Enjeux

Addenda : la sobriété énergétique par l’exemple

Mots clés : Conception

Le bureau d’études gersois a intégré son nouveau siège social. Une illustration de son savoir-faire à coût compétitif.

Pionnier de la performance énergétique des bâtiments, Alain Castells, le gérant d’Addenda, ne pouvait pas installer ses 12 salariés, ingénieurs et architectes, n’importe où. Pour mener à bien son projet, le quinquagénaire s’est même transformé en maître d’ouvrage et a créé une SCI. Avec son nouveau siège social inauguré le 15 septembre dans l’ancien évêché d’Auch (Gers), le bureau d’études a fait la démonstration qu’une restructuration de qualité en secteur sauvegardé est possible tout en répondant aux exigences d’un bâtiment à énergie positive (Bepos). Et cela en n’isolant pas par l’extérieur afin de respecter l’architecture du bâtiment : « Pour conserver l’inertie et laisser respirer les murs, nous n’avons pas non plus isolé l’intérieur. Après un peu plus d’un an de travaux, nous avons gagné notre pari à un coût de 1 350 euros/m2 similaire à celui d’une restructuration classique », assure Alain Castells. Cette opération a été lauréate de deux appels à projets de l’Ademe, dont un récompensant les solutions de production d’énergie mises au point avec quatre laboratoires toulousains (Laas, Laplace, Phase et Certop).

La performance énergétique du bâtiment préoccupe le gérant d’Addenda depuis les années 1980. Diplômé d’un BTS « fabrication mécanique », il travaille alors pour un façadier français. « De nombreux clients se plaignaient des problèmes thermiques de leurs bâtiments. Pour y répondre, j’ai cherché des solutions et trouvé des outils de simulation thermique dynamique afin d’analyser leur comportement », raconte-t-il.

Après sa restructuration, le nouveau siège social répond aux exigences d’un Bepos.

« Bousculer les certitudes ». Depuis, il a creusé le sujet. De 1992 à 1998, il travaille au sein du bureau d’études toulousain Behi, intervenant comme assistant à maîtrise d’ouvrage auprès de donneurs d’ordre publics. Puis, il décide de voler de ses propres ailes et crée Addenda en association avec Pierre Fernandez, architecte et docteur en énergétique de l’Ecole des Mines de Paris.

En 2000, il intègre dans son équipe Jean-Pierre Bédrune, maître de conférence « génie thermique » à l’université Paul- Sabatier de Toulouse. Un parcours qui a conforté ses convictions : « Il faut progresser vers des bâtiments réellement durables, autonomes, sobres en énergie et à faible impact carbone. Cela implique d’intégrer cette dimension dès l’origine des projets, d’utiliser des outils performants, de bousculer les acquis et les certitudes. » Addenda réalise aujourd’hui 900 000 euros de chiffre d’affaires et compte à son actif plus de 400 références en France, dont le siège social d’Ecocert, à l’Isle-Jourdain (Gers). Ce bâtiment de quatre niveaux en bois isolé en bottes de paille, Bepos de bas carbone, est l’un des sept en Europe certifiés Leed Platinum. La même exigence de performance prévaudra dans les projets à venir : lycée à énergie positive de Cazères (Haute- Garonne), ensemble immobilier de 45 000 m2 à la gare sud de Nice, accompagnement du groupe Pierre Fabre dans l’expérimentation de référentiels, audit des 54 bâtiments du Conseil d’Etat en France… Alain Castells a lancé la dynamique. La suite se fera sans lui. A 58 ans, il prépare sa succession.

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