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Volubilis mettra l’eau au cœur des débats, lors des prochaines rencontres euro-méditerranéennes,
Lors des 13es rencontres euro-méditerranéennes, organisées par Volubilis. - © © Marc Peyret, Imagineur

Volubilis mettra l’eau au cœur des débats, lors des prochaines rencontres euro-méditerranéennes,

CHRISTIANE WANAVERBECQ |  le 03/12/2018  |  ArchitectureEntreprises du paysage

Pour la 13e édition de ses rencontres euro-méditerranéennes baptisées « Paysage et virtuel », fin novembre à Avignon, l’association Volubilis a choisi comme fil rouge le numérique. Et pour la première fois, une large place a été donnée aux artistes. Une façon de fêter dignement les 20 ans d’existence de l’association créée en 1998 pour favoriser les échanges dans une logique de transdisciplinarité.

L’envahissement de la technique ne doit pas occulter la pensée. Cette affirmation pourrait résumer l’esprit des 13es rencontres euro-méditerranéennes organisées par Volubilis au Théâtre des Halles, les 29 et 30 novembre 2018, sur le thème du numérique.

Créé, il y a 20 ans à Avignon (Vaucluse), par un groupe de paysagistes, urbanistes et architectes, l’association (www.volubilis.org) avait comme ambition de faire découvrir le métier de paysagiste, comme partie prenante dans l’aménagement du territoire, ainsi que la notion de paysage, comme méthode d’appréciation du territoire dans toutes ses dimensions : physique, géographique, sensible c’est-à-dire tel que perçu par la population, et enfin, culturelle.

Cette découverte devait se faire à travers notamment les rencontres euro-méditerranéennes organisées tous les deux ans pour favoriser la fécondation intellectuelle par le croisement des sciences dures et du regard sensible, notamment celui des artistes.

Représentation du réel

Cette année, lors de la 13e biennale baptisée « Paysage&Virtuel », ces derniers ont été particulièrement présents. Leurs performances ont rythmé ces deux journées d’échanges et de rencontres autour de trois table-rondes : Penser le virtuel ; Imaginer la ville et les paysages ; Innover dans les territoires.

Sébastien Arrighui a, par exemple, proposé un jeu vidéo proposant un voyage virtuel dans un paysage minutieusement fabriqué à partir du réel.  « Le regard, la parole et la création des artistes, d’ailleurs nombreux à travailler sur le virtuel, nous semble essentiels. La question de la représentation du réel est pour nous en effet primordiale. Les artistes sont toujours en décalage et permettent, par là même, une réflexion approfondie. Nous sommes persuadés que leur intuition et leur représentation des territoires font parfois gagner du temps dans la conscientisation des changements », affirme Nerte Dautier, administratrice de Volubilis.

Questions émergentes

« Depuis la création de l’association en 1998, nous nous intéressons aux questions émergentes qui transforment nos façons de vivre, de travailler, de nous déplacer et donc, qui transforment la ville et les paysages. Aujourd’hui, l’arrivée du numérique nous oblige à nous demander ce que cela veut dire en termes de processus de projet et de maîtrise d’effets que nous ne connaissons pas encore. A nos rencontres viennent des professionnels de l’aménagement, des architectes, des représentants des services de l’Etat. Nous les invitons à une mise en échange et en visibilité pour essayer de comprendre ce qui se passe, sachant que notre préoccupation à tous est la maîtrise de la qualité globale », rappelle Irène Bouré, présidente de Volubilis.

« On pourrait dire que le numérique n’est plus depuis longtemps une question émergente. Dans nos cœurs de métier,  on s’est mis à l’utiliser tout à fait naturellement. La question est de savoir de quelle manière, cela impacte nos modes de vie, de travailler, et de penséer. De quelle manière, cela modifie aussi la créativité, la création des paysages et d’un projet urbain », poursuit-elle.

« Toutes ces nouveautés re-questionnent nos métiers et nos pratiques. La question de l’anticipation est importante. Soit, on constate les changements, soit on essaie de les anticiper, de réfléchir en amont dans nos pratiques quotidiennes en allant à la découverte de pratiques ou projets innovants un peu partout en France ou à l’étranger », ajoute Sébastien Giorgis, architecte, urbaniste et paysagiste, membre fondateur de Volubilis.

Habiter l’infini

Ont donc été invités des acteurs qui se posent la question de l’utilisation des outils numériques dans leur cœur de métier. On peut citer l’architecte Eric Cassar, créateur de l’agence Art and Space, grand prix du Monde smart city en 2017, qui, avec son concept « Habiter l’infini », propose une nouvelle forme d’habitat intergénérationnel.

Partant du constat qu’il est de plus en plus difficile de se loger dans les grandes villes, faute d’espaces suffisants et compte-tenu de prix au m² de plus en plus élevés, il propose de ne plus aborder l’habitat sous le seul angle de l’espace, mais plutôt en combinant espace et temps.

Partant du principe que dans une journée, de nombreux espaces sont inoccupés ou très peu utilisés, il propose de mutualiser des pièces, chambre d’amis ou bureau dont on réservera l’occupation via une application. « Les appartements peuvent donc être plus petits. Il n’est plus nécessaire qu’il soit chacun doté d’une chambre d’ami ou d’un bureau. Si on trouve le moyen de les utiliser plus fréquemment, on peut alors construire le même nombre de mètres carrés avec plus de personnes qui pourront en profiter. L’espace d’un habitant augmentera, variant selon ses besoins », a-t-il expliqué lors de la table-ronde

« Imaginer la ville et les paysages ». Par ailleurs, dans son modèle, les générations sont appelées à se croiser. Par exemple, une personne âgée pourra cuisiner un grand plat le midi qu’elle proposera via le réseau social pour le soir. Par ailleurs, de plus en plus d’actifs travaillent en télétravail. Ils pourront réserver une chambre-bureau pour la journée.

Faciliter le dialogue

De son côté, Marie-Julie Catoir-Brisson, maître de conférences en design et communication à l’université de Nîmes, a mis en perspective la force du virtuel par rapport à nos pratiques quotidiennes et appelé à notre vigilance.

Le numérique peut toutefois faciliter le dialogue et la collaboration des habitants très en amont de la définition du projet. A ainsi été mise en avant la démarche de la Ville de Saint-Nazaire et de son agglomération. Sur proposition de l’Agence d’urbanisme de la région de Saint-Nazaire (ADDRN), elles ont expérimenté en 2015-2016 une démarche d’urbanisme collaboratif, via une application numérique en 3D, conçue et mise en oeuvre par l’agence UFO.

Dans sept quartiers de Saint-Nazaire, les habitants ont été invités à imaginer en 3D l’évolution de leur quartier. La démarche a abouti à une phase de médiation durant l’été 2016 qui a permis de récolter plus de 850 idées et commentaires.


Pourtour méditerranéen


Cette édition des rencontres terminée, avec l’appui du conseil scientifique, le conseil d’administration de Volubilis prépare la suivante. Le thème est déjà connu. Ce sera celui de l’eau, la ville et le paysage dans une dimension européenne. L’objectif, en effet, est de renouer avec la mission première de l’association qui était de se positionner sur des projets émergents et innovants sur la question de la ville et du paysage en rassemblant des architectes, des paysagistes, des urbanistes, des sociologues, des géographes, des historiens venus de tout le pourtour méditerranéen.

Comme les précédentes, ces rencontres prévues en 2020 seront l’aboutissement de deux années de réflexion au sein du réseau composé de professionnels, de passionnés et de curieux. Comme les fois précédentes, à mi-parcours, en l’occurrence en 2019, une journée d’entretiens viendra alimenter la réflexion.

Toujours en 2019, Volubilis organisera l’été prochain un workshop transdisciplinaire de quatre semaines à Carthage, en Tunisie, et à Vaison-la-Romaine, dans le Vaucluse. Il s’agira de déterminer de quelle manière les outils numériques facilitent la valorisation et l’appropriation du patrimoine romano-byzantin par les citoyens. Une autre manière de questionner le paysage à l’échelle méditerranéenne.

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