Autres Construction

Après le plan de relance du logement, quels relais de croissance pour demain ?

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel

Neuf leviers de croissance ont été identifiés lors du 3e sommet de la construction organisé le 20 novembre par la Fédération française du bâtiment. Des propositions qui concernent à la fois l’Etat et les entreprises.

«Un pays qui ne construit plus, qui n’a pas de projets, c’est un pays qui ne regarde pas vers l’avenir. » La maxime est de Manuel Valls, Premier ministre, en clôture du 3e sommet pour la construction organisé par la Fédération française du bâtiment (FFB) le 20 novembre, à Paris. Lors de cet événement, des experts se sont retrouvés afin de « prendre de la hauteur pour voir comment le bâtiment peut contribuer à relancer la croissance », indique Jacques Chanut, président de la fédération.

Les leviers que les entreprises peuvent activer…

Première piste : les acteurs du bâtiment doivent faire de la transition énergétique un levier de croissance. « C’est un marché très lourd, porteur d’innovations, estime Alain Grandjean, fondateur de Carbone 4. En comptabilisant le parc de logements existants, il y a 30 à 40 ans de travaux devant nous. » D’autant plus que la crise économique actuelle accélère l’obsolescence des vieux bâtiments. « La crise incite les acteurs à investir davantage dans des actifs permettant d’améliorer le couple loyer-charges », indique Bertrand de Feydeau, président de la fondation Palladio. Pour gagner des parts de marché, mieux vaut évoluer dans un pays avec une forte croissance. Or, avec une hausse du PIB de seulement 0,3 % au 3e trimestre 2014, la France ne fait pas partie des nations les plus porteuses. « Les entrepreneurs qui en ont les moyens, ceux résidant dans une zone transfrontalière par exemple, doivent aller chercher leurs marges ailleurs, estime Philippe Manière, économiste et directeur de Footprint Consultants. Cela semble compliqué, mais l’internationalisation est à la portée de plus de personnes qu’on ne le croit. » Dernier conseil pour les artisans : rester à l’écoute des innovations. « Les nanotechnologies vont bouleverser la fonction de construire », prédit l’économiste Jacques Attali.

… et ce que l’état peut faire

Ce n’est pas une surprise, il faut encore « sim-pli-fier ». « Plus d’un tiers des 50 mesures de simplification déjà lancées concerne le bâtiment », rappelle Gérard Huot, conseiller de Thierry Mandon, secrétaire d’Etat à la Réforme de l’Etat et à la Simplification. Mais le gouvernement souhaite aller plus loin. « Début 2015, nous allons mettre en place une autorité indépendante d’experts qui réunira des entrepreneurs. Cette entité sera consultée sur tous projets de loi pouvant avoir un impact sur la vie de l’entreprise. » Objectif : ne pas complexifier, là où le gouvernement a simplifié six mois plus tôt. Et par la même occasion, faire baisser les coûts de construction.
Pour Jacques Attali, l’atteinte de cet objectif passe par la suppression des aides à l’achat qui portent l’augmentation des prix. Mais également par la libéralisation du foncier. « L’Etat doit retirer le pouvoir d’accorder des permis de construire aux maires pour le donner à l’intercommunalité. » En d’autres termes, le confier à un échelon moins sensible à la sanction des urnes.
En plein débat sur la transition énergétique, il faut également pousser les promoteurs à construire des immeubles plus performants. Pour y parvenir, le gouvernement doit plancher sur un outil incitant à détruire les bâtiments obsolètes pour les reconstruire. « Il faudrait pouvoir densifier plus sur une même parcelle afin de créer un surplus de valeur qui permettrait de supporter le coût de la démolition », propose Bertrand de Feydeau. Autre proposition évoquée par les experts : faire gagner les entreprises en compétitivité. Et cela passe par une plus grande mobilité des salariés. « Les pays où il y a le moins de chômage sont ceux où il y a le plus de locataires, note Philippe Manière, économiste et directeur de Footprint Consultants. Encourager les particuliers à acquérir leur logement est une erreur. » Car un ménage devant rembourser son prêt immobilier est moins mobile.
En plus de vouloir stopper les politiques incitant les Français à accéder à la propriété, l’économiste souhaite aussi taxer la plus-value tirée de la vente de son logement principal pour réorienter l’épargne. « Un pavillon ne crée pas de croissance. Une PME, oui, explique-t-il. Actuellement, le pays encourage l’investissement le moins susceptible de vous faire sortir de la panade, on est chez les dingues ! », conclut Philippe Manière.

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