En direct

Virginie Schwarz, Directrice exécutive des programmes de l’Ademe : « A moyen terme, une obligation de rénovation dans le bâti existant est incontournable »
Virginie Schwarz, Directrice exécutive des programmes de l’Ademe - © ©ADEME

Virginie Schwarz, Directrice exécutive des programmes de l’Ademe : « A moyen terme, une obligation de rénovation dans le bâti existant est incontournable »

Propos recueillis par Hughes Belin |  le 11/07/2011  |  TechniqueBâtimentFrance entière

Dans une interview parue mardi 12 juillet dans le Bulletin de l'Industrie Pétrolière, Virginie Schwarz, directrice exécutive des programmes de l'Ademe, précise les directions prises en matière d'efficacité énergétique. Lesquelles devraient se traduire en propositions concrètes d'ici la fin de l'année. Morceaux choisis.

La France devra faire plus que ce qu'elle ne fait actuellement, pour remplir ses objectifs européens d'amélioration de l'efficacité énergétique. Que se donne-t-elle comme moyens ?

La Ministre Nathalie Kosciusko-Morizet a lancé une Table Ronde nationale sur l'efficacité énergétique regroupant les acteurs du Grenelle, les associations de consommateurs et des personnalités, afin de définir des mesures complémentaires pour l'efficacité énergétique. La France a transmis son Plan national à la Commission européenne : elle tiendra son objectif d'amélioration de l'efficacité énergétique de 9 % en 2016, et prévoit déjà d'atteindre 17 % en 2020. La Table Ronde se place dans la perspective européenne des - 20 % et se compose de trois groupes de travail, cette fois-ci par cible : entreprises, ménages et collectivités publiques. Chacun d'entre eux a un président et deux rapporteurs de l'Ademe et la DGEC. C'est un processus de réunions devant aboutir à des propositions concrètes d'ici à la fin de l'année. A la rentrée, nous aurons les premières propositions fiscales, qui ont vocation à être intégrées au Projet de Loi de finances pour 2012. Ce processus est intéressant, car pour une fois, il est spécifiquement tourné vers l'efficacité énergétique, et non plus le climat ni les sources renouvelables. C'est un vrai enjeu en soi, qui touche à notre compétitivité, au pouvoir d'achat, à la précarité énergétique.

Quelles sont vos pistes de travail ?

Nous devons trouver des solutions pour diminuer la consommation et pas uniquement la facture et aller vers la généralisation des meilleures pratiques. Il existe de nombreux obstacles à la  généralisation : financiers bien sûr, mais pas seulement. Nous travaillons par exemple sur les aspects sociologiques, comme la question de la représentation : que signifie utiliser un vélo ? Ne pas avoir les moyens de se payer une voiture ou bien être "branché" ? On constate en tout cas que grâce aux vélos libre-service type Vélib', les perceptions ont évolué. La question de la comparaison est également intéressante : que font mes voisins ? La question pratique, enfin : les mesures d'efficacité énergétique doivent être faciles à comprendre et à mettre en place, Les installateurs de fenêtre par exemple ont bien compris l'intérêt de proposer des solutions de pose qui ne créent aucun dégât sur le reste de la pièce et ne nécessitent pas de travaux de maçonnerie ou de peinture complémentaire. Aujourd'hui, la question de la motivation à réaliser des économies d'énergie reste un défi. En fait, la plupart des gens ne connaissent pas le montant de leur consommation énergétique, comme l'a montré une enquête du Médiateur National de l'Energie. On voit que le niveau de consommation n'est donc pas considéré comme une préoccupation importante.

En termes de réglementation, à quoi peut-on s'attendre ?

Le Grenelle a posé les bases de nombreuses évolutions, en particulier dans le secteur du bâtiment. La réglementation thermique, qui concerne le neuf, sera fortement durcie. En ce qui concerne l'existant, également, certaines choses se mettent en place. Par exemple, pour les propriétaires bailleurs, la possibilité de partage des bénéfices avec le locataire devrait permettre de débloquer certaines situations. A moyen terme, je pense qu'une obligation de rénovation dans le bâti existant est incontournable mais elle n'est pas encore socialement acceptable. Au-delà, de la réglementation, l'information sur les performances des bâtiments devrait pouvoir jouer un rôle sur les décisions des acheteurs et locataires. L'idée est que les bâtiments performants auront sur le marché une "valeur verte" additionnelle. Dans le tertiaire, on constate déjà que les bâtiments non performants sont très difficiles à vendre. Pour les particuliers, l'obligation d'afficher la performance énergétique dans les annonces immobilières vient de se mettre en place. Au-delà du bâtiment, le Grenelle a également prévu d'expérimenter sur l'affichage de l'impact environnemental des produits de consommation. L'Ademe travaille avec l'AFNOR au sein d'une plate-forme mixte avec l'ensemble des filières industrielles et des distributeurs, sur l'établissement des méthodes de calcul correspondantes. Pour chaque produit, trois critères seront évalués reflétant l'impact sur le climat, la biodiversité, l'eau, ou l'air. Le ministère de l'Ecologie vient de lancer l'expérimentation sur l'affichage - le CGDD en est le pilote. Plus de 160 entreprises, tels de grands fabricants ou distributeurs de meubles, d'alimentation ou de textile, vont tester la façon dont on peut en parler au consommateur.

Vous allez d'ailleurs lancer à l'automne une campagne sur les signes de qualité pour les bâtiments, de quoi s'agit-il ?

Il s'agit d'une campagne de communication pour sensibiliser le grand public à la qualité de réalisation des travaux dans le secteur du bâtiment et les aider à identifier les entreprises adéquates. Elle n'implique pas les certificats d'énergie. Je pourrai vous en parler à l'automne.

Commentaires

Virginie Schwarz, Directrice exécutive des programmes de l’Ademe : « A moyen terme, une obligation de rénovation dans le bâti existant est incontournable »

Votre e-mail ne sera pas publié

Librairie du Moniteur

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Presse - Vente au n°

Prix : 37.00 €

Voir

Amélioration et renforcement des sols - AMSOL - Tomes 1 et 2

Amélioration et renforcement des sols - AMSOL - Tomes 1 et 2

Prix : 0.00 €

Voir

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Livre

Prix : 24.00 €

Auteur : Éditions du Moniteur

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur