Intérieur

ARCHITECTES ECLAIREURS

Mots clés : Architecte

Que serait l’espace sans la lumière, naturelle ou artificielle ? Puisque l’éclairage est indissociable de leur œuvre, les architectes le prescrivent ou le dessinent, afin de mieux maîtriser cette matière supposée immatérielle.

Depuis le XXe siècle, les innovations en matière d’éclairage relèvent d’allers-retours entre la créativité des concepteurs et les avancées technologiques. Alvar Aalto s’est par exemple saisi de l’incandescence dans les années 1920 et a promu un usage de la lumière indirecte avec la PH Lamp ; Frank Lloyd Wright, lui, a accordé un soin particulier à l’illumination des plafonds des bureaux en forêt de l’immeuble de la Johnson Wax, dans les années 1930. « L’architecture est le jeu savant, correct et magnifique des volumes sous la lumière », résumait Le Corbusier. Ses luminaires, aujourd’hui réédités par Nemo, s’en font d’ailleurs l’écho : borne béton, projecteurs, lampes de table, appliques pivotantes.

En nombre croissant sur le marché, les lampes des Maestri rappellent que la conception est avant tout une aventure de prototypage et de sur-mesure. Présente derrière nombre de produits, la technologie oriente une évolution de la forme. Après l’électronique, c’est au tour de la photonique de faire sa révolution. En moins de trente ans, nous sommes passés des halogènes aux Foled (Flexible Organic Light Emit-ting Diode) et à la Li-Fi (Light Fidelity), via le laser, les cristaux liquides ou la fibre optique. La qualité de la lumière a été améliorée (température de couleur, diffusion) ; et l’appareillage, optimisé (miniaturisation, consommation énergétique, pérennité). Il importe que les industriels poursuivent ces recherches, afin de stimuler les architectes. Les plus férus de sciences, comme Philippe Rahm, explorent ce terrain. « Avec le projet Spectral Light, nous travaillons avec Artemide sur les spectres de la lumière de la vie en intérieur, en additionnant les longueurs d’onde strictement nécessaires, dans un souci d’économie, explique l’architecte suisse. Nous procédons selon une technique proche de l’impressionnisme qui, par addition et convergence de longueurs d’onde particulières et séparées, reproduira une lumière proche du blanc. » Si la réglementation et les labels négligent encore les bénéfices de la lumière, les industriels ont à cœur de répondre aux demandes des architectes – quand ils ne les sollicitent pas en tant « qu’éclaireurs » -, chaque projet constituant une opportunité de recherche appliquée.

iGuzzini considère cette « collaboration comme un levier pour son développement ». La suspension Perroquet, mise au point par Renzo Piano pour la rénovation du...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 268 du 02/04/2018
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X