Architecture et urbanisme

Architecture Pierre au bord de l’eau

Mots clés : Acier - Architecture - Béton - Eau

-L’université de Melun profite d’une situation privilégiée en bord de Seine pour s’approprier les berges. -Son système constructif, acier et pierre massive, réinterprète l’architecture du XIXe siècle.

Ouverte en septembre dernier, l’antenne melunaise de la faculté Panthéon-Assas à Paris accueille cinq salles de classe et un amphithéâtre de 750 places. Son implantation sur l’île Saint-Etienne, le long du quai, a guidé l’orientation du bâtiment. La façade institutionnelle au nord, en pierre massive est peu percée. A l’inverse, le bâtiment s’ouvre largement sur la Seine. Entre les deux, les espaces s’organisent en un parcours progressif, de la rue vers le fleuve : emmarchement sous la colonnade, vaste hall pour les intercours, jardin d’hiver et belvédère en surplomb, négocié avec le Port autonome.

La découverte progressive du paysage se double d’une réappropriation des berges de l’île, jusqu’alors délaissées, par un escalier hélicoïdal de béton blanc, monobloc, coulé en place. Impulsant une nouvelle dynamique pour le réaménagement de l’île – la ville a racheté les silos voisins afin de reconquérir ses quais -, le projet exploite une technique, inédite jusque là, pour le mur de façade en pierre.

Façade autoportante

Dans la lignée des bâtiments du XIXe siècle, la structure à l’intérieur de la construction est en acier ; elle permet les grands franchissements. La mezzanine, en porte-à-faux, a ses consoles encastrées dans deux murs parallèles, l’un assume les efforts de compression, l’autre de traction. Cet entre-deux murs permet également de résoudre le passage de multiples réseaux. Plus qu’une solution technique, la structure livre une nouvelle lecture de l’amphithéâtre. Débarrassé de tous points d’appui, le volume de la salle s’en trouve allégé. La lumière prolonge cet effet. A l’image d’une scène de théâtre, elle tombe sur les chaires d’enseignement. A l’étage inférieur, le hall est également fluide, rien ne laisse penser que la masse de l’amphithéâtre se trouve au-dessus.

L’enveloppe extérieure est en pierre massive de 15 cm d’épaisseur sertie par des cadres de béton blanc. Première du genre en France, la façade, autoportante, s’élève sans accroche intermédiaire sur 16 m de haut. Un schéma raidisseur arrière en béton armé, pris dans l’isolant, permet cette mise en oeuvre. Objet d’un calepinage précis, la façade se compose de deux sortes de pierre – pierre ocre-jaune de Jaumont et pierre blanche de Saint-Maximin – qui, par leurs teintes, soulignent les effets d’ombre et de lumière.

PHOTOS :

Ci-contre, la façade sur rue, massive et peu percée, et ci-dessus, l’amphithéâtre : la lumière tombe sur les chaires d’enseigne- ment dessinées spécialement pour l’université, tout comme l’ensemble du mobilier.

FICHE TECHNIQUE

Opération : université Panthéon-Assas Paris II/Melun.

Maître d’ouvrage : district de l’agglomération melunaise.

Maître d’oeuvre : Jean-Claude Laisné et Lucie Jeanneau, architectes ; Ingerop, BET ; Peutz, BET acoustique ; Batiplus, contrôle.

Surface : 3 000 m2 HON.

Coût des travaux : 21MF HT avec mobilier.

Entreprise générale : Bateg-Verdoïa SNC (Margarida Da Silva et Roland Delouye).

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