Vie de l'entreprise

Visages de l’insertion : Salah Hadef, aide-maçon VRD

Mots clés : Apprentissage - Entreprise du BTP - Métier de la construction - Voirie

Le Moniteur croque le portrait de travailleurs en insertion dans le BTP. Salah Hadef entame un contrat de professionnalisation comme aide-maçon VRD. Apprenti chez Eurovia sur le chantier d’Aéroville, il se réjouit de travailler pour une grosse entreprise.

« Je suis une personne polyvalente ». D’emblée, Salah Hadef annonce la couleur. Peu importe le domaine, ce qui l’intéresse, c’est travailler. Il ne supporte pas ne rien faire. Si l’homme de 30 ans cumule jusque-là différents jobs, il peine à trouver la stabilité professionnelle. Pour pallier le problème, il se lance dans l’alternance par le bais de l’insertion. Employé du GEIQ (Groupement des employeurs pour l’insertion et la qualification), il travaille depuis janvier comme aide-maçon VRD (Voirie et réseaux divers) en contrat de professionnalisation. Il apprend la partie théorique du métier durant deux semaines à l’Afpa (Association pour la Formation Professionnelle des Adultes), puis enchaîne deux mois de pratique chez Eurovia, filiale de Vinci, sur le chantier du centre commercial Aéroville à Roissy.

« Les mains dans le cambouis »

Ce poste d’un an, il l’a trouvé grâce au Pôle emploi de Sevran. C’est son frère, éducateur spécialisé, qui l’a orienté vers cette structure. Salah se frotte pour la première fois au monde du BTP. « Ma formation à l’origine, c’est serrurier-métallier. Après, j’ai fait de tout ! J’ai travaillé à Roissy, à Carrefour, j’ai été gérant d’une pizzeria, mécanicien… Mais j’ai traversé aussi des périodes de précarité. » Avec cette formation, Salah espère surtout décrocher un CDI, même s’il ne veut jurer de rien. En même temps, le milieu de la construction lui plaît. Il apprécie le travail sur le terrain, la fatigue physique le soir, le sentiment d’avoir bien « bossé ». Il conserve encore le regard d’un petit garçon fasciné par la technique. « Il y a des machines bizarres, des grues que je n’avais jamais vues avant, s’emballe-t-il. L’engin pour faire des enrobés ressemble à un scarabée. On se croirait dans un vaisseau, ça donne envie de le conduire ! » Et Salah accepte de mettre les mains dans le cambouis comme phase préliminaire au pilotage. Puis, il y a l’ambiance, le chantier ressemble à une seconde famille à ses yeux .

La fierté du grand groupe

Surtout, l’apprenti savoure le fait d’appartenir à un grand groupe. C’est ce qui l’a motivé à suivre la formation. « J’ai de la chance, confie-t-il. J’ai toujours entendu parler de Vinci pour ses autoroutes, ses ponts. C’est un peu une fierté de travailler pour eux ! »  Salah a cherché sur internet à quoi ressemblerait le centre commercial sur lequel il travaille. « Il sera beau ! Quand j’irai m’y promener avec mon fils, quand il ira boire à une fontaine, je serai content de lui dire que j’ai participé à sa construction. »

Mais au-delà du prestige propre aux grandes sociétés, Salah voit en elles une possible sécurité d’emploi. « J’ai un neveu qui travaille dans la peinture chez un artisan. Cela fait trois mois qu’il ne l’a pas appelé… Les grosses entreprises permettent d’évoluer, font passer des Caces (certificat d’aptitude à la conduite en sécurité). Vinci, par exemple, est présent sur tout le territoire ». L’apprenti est prêt à bouger si nécessaire. L’idéal serait de trouver un emploi en Bretagne, où vit son amie. Aujourd’hui, il sait seulement qu’il travaillera sur le chantier jusqu’en janvier prochain. Pour la suite, le doute plane. D’où l’inquiétude qui demeure, malgré l’enthousiasme débordant du jeune homme.

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