Enjeux

A Las Vegas, le futur « intelligent » se dessine

Mots clés : Gestion et opérations immobilières

L’édition 2018 du CES a confirmé le virage de l’industrie vers des services à haute valeur ajoutée. Bâtiment et immobilier sont en première ligne.

Bosch à la conquête de la smart city

Le Consumer Electronics Show (CES) accueillait pour la première fois un espace consacré à la smart city . Bosch a fait de ce thème son cheval de bataille. « La ville intelligente ne relève plus de l’utopie, les métropoles font face à de formidables défis », affirme Stefan Hartung, membre du comité de direction du groupe. Le géant allemand a notamment présenté Climo, une station de contrôle de la qualité de l’air destinée aux environnements extérieurs.

Développé avec Intel, il mesure les concentrations de particules fines, de monoxyde de carbone… et fournit aussi la température ou l’humidité. Des données transférables vers un serveur via des câbles, le réseau de téléphonie mobile ou le wifi. Aux Etats-Unis, la société peut déjà se targuer de quelques références. Dans la ville californienne de San Leandro, sa filiale de services à l’énergie, Climatec, a équipé cette année 5 000 lampadaires avec des diodes électroluminescentes, des capteurs de mesure de la qualité de l’air et des caméras de suivi du trafic routier.

Grâce aux informations transmises par ces dernières, la municipalité peut rediriger les véhicules en cas d’embouteillage. Autre exemple, le nouveau quartier de Shipyard à San Francisco. En partenariat avec le promoteur immobilier Lennar, Bosch a développé une appli mobile destinée aux habitants. Elle affiche des renseignements sur les commerces alentours et les horaires des transports. Les résidents peuvent en outre y partager des messages.

L’ère de la voix commence (vraiment)

Dans les travées du salon, la plupart des stands arboraient le logo « working with Google Assistant » ou « compatible with Amazon Alexa ». En un an, ces logiciels d’assistance vocale ont colonisé le secteur de l’électronique domestique. Les deux acteurs écrasent aussi le marché des enceintes avec interface vocale intégrée : aux Etats-Unis, Amazon Echo représente 70,6 % des ventes et son rival Google Home 23,8 %. Apple et Microsoft semblent incapables de répondre. Samsung évite la confrontation en annonçant l’arrivée de téléviseurs et de réfrigérateurs équipés de son système Bixby. Amazon lorgne déjà de nouveaux clients : « Les usages de la maison peuvent se transposer dans des hôtels ou des commerces, observe Charlie Kindel, directeur de la division Alexa Smart Home. Nous allons travailler en ce sens. »

La domotique encore divisée

Alors que le CES rêve de contrôler toute la maison par la voix, les constructeurs d’équipements domotiques ne s’accordent pas sur la marche à suivre. Les nouveaux acteurs du paradis connecté prônent une ouverture complète des systèmes informatiques afin que tous les équipements domestiques puissent interagir. « Cela apportera la simplicité que désirent les consommateurs. C’est pourquoi nous mettons à disposition des développeurs notre code source », explique Yoon Lee, vice-président de Samsung Electronics America.

Les fabricants historiques du secteur refusent ce partage. Le problème du piratage constitue leur principal argument : « Une serrure doit fonctionner avec un protocole fermé qui ne pourra être décrypté.

Il faut garder en tête qu’une seule mauvaise expérience peut nous coûter de nombreux clients », souligne Michael Smith, vice-président de Lutron Electronics.

Le seul point d’entente réside dans le dialogue avec le secteur du bâtiment. « Internet devient un besoin équivalant à l’eau ou à l’électricité, remarque Yonn Lee.

Nous devons travailler avec les acteurs de la construction.

La maison connectée n’avancera pas sans eux. »

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