rétrospective

ALERTE À L’ÉPIDÉMIE DE RÉINVENTION

La propagation de l’épidémie qui a frappé Paris cette année semble incontrôlable. Heureusement, les symptômes de l’infection sont facilement identifiables. Si un appel à projets s’adresse d’abord aux investisseurs et aux promoteurs, si ce sont les maîtres d’ouvrage privés qui portent la « réinvention » de sites appartenant à la ville (dent creuse, friche, port, berge ou même terrain qui n’existe pas encore au-dessus d’une autoroute), c’est que l’offre est contaminée. D’autres signes ne trompent pas, comme la mise en place d’un « meet-up », site de rencontre pour associations, investisseurs, architectes, start-up ou artistes en tout genre, candidats à l’innovation en quête de compagnons. Selon toute vraisemblance, le foyer de l’épidémie est situé dans le bureau de Jean-Louis Missika, adjoint à la mairie de Paris chargé de l’urbanisme, de l’architecture, des projets du Grand Paris, du développement économique et de l’attractivité. Chargé de l’innovation (sic) pendant la deuxième mandature de Bertrand Delanoë, il est l’instigateur de la première version de ces procédures iconoclastes, d’initiative publique mais comptant sur l’argent et l’inventivité des acteurs privés – et des architectes qu’ils se sont choisis – pour transformer la ville. Lancé en novembre 2014, le désormais célèbre « Réinventer Paris » a couronné 22 lauréats en février 2016. Au total, 372 équipes pluridisciplinaires étaient candidates à la transformation de 23 terrains appartenant à la ville. Cette dernière s’étant engagée à les vendre, non pas au plus offrant, mais au plus « innovant », c’est-à-dire à celui qui mettrait en...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 256 du 13/01/2017
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