Qualité/Sécurité

Voyage au cœur du réseau électrique parisien

Mots clés : Electricité - Musées - galerie - Second oeuvre

A l’occasion de la parution du livre « Sous les pavés, les câbles – Cent ans de haute tension électrique à Paris », Réseau de Transport d’Electricité (RTE) a ouvert les portes du poste électrique Harcourt, implanté à Issy-les-Moulineaux. L’occasion de visiter des galeries souterraines inconnues du public et qui font néanmoins l’originalité du réseau parisien.

« Attention à bien respecter les consignes de sécurité ! », insiste Xavier Waymel, directeur-adjoint exploitation de RTE pour le sud-ouest de l’Ile-de-France.
Lancé avant la visite des galeries souterraines – encore jamais dévoilées au public – du poste de répartition Harcourt, situé rue Bara à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), le message vaut pour les personnes mais aussi pour l’intégrité du matériel.

Le site, en effet, est éminemment stratégique. « Raccordé à la boucle 225 kV de 72 kilomètres qui ceinture Paris, ce site contrôle grosso modo un tiers de la puissance consommée à Paris et en proche banlieue », précise Xavier Waymel.

En surface, le « poste sous enveloppe métallique » est constitué d’une véritable forêt de dispositifs électriques (interrupteurs, sectionneurs, disjoncteurs..), tous à isolation gazeuse (hexafluorure de soufre) et pilotés depuis un pupitre d’exploitation informatisé (PEXI). Accessible via un sas sécurisé, ce pupitre, qui se résume à quelques banals écrans et ordinateurs, commande pourtant 27 autres postes dans le sud de Paris, à Issy-les-Moulineaux et à Boulogne-Billancourt.
En cas d’avarie sur le réseau, des alarmes y signalent immédiatement le lieu et le type de problème de façon à ce que le personnel RTE (une vingtaine de personnes pour la zone concernée) puisse intervenir le plus rapidement possible. Une situation heureusement assez rare du fait de la redondance généralisée du matériel.

 

20 km de galeries RTE dans le sous-sol parisien

 

« Pour qu’une panne se traduise par un arrêt d’alimentation, il faut qu’il y ait en réalité au moins deux problèmes simultanés », commente Xavier Waymel. Une règle valable aussi pour la supervision puisque le PEXI est secondé le cas échéant par un tableau synoptique à commande manuelle d’ancienne génération.
Rarement utilisé aujourd’hui en dehors des périodes de maintenance du PEXI, ce « tableau » à l’allure d’armoire est typiquement le genre de matériel où le geste malencontreux d’un visiteur pourrait effectivement avoir des conséquences fâcheuses sur le réseau…

Mais c’est sans doute sous terre que le poste Harcourt se révèle le plus impressionnant. Des centaines de mètres de galeries y abritent des kilomètres de câbles à isolation synthétique de 63 ou 225 kV, câbles que l’on peut d’ailleurs toucher sans problème en dépit des dizaines de MW véhiculés.

« Contrairement aux autres grandes villes de France et même aux autres pays, Paris a privilégié l’usage des galeries – 20 kilomètres au total – plutôt que les tranchées en raison de la densité importante de câbles que nous avions à y installer et pour les facilités qu’elles offrent en cas de maintenance », explique Didier Zône, directeur du centre national d’expertise des réseaux de RTE. Sans parler du renforcement du réseau, sujet qui pourrait prendre de l’importance dans la perspective du Grand Paris avec le passage de 22 000 à 25 000 MW pour l’ensemble de l’Ile-de-France.

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