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Xavier Soule : avec Abvent en paravent
Xavier Soule, fondateur et PDG d'Abvent - © © Xavier Soule

Xavier Soule : avec Abvent en paravent

Adrien Pouthier |  le 07/10/2010  |  ParisInternational

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Alors que la compagnie d'informatique spécialisée dans les logiciels d'architecture s'installe dans son nouveau siège parisien, rencontre avec son discret fondateur et P-DG, "un architecte qui dirige un groupe industriel".

Sont-ce les petites lunettes rondes et un air juvénile ? L'aventure informatique débutée un peu par hasard ? L'influence indirecte de Steve Jobs (le patron d'Apple a présidé malgré lui à la naissance et au lancement d'Abvent un peu comme Microsoft s'est fait sur son dos...) ? Derrière son bureau dans une vaste pièce de l'hôtel Delaroche près de la Trinité à Paris, Xavier Soule a des faux airs de Bill Gates. Et comme le patron de Microsoft, Xavier Soule entretient en public modestie et discrétion. Sur ses succès notamment.
Archicad, logiciel de CAO qui équipe aujourd'hui près de la moitié des architectes du pays ? "Un programme bidouillé au départ avec un collègue (Gérard Bomer, ndlr) pour nos propres besoins." Le nom Abvent ? "Trouvé par hasard. Je cherchais un nom qui se retrouve avant Apple dans un annuaire. Et ça sonnait pas mal." Le succès de la marque ? Presque un hasard aussi. "On est en 84-85, j'étais parti aux Etats-Unis pour visiter des chantiers que j'avais là-bas. Et voilà qu'un jour, en balade, j'atterris à Cupertino. Un peu par hasard, je tombe sur un énorme logo de pomme. Le siège d'Apple ! J'entre. Il y avait des Mac dernière génération, j'avais sur moi le disque avec notre programme. Je le teste sur les nouvelles machines, je m'aperçois au bout d'un moment qu'il s'est créé un petit attroupement autour de moi ! Là les mecs me disent 'C'est génial ! Il faut commercialiser !'. Plus tard, on avait un stand à Apple Expo. J'étais en train d'installer mon stand, un type se pointe : Steve Jobs ! Je lui montre le logiciel. Verdict : il m'a secoué l'oreille en disant : 'C'est bien ! Faut vendre !' Peu après un type arrive et me dit : 'C'est combien ?' J'ai donné un prix au hasard, il m'a fait un chèque. Le premier. Et ça s'est enchaîné par la suite." Aujourd'hui Abvent est une multinationale qui regroupe 11 sociétés et distribue dans 80 pays. Et Xavier Soule est toujours là. Discret. Difficilement saisissable.

"Niemeyer ? Du carton-pâte qui ne tient pas debout !"

D'ailleurs le patron d'Abvent cultive les paradoxes. Architecte qui ne construit plus - "A part les maisons des copains" - il évoque peu voire pas du tout sa carrière. Amateur de photographie (il est propriétaire de l'agence VU' et de sa galerie), il refuse qu'on le prenne en photo ("Je cultive la discrétion. Ça ne sert à rien de mettre mon nom et mon image en avant"). Grand patron il ne joue pas de son statut et a longtemps signé ses écrits sur l'architecture sous pseudonyme ("X. Noos" jusqu'à l'apparition de la compagnie du même nom...). Une recherche sur Google ne vous apprendra pas grand-chose non plus. Une notice Wikipédia qui lui était consacrée a été supprimée. Prétexte : "Autant l'agence est archi-connue, autant son dirigeant a une notoriété somme toute très limitée."
Qu'on ne s'y trompe pas, Xavier Soule est encore architecte dans l'âme. Membre de nombreux jurys, critique parfois acerbe - "Niemeyer ? Le pire du pire ! Du carton-pâte qui ne tient pas debout ! C'est un designer pas un architecte ! Un peu comme Jean Nouvel : c'est hyper-créatif mais après pour construire..." - il se dit "fier de la qualité de l'architecture française, fier de sa créativité".
Mais Xavier Soule porte un regard sans concession sur la profession, notamment sur les conditions de son exercice : "Je peux en parler d'autant plus librement que j'en suis sorti et je ne suis d'ailleurs pas mécontent d'en être sorti : j'en avais simplement assez de me faire racketter sur tous les concours par les politiques ! Aujourd'hui je ne suis plus obligé de me prostituer." Il a quand même dû replonger un peu pour mener la rénovation du nouveau siège d'Abvent, l'hôtel du peintre Paul Delaroche sis au 58, rue Saint-Lazare à Paris (9e). Un hôtel particulier du XIXe siècle qui accueille désormais les locaux d'Abvent mais aussi la galerie VU' et qui donc se retrouve de facto classé en Etablissement recevant du public (ERP) et dépendant de sa réglementation... "La galère... On a cassé les ateliers de repassages du rez-de-chaussée, on a mis des rampes partout. Toutes les adaptations représentent un surcoût incroyable. Je pense que le législateur n'a pas bien mesuré ce qu'il faisait..." Xavier Soule a d'autres projets pour l'hôtel Delaroche, notamment pour agrandir la galerie, preuve que l'architecte sommeille toujours en lui. Et d'ailleurs quand on insiste, il finit par lâcher : "Si je me retirais d'Abvent, je monterais un bureau d'archi qui aurait une pensée globale des projets : de leur annonce à leur réalisation. Un bureau 'tout en un' : avec mon propre BET, mon propre métreur, mes propres spécialistes matériaux. Dans l'idéal j'aimerais avoir la créativité de Le Corbusier avec l'organisation de Perret."

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