Architecture et urbanisme

Architectes Sur le créneau des fortifications

Mots clés : Architecte - Architecture - Concours d'architecture - Conservation du patrimoine - Enseignement supérieur

Passionné par l’urbanisme versant patrimoine, diplômé de l’Ecole de Chaillot, l’architecte Philippe Prost est devenu le spécialiste des ouvrages de fortification. Cette expertise des places fortes, d’abord mise au service de la citadelle Vauban à Belle-Ile, l’a conduit en 1993 à créer sa propre agence.

Curieux parcours que celui de Philippe Prost, entré presque malgré lui dans l’exercice libéral par la porte d’une citadelle, privée mais néanmoins classée : celle de Belle-Ile-en-Mer. En 1983, le jeune diplômé de l’école d’architecture de Versailles se sent davantage attiré par la recherche que par l’ouverture d’une agence. Tandis que ses contemporains se bousculent pour accéder à la commande, il entame un cursus universitaire (DEA et DESS en urbanisme) avant d’intégrer la très sélective « Ecole de Chaillot » ou CESHCMA (Centre d’études supérieures d’histoire et de conservation des monuments anciens).

Recherches

Passionné par l’urbanisme versant patrimoine, le jeune chercheur s’attache à décrypter le rôle des places fortes et des ouvrages défensifs dans la constitution des villes. Recruté par Bruno Fortier pour participer à « l’Atlas » des formes urbaines parisiennes, il poursuit ses recherches sur l’art des ingénieurs militaires. Au fil des publications savantes et des découvertes (notamment un recueil de projets de places fortes en Italie élaborés par les ingénieurs de Napoléon), il devient le spécialiste des fortifications. Si bien que c’est vers lui que se tourne la DRAC Bretagne en 1992 pour conseiller les propriétaires de la citadelle Vauban, à Belle-Ile, qui ont entrepris de la restaurer. L’étude de cadrage des travaux qu’il y mène est aussi bien accueillie par les propriétaires que par la pointilleuse administration des Monuments historiques : le voilà incité à ouvrir une agence, pour produire, dans les règles, les dossiers de demande de subventions ! C’est chose faite en 1993.

Initialement vouée à la citadelle, qu’elle continue de suivre années après années (après l’aménagement de l’Arsenal en musée ouvert au public, Philippe Prost restaure l’ensemble du rempart), l’agence s’ouvre à d’autres études. Certaines encore liées à l’architecture militaire, comme le dégagement (au long cours) de certains bastions du rempart de Vannes (ville de Vannes, maître d’ouvrage), ou les travaux du Fort Enet (client privé), un îlot fortifié face au Fort Boyard, où les rendez-vous de chantier sont réglés par l’horaire des marées… Mais la sensibilité de Prost aux rythmes et à la logique des constructions anciennes, la pertinence qu’elle confère aux interventions contemporaines qu’il n’hésite pas à « négocier » avec l’existant si un nouvel usage est en jeu, sont mises au service de programmes de plus en plus diversifiés.

Concours

Lauréat de plusieurs concours de musées, il a livré l’automne dernier celui de la batellerie à Châteauneuf-sur-Loire (Loiret), travaille à l’extension du musée de l’instruction publique de Pont-Audemer, et vient de remporter le concours pour le musée du Cognac. Des projets assez modestes, mais qui lui ont permis d’étoffer son chiffre d’affaires (3 millions en 1998) et son agence de cinq architectes, deux stagiaires et, « pour assurer une approche cohérente à toutes les échelles », d’une jeune diplômée de l’école Boulle.

Son talent de médiateur du patrimoine s’exerce désormais à Paris, et à plus grande échelle : la Régie immobilière de la ville de Paris lui a confié l’extension-réhabilitation d’un immeuble de la ZAC Réunion (70 logements PLA), tandis qu’il transforme, dans le même secteur, une forge du début de ce siècle en ateliers d’artistes pour la ville.

PHOTOS

Philippe Prost : son talent de médiateur du patrimoine s’applique aussi à plus grande échelle, avec une commande de la RIVP à Paris.

Le musée de la batellerie à Châteauneuf-sur-Loire,

livré à l’automne dernier et aménagé dans les écuries XVIIe du château des ducs de Penthièvre.

La citadelle de Belle-Ile : la restauration dirigée par Philippe Prost a été étendue à l’ensemble des remparts.

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