En direct

« Vive le BTP français et libre ! », chronique par Florent Lacas
Florent Lacas - © © Bruno Levy / Le Moniteur

« Vive le BTP français et libre ! », chronique par Florent Lacas

Florent Lacas, journaliste au « Moniteur » |  le 19/12/2016  |  Entreprises

C’est Molière qu’on assassine ! Nos chantiers ne baragouinent plus le portugais ou le polonais mais se piquent de vouloir parler anglais à tort et à travers. Une anglomanie un peu ridicule que dénonce avec un humour à la française le spécialiste des entreprises de construction au « Moniteur »...

Ce qui est bien, dans le BTP, c'est qu'on y parle encore beaucoup français. Je ne fais pas référence, ici, à la « clause Molière », qui voudrait rendre notre langue obligatoire sur les chantiers. Je veux dire que la filière n'a pas encore été gangrenée par le recours massif à l'anglais.

Le BTP est un secteur d'activité ancré dans le réel, dans des territoires, ce qui lui évite peut-être de se noyer dans le flot d'expressions importées d'Amérique. On ne parle pas encore de pouring concrete pour couler du béton, de earthwork pour terrassement ou de PEB ( positive energy building ) pour Bepos. Encore moins d' insulation pour isolation (plus de 60 % des termes anglais sont, rappelons-le, d'origine française). Et bon courage à ceux qui voudraient exprimer dans la langue de Shakespeare toutes les subtilités de fonctionnement du label « Reconnu garant de l'environnement » (RGE).

Pourtant, l'anglais gagne du terrain sur les chantiers. Le building information modeling ( BIM) s'impose, l'activité contracting des grands groupes est étale en 2015 et les bâtiments Breeam ( building research establishment environmental assessment method , brrr… ) ont le vent en poupe. Dans le monde des start-up , l'anglais, c'est open bar . A tel point que certains mots français sont « refrancisés » à la suite d'un traitement de choc outre-Atlantique. Ce qui donne des mélanges du meilleur goût, du type « open innovation ». On pense aussi à l'incubateur « Green Tech verte » ( sic ), créé par le ministère de l'Environnement… et des Pléonasmes ? Il faudrait aussi faire la liste des anglicismes. Voyez l'incontournable - et ridicule - « disruptif ». Terme dont la popularité semble suggérer que tout ce qui n'est pas disruptif n'a aucun intérêt. Puisque tout ce qui ne sonne pas anglo-saxon semble dépassé, voire douteux.

Le français résiste, certes, mais pour combien de temps ? Le secteur vit sa « révolution BIM » - comprenez : le BTP va enfin passer à la vitesse supérieure, à la vitesse de l'anglais. En attendant, vive le BTP ringard, le BTP de langue française, et le BTP libre !

Commentaires

« Vive le BTP français et libre ! », chronique par Florent Lacas

Votre e-mail ne sera pas publié

Librairie du Moniteur

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

Presse - Vente au n°

Prix : 29.00 €

Voir

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Presse - Vente au n°

Prix : 37.00 €

Voir

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Livre

Prix : 24.00 €

Auteur : Éditions du Moniteur

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookiesOKEn savoir plusX