Architecture et urbanisme

Architectes Formation continue : mieux cerner les besoins

Mots clés : Apprentissages - Architecte - Architecture - Formation continue

-Plusieurs mesures destinées à mieux identifier les besoins ont été annoncées lors des premières assises de la formation continue le 15 décembre. -Entretien avec Jean-Pierre Courtiau, responsable du secteur à la direction de l’architecture.

Quels sont les enjeux de la formation continue des architectes ?

JEAN-PIERRE COURTIAU. Dans le contexte actuel de crise économique et de mutations structurelles, la formation continue est un moyen essentiel de conforter et développer les capacités professionnelles des architectes. Elle a aussi pour ambition d’aider la profession à conquérir des marchés, et à s’engager dans des formes diversifiées de l’exercice du métier. L’offre des organisations professionnelles, au travers du Gepa (Groupe pour l’éducation permanente des architectes) et des organismes collecteurs, Fif-PL et Faf-PL, est davantage ciblée sur l’actualisation des savoirs et la formation aux nouvelles compétences de la coordination SPS ou du désamiantage. Le Faf-PL (fonds d’assurance formation des professions libérales) s’est investi avec succès dans les formations à la démarque qualité.

Quant aux formations financées par la direction de l’architecture, elles visent explicitement la conquête des marchés (export, urbanisme, etc.) et la diversification des métiers au travers de stages longs, un an en alternance, avec l’emploi pour ligne de mire. Avec des résultats probants : ces stages ont des taux de placement de 60 à 85 %.

Y a-t-il adéquation entre l’offre et la demande ?

La demande existe, mais elle est souvent confuse, mal formulée. En face, l’offre peut paraître éparpillée et redondante. Ceci explique peut-être les scores relativement modestes des formations : environ un millier par an pour les formations dispensées à l’initiative des organisations professionnelles, un peu moins de 300 pour les stages d’insertion de la direction de l’architecture. Mais c’était précisément le but de ces assises de remettre les choses à plat. Le guide des formations que nous avons édité à cette occasion recense les formations destinées aux architectes, pour la première fois de façon exhaustive [voir ci-dessous]. De plus, de nouveaux outils sont, ou vont être mis en place pour améliorer l’adéquation de l’offre et de la demande.

Quels sont ces outils ?

La grande nouveauté, c’est que le ministère de l’Emploi et de la Solidarité, les organisations professionnelles et la direction de l’architecture du ministère de la Culture se sont associés dans le cadre d’un Contrat d’études prospectives (CEP). Il concerne toute la maîtrise d’oeuvre (architectes, économistes, ingénierie bâtiment, etc.), considérée comme une branche professionnelle à part entière. L’état des lieux de la branche – secteurs en évolution, évaluation des besoins, propositions pour pallier les dysfonctionnements – devrait être consigné dans un document publié fin 1988 par la Documentation française. Ce document permettra, entre autres, de préconiser des formations.

Par ailleurs, l’arrêté portant création d’un comité consultatif de la formation continue des architectes devrait paraître début 1998. Placé auprès du directeur de l’architecture et du patrimoine, il réunira des représentants des organisations professionnelles d’architectes, du ministère de la Culture et du ministère de l’Emploi. Il exercera un rôle d’orientation et d’évaluation des programmes.

Donnera-t-il des informations sur l’activité des architectes, mal connue en dehors des volumes de travaux recensés par la MAF ?

Pour cela, deux autres instruments sont mis en place. L’Observatoire des débouchés des écoles d’architecture d’une part : opérationnel sous peu, il permettra de mieux cerner la réalité du parcours professionnel des jeunes diplômés. D’autre part, la création de l’Observatoire des métiers de l’architecture est envisagée, en participation avec le PCA, la DAEI et le département des études et de la prospective (DEP) du ministère de la Culture. Il permettra d’identifier et de quantifier les métiers de l’architecture, dans la maîtrise d’oeuvre comme dans la maîtrise d’ouvrage. Une étude exploratoire vient d’être lancée. Elle devrait être rendue à la mi-1998.

Un répertoire complet des formations

A l’occasion des assises, la direction de l’architecture publie sur144 pages un répertoire complet des formations continues (pour libéraux, salariés, demandeurs d’emploi) dispensées par les institutions professionnelles d’architectes, les organismes de formation, les écoles d’architecture et les instituts d’urbanisme. Bureau de la formation continue, direction de l’architecture, 8 rue Vivienne, 75002 Paris. Fax : 01.40.15.32.66.

PHOTO : Jean-Pierre Courtiau : «La demande existe, mais elle est souvent confuse, mal formulée. En face, l’offre peut paraître éparpillée, redondante.»

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