreint l’implantation d’activités et d’habitations.

Dès 1990, le syndicat d’études et de programmes d’aménagement de la région troyenne (Depart), regroupant 43 communes et 145 000 habitants, a fait procéder à trois études distinctes mais coordonnées dans le cadre du schéma directeur. Si l’agence d’urbanisme s’est préoccupée de l’aménagement et de la valorisation du territoire, la direction départementale de l’équipement (DDE) a étudié les aspects paysagers, et la direction régionale de l’environnement (Diren), les zones naturelles d’intérêt écologique, faunique et floristique (Znieff).

C’est dans le respect de ces préconisations que se dessine, aujourd’hui, le projet global d’aménagement de la vallée. Pour Philippe Sol, ardent défenseur du futur « poumon vert » de l’agglomération troyenne, « la meilleure manière de protéger un espace naturel, c’est de l’occuper, en étant présent », soulignant, par ailleurs, que « s’il doit y avoir subsidiarité des projets et des responsabilités, il n’est pas question de tomber dans l’ingérence ». Un éclaircissement qui devrait motiver au-delà du champ de compétences de la communauté d’agglomération.

CHIFFRES CLES

Bassin du Sdau : 145 000 habitants sur une population auboise de 289 000 habitants.

Agglomération troyenne (CAT) : 125 000 habitants.

Ville de Troyes : 60 000 habitants.

CARTE :

EN SEINE AVAL

Saint-Lyé : développement de la base de loisirs.

Barberey-Saint-Sulpice : remise en eau du bassin, avec valorisation du patrimoine de la batellerie (écluses, maison éclusière, pont-canal) et traitement paysager du site.

EN SEINE CENTRALE

Pont-Sainte-Marie : création d’un parcours de santé et valorisation du déversoir de Coulis-Champierre.

La Chapelle : aménagement du canal Saint-Etienne pour la pratique du canoë-kayak.

Troyes : traitement paysager de la Seine et de ses berges (boulevard Barbusse, mail des Charmilles, square Herriot) ; création d’un parc de loisirs urbain aux Bas-Trévois (parc Henry, bassin de canoë-kayak du Moulin-de-la-Rave).

Bréviandes : aménagement de la plage de Villepart.

Saint-Julien-les-Villas/Saint-Parres-aux-Tertres/Troyes : aménagement du secteur de Baires, espace structurant de la ceinture verte de l’agglomération troyenne, s’appuyant sur des équipements de loisirs existants, dans le triangle formé par la digue de Foicy, le canal de Baires et le canal de restitution au sud.

Troyes/Rouilly-Saint-Loup : développement du pôle de loisirs de Menois.

EN SEINE AMONT

Verrières : aménagement de l’espace de baignade et de loisirs sur le site du déversoir de Saint-Martin.

Clérey : aménagement d’une plage à l’entrée du village par la RD1 ; aménagement du site du déversoir de Courcelles, préfigurant la porte de la vallée.

PHOTO : Philippe Sol, directeur de l’agence d’urbanisme : « La meilleure manière de protéger un espace naturel, c’est de l’occuper. »

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X