[TO] Urbanisme et aménagement

Aménagement du territoire Une opération d’intérêt national pour Bordeaux

Mots clés : Aménagement du territoire - Droit de l'urbanisme - Rénovation urbaine - Transport ferroviaire

Le ministre d’Etat Jean-Louis Borloo a donné son feu vert à la création d’une opération d’intérêt national (OIN) à Bordeaux. Une décision qui ouvre la voie à la recomposition du secteur autour de la gare Saint-Jean.

«Jean-Louis Borloo nous a confirmé, le 15 septembre, la création d’une OIN sur le secteur Euratlantique, autour du pôle d’échanges de la gare ferroviaire et des communes de Bègles et de Floirac. Cette décision montre l’intérêt stratégique de l’Etat pour notre agglomération et met tout le monde, notamment le Port, RFF et la SNCF, autour de la table pour les projets et les financements », se réjouit Vincent Feltesse, président de la communauté urbaine de Bordeaux (CUB). L’enjeu est de taille : « Il s’agit de hisser Bordeaux au rang des métropoles européennes », résume Alain Juppé. Le maire de Bordeaux, également premier vice-président de la CUB, a pris la délégation du projet du centre d’affaires Euratlantique en avril dernier, en faisant part de sa préférence pour la création d’une OIN.

Jean-Louis Borloo a confié au printemps à Francis Rol-Tanguy, ingénieur général des Ponts et Chaussées, une mission d’expertise « visant à identifier les modalités permettant de tirer profit du potentiel urbain unique du quartier. » Ce dernier a rendu son rapport, le 18 septembre, aux élus bordelais (lire l’entretien page suivante).

Un établissement public d’aménagement en 2009

Premier constat : le périmètre de l’OIN s’est élargi, au-delà du quartier d’affaires Euratlantique. Au nord, sur l’autre rive de la Garonne, elle englobe la ZAC des Quais à Floirac, où s’implantera le futur Arena, une salle de spectacles de 15 000 places, au débouché du futur pont sur la Garonne. Au sud, l’OIN s’étend vers Bègles, dont le quartier Terres-Neuves notamment se recompose depuis l’arrivée du tram (voir « Le Moniteur » du 14 décembre 2007, page 45).

Alain Juppé résume les prochaines étapes du processus : « La CUB a établi un premier périmètre de prise en considération qui lui permet de surseoir à statuer sur les demandes de permis de construire. Nous réfléchissons à la création d’une zone d’aménagement différé (ZAD). Enfin, d’ici à un an sera créé l’établissement public d’aménagement qui deviendra l’opérateur foncier du secteur. Le décret de création de l’OIN devrait être signé d’ici à la fin de 2008. » Sur la gare proprement dite, Jean-Marie Duthilleul, directeur de l’Arep, pose la problématique : « Comment, dans les années à venir, va-t-on accéder à la gare avec les transports individuels (vélo, auto partage) ? Comment va-t-on accueillir les habitants de l’agglomération qui viennent par la rocade et le futur pont sur la Garonne ? Il faudra travailler à ces nouveaux échanges de circulation entre des voies rapides d’accès et des quais à circulation lente. Avec le rêve d’ouvrir un jour la zone de la gare sur le fleuve, ce qui nécessitera la transformation des très beaux chais du XIXe siècle. » Euratlantique est aussi un lieu de projets urbains, comme celui porté par la région Aquitaine qui souhaite reconvertir les anciens abattoirs en un lieu culturel. Au-delà, c’est tout le fonctionnement régional qui est en jeu : « La nouvelle gare deviendra le cœur de fonctionnement de la région, dopée par la modernisation des TER et la Ligne à grande vitesse. L’accessibilité de la gare est donc un dossier essentiel, pas seulement pour l’ouverture vers Paris, mais aussi vers Toulouse et l’Espagne », estime Alain Rousset, président du conseil régional.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

« Retrouver le rapport au fleuve, repenser les quais et les transports »

Quelles sont les propositions principales de votre étude ?

Premier point, la grande pénétrante autoroutière sud qui débouchait sur des quais autoroutiers a fait son temps, puisque les quais du centre-ville ont été réaménagés en espaces publics qui réduisent la présence automobile. On pourrait continuer ce réaménagement des quais plus au sud, jusqu’au futur pont Jean-Jacques-Bosc. Autre point, il faut renforcer les transports urbains. Demain, la gare sera le premier générateur de trafic. Or actuellement, elle n’est desservie que par une seule ligne de tram. Il faut la connecter par deux demi-rocades de transports publicsavec les gares TER de Ravezies au nord de l’agglomération et de Cenon à l’est, qui pourraient s’appuyer notamment sur la petite ceinture ferroviaire au sud.

Et concernant le quartier d’affaires ?

Il faudrait privilégier des immeubles de 2 000 à 5 000 m2 avec un ou deux ensembles de grande hauteur. Sur le périmètre, il faudra dégager à terme une capacité de 400 000 à 450 000 m2 de Shon, alors que seuls 80 000 m2 pourront sortir à l’arrivée du TGV.

Pourquoi avoir étendu le périmètre d’Euratlantique sur les communes de Bègles et de Floirac ?

Au-delà de la création d’un centre international d’affaires proche de la gare, la recomposition du secteur pose toute la question des déplacements. La problématique des franchissements de la Garonne avec le projet du nouveau pont Jean-Jacques-Bosc nous a conduits à étendre ce périmètre sur les deux rives.

Vous parlez aussi de valoriser l’accès au fleuve ?

On pourrait dégager la pointe du quartier Belcier pour donner à la sortie de la gare, avec le pont en « U », un effet de balcon sur le fleuve et ouvrir la perspective sur la ville. Il faut donner de l’air à tout ça, parce que le plus beau monument de Bordeaux, c’est tout de même la Garonne !

Etes-vous candidat à la direction du futur établissement public ?

Non. Le poste m’aurait intéressé, mais je viens de prendre début septembre mes fonctions à la direction de l’Atelier parisien d’urbanisme.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X