Environnement

Vous avez dit « développement durable »?

Le développement durable, thème officiel du sommet de Johannesburg qui se tiendra à partir du 26 août prochain, cherche à (ré)concilier activités humaines et environnement. Il remet en cause le mode de production et de consommation occidental qui, en faisant école dans les pays du Sud, menace l’équilibre de la planète.
« Si chaque Chinois devait consommer un jour la même quantité de brut qu’un Américain d’aujourd’hui, la Chine aurait besoin de 80 millions de barils par jour (mbj), soit plus que la totalité de la production mondiale actuelle de 74 mbj », martèle le chef de l’Etat sud-africain Thabo Mbeki qui présidera le Sommet mondial sur le développement durable (SMDD).

Le développement durable vise à la fois l’économique (croissance et décollage du Tiers-Monde), le social (intégration des groupes les plus vulnérables et solidarité Nord-Sud) et l’environnement: préservation des « biens mondiaux » (air, eau, paysages), régénération des ressources naturelles (animaux, plantes). Il met l’accent sur le long terme alors que le développement traditionnel, fondé sur une logique purement économique, est axé sur le court terme.
Le concept a été forgé en 1980 par un organisme de recherche privé, l’Alliance mondiale pour la nature (UICN). Il a été consacré en 1987 dans un rapport établi pour l’ONU par Gro Harlem Brundtland, alors Premier ministre norvégien, selon laquelle est durable un développement « qui répond aux besoins du présent sans compromettre les capacités des générations futures à répondre aux leurs ».

Il a fait fortune au 1er sommet de la Terre de Rio, dont Johannesburg (26 août-4 septembre) marquera le 10ème anniversaire.
« Ce n’est pas un concept scientifique et il y a de multiples façons de le comprendre », observe l’expert français Michel Colombier.
Aux deux extrêmes, il y a les écologistes purs et durs qui prônent une croissance zéro pour stopper l’épuisement des ressources et les apôtres du laisser-faire pour lesquels le progrès technologique permettra de résoudre in fine tous les problèmes d’environnement.
La première vision, qui juge incompatibles développement économique et protection de l’environnement, a été lancée en 1972 par des universitaires du Club de Rome dans un rapport intitulé « Halte à la croissance ». Elle est dénoncée par les pays du Sud qui n’ont pas encore décollé.

La seconde est souvent avancée pour expliquer le rejet par le président George W. Bush du protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre.
Controversé, le concept de développement durable n’avait pas facilité les discussions à Rio où les pays du Nord avaient tenté de faire pencher le fléau sur le droit à un environnement sain et ceux du Sud sur le droit au développement. Il en était résulté un document fleuve, l’Agenda 21, dont les 2500 recommandations sont restées largement lettre morte.
A Johannesburg, les choses se présentent encore plus mal, d’après des sources diplomatiques européennes concordantes qui soupçonnent les Etats-Unis de ne plus vouloir entendre parler d’accord multilatéral sur l’environnement…

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