Enjeux Assurance construction

A la recherche d’un nouvel équilibre

Hausse des contentieux et de la sinistralité, évolutions technologiques et réglementaires, internationalisation du marché…

Les assureurs doivent s’adapter.

L’enthousiasme qui renaît dans le BTP français n’est pas encore partagé par le monde de l’assurance construction. Dans l’Hexagone, premier marché mondial d’assurance construction en termes de primes (2,5 milliards d’euros payés par les assurés en 2016), les assureurs commencent à peine à enregistrer les premiers effets du regain d’activité, et doivent en parallèle accompagner les nouveaux défis liés à l’évolution de l’univers du BTP.

Profiter de la reprise en dépit des effets à retardement de la crise

Primes basses. La reprise économique est là dans l’immobilier et dans le BTP ? L’assurance construction ne peut pas encore en dire autant, et c’est logique. Le secteur continue en effet de subir le contrecoup de la crise à deux niveaux au moins. D’abord, le volume de primes (le prix que le preneur d’assurance paye pour bénéficier de la couverture d’assurance en cas de sinistre) baissait toujours en 2016 (les chiffres 2017 ne sont pas encore connus). Les cotisations en assurance construction ont en effet reculé (- 2,1 %) pour la septième fois sur huit années. Avec la crise, le recul des mises en chantier a directement impacté l’activité des assureurs en construction. Résultat, leur chiffre d’affaires s’est replié de 16 % en moyenne sur la période 2008-2016.

Sinistralité haute. La dérive de la sinistralité, ensuite, continue de frapper les assureurs. L’année 2016 a été marquée par une hausse de « seulement » 1,5 % des indemnisations de sinistres, améliorant une tendance qui était en moyenne de + 5,3 % par an depuis 2008 et le début de la crise. En cumulé, les indemnisations de sinistres versées ont augmenté de… 52 % sur la période 2008-2016 ( voir graphique ci-dessous ). Avec une fréquence des sinistres relativement stable, cette progression révèle surtout une augmentation de leur coût moyen. Celle-ci est imputable en partie à la hausse des coûts dans le bâtiment, mais également aux difficultés rencontrées par les entreprises de construction durant la crise : le recours à la sous-traitance et la moindre intervention des services après-vente ont fait baisser la qualité des ouvrages. « Les premiers paiements de sinistres apparaissent trois ans après l’ouverture de chantier, avec un pic au bout de sept à huit ans, mais dépassent aussi souvent dix ans. Même si la reprise du BTP est amorcée, les assureurs vont donc encore observer pendant plusieurs années l’impact des mauvais chiffres de sinistralité », analyse Grégory Kron, directeur technique, actuariat et filiales de SMABTP.

Accompagner les évolutions technologiques et réglementaires

Performance énergétique. La réglementation change et les assureurs doivent l’accompagner. C’est notamment le cas en matière de performance énergétique des bâtiments. Alors que la RT 2012 est bien intégrée par les entreprises, la réglementation oriente désormais le secteur vers la construction de bâtiments à énergie positive. Un défi pour les concepteurs, mais aussi… pour les assureurs. Car même si la notion « d’impropriété à destination » constitue un socle stable, l’évolution des bâtiments a poussé la jurisprudence à réviser son interprétation des textes. L’enjeu ? Savoir si un défaut de performance énergétique d’un bâtiment peut s’apparenter à un désordre rendant le bâtiment impropre à l’usage attendu, entrant ainsi dans le champ de la garantie décennale… La loi de transition énergétique du 17 août...

Vous lisez un article de la revue Moniteur n° 5962 du 09/02/2018
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