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A chacun de choisir son lieu de vie

Mots clés : Rénovation urbaine

> Malgré tout le respect que je lui dois, je voulais réagir aux propos d’Yves Lion dans « Le Moniteur » du 14 décembre 2007, et notamment à l’affirmation que l’avenir de l’humanité passera par la ville.

D’un point de vue environnemental, la limitation des déplacements et du mitage des territoires par des banlieues pavillonnaires dévoreuses d’espaces conduit à envisager le mode d’habitat urbain compact comme modèle.

D’un point de vue économique, la situation est bien différente. Combien de ménages modestes peuvent accéder à la propriété en centre-ville ou même en agglomération ? Et s’ils le peuvent, au prix de quels sacrifices (promiscuité, espace contraint, fiscalité et charges liées aux logements élevées, etc.) ? D’un point de vue culturel, comment ne pas reconnaître pour certaines familles l’absolue difficulté à s’adapter à un mode de vie urbain (malgré tous les efforts des architectes et des urbanistes pour humaniser la ville) ?

Il me paraît dommageable que les pouvoirs publics ne conduisent pas avec les architectes et les urbanistes une vraie réflexion sur l’aménagement du territoire au sens large, c’est-à-dire le territoire urbain mais aussi le territoire rural. L’un ne doit pas se faire sans l’autre, ni en opposition l’un contre l’autre comme cela semble parfois être le cas. L’exode massif de nos concitoyens, actifs ou retraités, vers les zones côtières et/ou les nouvelles métropoles régionales de l’Ouest ou du Sud n’est pas sans poser de question sur la qualité de vie à terme dans ces régions (demain surpeuplées) mais également sur la gestion du désert humain, économique et culturel qu’il engendre dans les régions délaissées, souvent rurales.

Habitant en campagne, je déplore le peu d’intérêt des spécialistes de l’aménagement pour la mise en valeur et l’extension harmonieuse des centre-bourgs (de même que le peu d’intérêt des entreprises pour développer le télétravail qui est aussi une réponse pour limiter les déplacements) alors même que les élus ruraux sont souvent dans l’attente de propositions. Sans doute car les enjeux sont aux yeux de certains moins prestigieux que les grands projets urbains des quelques métropoles qui figurent en bonne place dans les revues d’architecture.

L’avenir de notre territoire passera à mon sens par une profonde réflexion sur son développement permettant une véritable démocratisation du parcours résidentiel et la possibilité offerte à chacun de choisir son lieu de vie selon ses besoins mais aussi ses valeurs et sa culture.

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