[TO] Urbanisme et aménagement

Anglet : un parc écologique à l’arrière de la dune

Mots clés : Aménagement du littoral - Qualité environnementale - Technique de construction

C’était un espace en déshérence de 14 ha ayant fait l’objet de plusieurs projets immobiliers avortés, puis abusivement utilisé comme décharge d’ordures et parcours de quads. C’est aujourd’hui un milieu humide et dunaire protégé que l’on découvre sur la pointe des pieds, en empruntant un chemin qui affleure le sol. Livré au printemps dernier, le parc écologique Izadia d’Anglet, sur la côte basque, est un centre à vocation pédagogique dédié à la nature. La faune et la flore sont issues d’un système hydrique atypique : le parc est situé près de l’océan atlantique, juste derrière le cordon dunaire, et à l’embouchure de l’Adour, dans une zone de marais et de lacs.

La première action a consisté à fermer le site pour en faire une vraie réserve écologique à l’abri des regards extérieurs. La clôture a été réalisée en grande partie à partir de bruyère (de la brande), tissée sur du fil de fer. Dans le même temps, les habitats floristiques ont été recensés pour en préserver les principaux : pins, aulnes, cistes, arums, glaux et centaurées…

Aménagements ponctuels. Le parcours proposé s’appuie sur les traces laissées par l’histoire : parties engazonnées d’un ancien hippodrome, excavation laissée par une ancienne gravière, blockhaus… Les ressources sont valorisées dans des aménagements ponctuels et discrets. « Il fallait changer le regard sur ce paysage sans engager de modifications qui auraient altéré ses qualités et ses caractéristiques », explique la paysagiste Juliette Bailly-Maître de l’agence Mutabilis paysage.

Toutes les installations scénographiques qui auraient pu encombrer le parc – les panneaux d’information par exemple – ont ainsi été écartées. Les explications pédagogiques et scientifiques sont rassemblées à l’intérieur d’une galerie sur pilotis (la maison du parc), à l’entrée du site. Les visiteurs sont ensuite dirigés sur le site, munis d’un pilote qui délivre les informations visuelles et sonores par GPS.

Un cheminement en boucle les fait évoluer dans les différents milieux. Dans les parties immersibles, c’est un platelage en bois, ailleurs un sol en stabilisé. « Le parcours privilégie la rencontre du visiteur avec les éléments tangibles et sensibles du site », souligne la paysagiste. Sur toute sa longueur, il est légèrement surélevé d’une vingtaine de centimètres pour ne pas tenter le public de s’en éloigner.

Observer la faune. Une dizaine d’étapes rythment la visite : le belvédère sur l’océan, le jardin des fougères, l’appontement sur l’un des lacs, deux jardins d’accueil réservés à l’expérimentation… Des parois en branches de bois brut (robinier) accompagnent ponctuellement le cheminement, dans les zones où la discrétion est un préalable à la découverte de la faune. Le regard est alors orienté entre les interstices des branches ou au travers de visées. « La simplicité constructive retenue pour ces parois et l’ensemble des installations facilitera les éventuels déplacements, si des évolutions écologiques se produisent », ajoute Juliette Bailly-Maître.

Le chantier a été réalisé en partie à dos d’homme et au moyen de petits engins adaptés à la fragilité du site, à partir d’accès précis pour ne pas le détériorer. De même, en l’absence de relevé précis, il a fallu repositionner certains éléments du projet à l’avancement des travaux. Les mouvements de terre ont été gérés sur place : les déblais nécessaires pour aménager la plage à oiseaux et adoucir un talus très pentu au pied d’une place publique mitoyenne ont servi à recharger l’ancienne gravière.

L’entretien requis sera léger, « comme dans un jardin », l’essentiel étant de laisser vivre ce paysage et de le défricher de temps en temps, avec des outils adaptés, pour qu’il garde sa diversité. Les faucheuses girobroyeuses, souffleurs de feuilles et autres machines habituellement utilisées par les services techniques de la ville sont donc bannis.

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ENCADRE

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Communauté d’agglomération Bayonne Anglet Biarritz.

Maîtrise d’œuvre : Mutabilis paysage (concours avec Guillaume Geoffroy Dechaume), paysagistes ; atelier Philippe Madec, architecte ; Scéno Arc-en-Scène, scénographe ; Ingécobat, Ingérop, BET.

Budget : 1,1 million d’euros HT.

Superficie : 15 ha.

Entreprise : SEE Guichard.

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