Enjeux

Alain Marguerit, un paysagiste dans la ville

Mots clés : Aménagement paysager

Ce Montpelliérain est surtout reconnu à Lyon et à Nîmes, où son projet AEF a reçu un prix aux Victoires du paysage 2016.

Nul n’est prophète en son pays. Alain Marguerit a beau avoir dessiné la place de la Comédie, le nombril de Montpellier, il travaille davantage à Nîmes, Toulouse ou Lyon que dans la ville où est établie son agence, l’atelier A/S Marguerit.

C’est à Nîmes, justement, que son travail de paysagiste vient d’être distingué. Son projet AEF (couplé avec le réaménagement des allées Jean-Jaurès par Jean-Michel Wilmotte) a valu à la Ville le grand prix du jury des Victoires du paysage 2016. L’opération, qui s’est étalée sur douze ans, visait à retraiter trois espaces emblématiques : la place des Arènes, l’esplanade Charles-de-Gaulle et l’avenue Feuchères. Alain Marguerit en a fait un espace unique de 7 ha dévolu aux piétons, les voitures ayant été repoussées sur les franges. « Le fait de créer un espace homogène, avec un vocabulaire commun et un nivellement parfait, a amené de la lisibilité et favorisé de nouveaux usages, dit-il. Nous sommes passés de l’échelle d’un centre-ville à celle d’un centre d’agglomération. » Les principes qui guident l’action d’Alain Marguerit sont là : partir du sol, qui met les espaces en relation, et faire de l’aménagement de l’espace public le levier d’un projet urbain, voire sociétal.

1 M€ de CA 100 % public. 8 salariés, dont 3 paysagistes, 2 architectes et 1 ingénieur.

Issu d’une famille de viticulteurs, Alain Marguerit a d’abord été tenté de suivre la même voie, avant d’y renoncer. Il s’oriente vers l’Ecole nationale supérieure d’horticulture de Versailles, section paysage, où il trouve sa vocation. « J’ai passé là trois ans merveilleux, au contact de professionnels comme Jacques Simon, Michel Corajoud ou Pierre Dauvergne. J’y ai découvert le monde de la réflexion, de l’ouverture et du travail. »

« Une relation plus directe avec les élus. » Après sept années à Paris, il met le cap au sud, avec son épouse et associée Sonia. « Je voulais avoir une relation plus directe avec les élus », explique-t-il. D’abord établi à Sommières (Gard), puis à Montpellier, il intervient à Marseille, puis dans la région lyonnaise. Il y participe à la requalification du centre-ville de Vaulx-en-Velin, avant de piloter le projet de renouvellement urbain de La Duchère, une cité de 12 000 habitants perchée sur l’une des trois collines qui dominent Lyon. Plus récemment, il a été chargé par la Ville de Nîmes de concevoir la requalification des cités Pissevin et Valdegour, à l’ouest de la ville.

Une approche globale du territoire. « Nous partageons avec Alain Marguerit des origines modestes et une envie forcenée de trouver des solutions positives pour les quartiers en général et les quartiers dits “difficiles” en particulier », dit l’architecte Bernard Paris, son partenaire depuis plus de trente ans dans de nombreuses opérations. Soucieux d’une approche globale du territoire, intégrant pleinement les enjeux sociaux et économiques, Alain Marguerit rêve d’un « BIM urbain » qui mettrait en cohérence les différentes actions engagées au sein d’un même espace. « Ce n’est pas l’objet que l’on produit qui fait le projet, plaide-t-il, c’est tout ce qu’il met en relation. »

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
Les articles les plus lus
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X