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Aquitaine Entretien avec Arnaud Lecroart, président de l’Arosha « Le logement social représente une sécurité pour le BTP »

Mots clés : Association et mouvement associatif - Entreprise du BTP - Gestion de l'entreprise - Logement social - Politique du logement

Le président de l’Association régionale des organismes sociaux pour l’habitat en Aquitaine nous expose ses objectifs.

Quel est le poids du logement social en Aquitaine et quelles sont ses perspectives ?

L’Arosha représente plus de 90 % des 138 000 logements locatifs sociaux aquitains. Nous fédérons trente-deux organismes sociaux pour l’habitat sur les cinq départements de la région. Pourtant, il faut reconnaître le faible poids du logement social dans la région qui ne représente que 10 % des logements, contre 15 à 16 % au plan national. Ce décalage s’explique par des raisons historiques : la propriété individuelle est très développée du fait d’une tradition rurale très forte. D’autre part on n’a pas connu de volonté politique très affirmée sur le logement social. C’est en train de changer. Il nous faut rattraper notre retard, même si les dotations d’Etat sont toujours à un bas niveau : la région reste sous-dotée et l’Etat ne lui a pas affecté les moyens du rattrapage.

Votre production de logements a pourtant presque doublé en trois ans.

En effet, nos organismes sont très actifs. Nous utilisons tous nos crédits pour la construction, mais, depuis 2004, nous n’avons plus aucun crédit pour la réhabilitation, les Palulos ont disparu. Nous avons financé la construction de 6 000 logements en 2007, dont 700 reconstructions. Cette année, nous avons investi 600 millions dans le neuf.

Quels sont les obstacles à votre développement ?

L’obstacle principal reste la charge du foncier qui s’accroît dans chaque opération – jusqu’à peser 17 à 20 % du prix – et rend les opérations plus difficiles à monter. Par exemple, un logement de 70 m2 revenait à 100 000 euros en moyenne en 2005, le coût est de 120 000 euros actuellement, soit 1 700 euros/m2 et l’on atteint souvent 2 000 euros/m2. Alors que notre montage financier, même en incluant nos fonds propres, ne nous permet pas de dépasser 1 600 euros/m2. Les opérations de Robien nous ont fait beaucoup de mal – à Libourne ou Agen – où elles ont installé une spéculation sur le foncier, une bulle financière qui a explosé sur l’Aquitaine.

Comment allez-vous monter vos opérations à l’avenir ?

D’abord il faut prendre acte des baisses de dotation à venir dans nos montages financiers. Le budgetannoncé par l’Etat pour le logement social est de 850 millions d’euros pour 2008, 550 millions en 2009 et 350 millions en 2010. Pour notre région, cela représente 25 millions d’aides de l’Etat en 2007, on peut donc extrapoler une baisse du même ordre qu’au plan national. Heureusement, les conseils généraux de la Gironde et des Pyrénées-Atlantiques ou les agglomérations de Bordeaux, Pau et Bayonne-Anglet-Biarritz pratiquent une politique de soutien très importante au logement social. Elles nous ont permis de remplir nos objectifs avec plus de 5 000 logementsneufs par an. Mais les collectivités locales annoncent leurs difficultés à aller plus loin. Il ne faut pas baisser les bras. Et ne pas oublier que, dans une période de retournement de tendance économique comme celle qui s’annonce, le logement social représente une sécurité pour l’activité des entreprises de toute la filière du BTP.

L’amélioration thermique des bâtiments est-elle un enjeu majeur pour vous ?

C’est vrai, c’est pour nous une préoccupation d’avenir. Nous élaborons avec l’Ademe, le conseil régional et le Feder une étude sur l’état thermique de notre patrimoine, afin de programmer nos interventions et élaborer un programme pluriannuel d’investissements. Il faut pour cela informer toute la profession et débloquer le marché pour qu’industriels, entreprises et formateurs se mobilisent.

En 2007, 60 % de notre production neuve atteint au moins la performance HPE, de 10 % plus performante que la réglementation en vigueur (RT 2005), nous allons financer plusieurs opérations avec le label bâtiment basse consommation (BBC). Mais, pour aller plus loin, nous devons négocier localement pour mettre en place une réhabilitation thermique du parc et un montage financier qui nous permettent de partager les gains avec les locataires. La mobilisation de la filière n’est pas encore totale sur ce point, les entreprises ont profité de l’embellie pour reconstituer leurs marges, et pas toujours pour mieux former les salariés aux nouvelles techniques et aux nouveaux produits. D’ailleurs, les industriels restent peu innovants. Mais je sens de l’appétit chez les entreprises pour l’amélioration thermique des bâtiments, et l’Arosha est crédible comme force incitatrice sur ce marché.

Vous êtes également impliqués dans le renouvellement urbain ?

En effet, sur le renouvellement urbain, notre ingénierie s’est nettement renforcée. Sur les Hauts-de-Garonne dans l’agglomération bordelaise, à Bergerac, Périgueux, Mont-de-Marsan ou Bayonne, nousnous sommes efforcés de répondre au besoin des collectivités, mais c’est un travail de longue haleine et très prenant pour nos collaborateurs. Enfin, nous sommes engagés sur l’amélioration de la qualité de service.

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Arosha en quelques chiffres

32 organismes sociaux pour l’habitat dont 13 entreprises sociales pour l’habitat (ESH), 11 offices de l’habitat, 5 coopératives HLM et 3 sociétés de crédit immobilier.

120 000 logements locatifs.

6 000 logements locatifs financés en 2007.

5 300 nouveaux logements.

700 logements reconstruits

6/10 logements financés en 2007 atteignent la performance HPE.

300 000 personnes logées.

600 millions d’euros d’investissement.

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