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Vinci aborde l'année 2019 nanti d'un carnet de commandes record
Xavier Huillard (à g.), PDG du groupe Vinci, et Christian Labeyrie, directeur financier, ont présenté les résultats annuels 2018 du géant du BTP et des concessions, ce mercredi 6 février 2019 à Paris. - © Florent Maillet / Le Moniteur

Décryptage

Vinci aborde l'année 2019 nanti d'un carnet de commandes record

Florent Maillet |  le 06/02/2019  |  EntreprisesBâtimentTravaux publicsVinciVinci Airports

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Le groupe annonce un chiffre d'affaires 2018 de 43,5 Mds €. Une progression de 8% portée par les activités dans l'énergie et les concessions aéroportuaires. Le bénéfice net bondit à 3 milliards (+8,6 %). Vinci dispose d'un carnet de commandes de plus de 33 Mds (+13%).

Semestre après semestre, Xavier Huillard ne cesse de répéter sa confiance dans la force du modèle économique de Vinci, qui repose sur le temps long (les concessions) et le temps court (le "contracting", soit les activités de BTP et d'énergie). Et cette année encore, comme l'an passé, le PDG du leader européen du BTP et des concessions peut s'appuyer sur de solides résultats annuels, annoncés ce mercredi 6 février 2019.

De fait, presque tous les voyants sont au vert sur l'année 2018. Le chiffre d'affaires consolidé a progressé de 8% pour s'établir à 43,5 Mds €, tandis que le bénéfice net a gonflé de plus de 8%, atteignant 3 Mds €. Les objectifs annoncés ont été tenus, ce qu'ont salué les analystes financiers après publication des résultats.

Sur le même sujet BTP : Vinci confirme ses prévisions de résultats à la hausse pour 2018

"Vinci a réalisé une performance remarquable en 2018, qui traduit la solidité du modèle concessionnaire-constructeur du groupe, tant en France qu’à l’international", s'est réjoui le PDG.

Des résultats et des perspectives qui ont presque gommé quelques contrariétés. A commencer par l’effet "gilet jaune" sur les revenus de Vinci Autoroutes (-5%, l'activité ayant plongé à partir de novembre), pudiquement rebaptisé "événéments exceptionnels";  ou la polémique sur la privatisation d’ADP à laquelle Vinci, désormais premier gestionnaire privé d'aéroport du monde, est candidat  (le Sénat français a dit non mardi 5 février mais l'Assemblée aura le dernier mot).

Pas de quoi entamer la sérénité de Xavier Huillard, donc, qui a d'ores et déjà annoncé que "pour 2019, Vinci anticipe de nouvelles progressions de son chiffre d'affaires et de son résultat"

Les chiffres et tendances à retenir de l'année 2018

► Le chiffre d'affaires consolidé atteint 43,5 Mds €, en progression de 8,1%, et de 3,3% à périmètre comparable. Les nombreuses acquisitions réalisées en 2017 (qui produisent leurs effets pleins l'an passé) et en 2018, notamment par Vinci Energies et Eurovia, pèsent l'équivalent de 2,2 Mds €. Tous les pôles performent, le "Contracting" (Vinci Construction, Eurovia, Vinci Energies) voyant la hausse de ses revenus dépasser la moyenne du groupe, à +9%.

Détail du chiffre d'affaires 2018 par pôles et évolution par rapport à l'année 2017

© Groupe Vinci, février 2019

► L'objectif, répété chaque année, d'équilibrer le volume de revenus réalisés en France et à l'international, n'est pas encore atteint. Les activités françaises pèsent 57% dans le chiffre d'affaires global 2018 (soit 24,8 Mds €), contre 59% en 2017. "Le dynamisme du marché français, notamment dans le contracting, explique aussi ce ratio", précise Xavier Huillard.

► Les ventes de Vinci sont au plus haut, ses bénéfices aussi. Le bénéfice net du groupe a augmenté de 8,6%, dégageant près de 3 Mds €, dont 2 Mds € générés par les concessions, qui ne représentent que 20% du chiffre d'affaires. Mais la marge réalisée dans le Contracting progresse significativement, à 849 M€ (+7% par rapport à 2017). Si Eurovia est à la peine (+2%), Vinci Construction atteint 6,7%. L'amélioration des marges reste une priorité du groupe en 2019, a répété l'état major de Vinci.

► Pour 2019, le géant du BTP et des concessions table sur une nouvelle progression de ses revenus et de ses bénéfices. Les activités construction et énergie peuvent s'appuyer sur un carnet de commandes qui atteignait un nouveau sommet au 31 décembre 2018, à 33,1 Mds € (+13%).

Détail du carnet de commandes de Vinci Contracting, au 31 décembre 2018, et évolution par rapport à 2017  :

© Groupe Vinci, février 2019

►L'année 2019 devrait également être marquée par une accélération dans les concessions aéroportuaires, sur lesquelles le groupe, premier opérateur privé au monde  met l'accent par rapport aux autoroutes. Après avoir conclu, fin décembre 2018, un accord pour devenir actionnaire majoritaire de l'aéroport de Gatwick au Royaume-Uni, Vinci Airports compte désormais un réseau mondial de 46 aéroports répartis dans 12 pays et accueillant plus de 228 millions de passagers par an.

Vinci, positionné sur la privatisation potentielle d'ADP, figurant dans la Loi Pacte, a également confirmé son intérêt pour l'aéroport de Toulouse. Son actionnaire Casil Europe, entité du consortium chinois Symbiose, souhaiterait vendre sa participation de 49,99% acquise en 2015. "Toulouse est une ville dynamique, symbole de l'aéronautique mondiale, a déclaré Xavier Huillard. Mais cela dépendra des conditions et de la future réglementation concernant les frais d'utilisation de l'aéroport, nous ne ferons pas de bêtises."

Selon BFM, Eiffage serait également intéressé par la gestion de l'aéroport de Toulouse. Le groupe dirigé par Benoît de Ruffray souhaite se développer dans ce domaine et lorgne également la plateforme de Lille.

Focus : Eurovia et Vinci Energies en grande forme, Vinci Construction se stabilise

Pour le pôle Contracting de Vinci, l'année 2018 se conclut par une augmentation du chiffre d'affaires, qui ressort à 35,8 Mds € (+9%, et +3,4% à périmètre comparable), tandis que le bénéfice net  progresse de 7%, dégageant 849 M€. Si la croissance organique est bel et bien de retour en France, cette année encore, l'effet "croissance externe" a joué à plein pour Vinci Energies, mais aussi pour Eurovia.

Le chiffre d’affaires de Vinci Energies s’élève à 12,6 Mds €, en forte hausse (+17,1 % à structure réelle, et +4,6 % à structure comparable). En France (46 % du total), tous les voyants sont au vert, tandis que l'international bénéficie de la fringale d'acquisitions de la branche dirigée par Yves Meignié : elle a avalé pas moins de 28 nouvelles sociétés l'an passé, dont le suédois
Eitech
(ingénierie  et  travaux électriques pour l'industrie et le tertiaire),  l'américain PrimeLine Utility Services (services associés aux infrastructures d’énergie, ainsi qu’aux opérateurs télécoms) ou, encore, le singapourien Wah Loon Engineering (services d’ingénierie électrique et mécanique intégrés, spécialiste des data centers).

Eurovia, de son côté, voit ses ventes progresser de plus de 10% (et +7,3% en comparable), pour atteindre 8,9 Mds €. Une performance qui repose en grande partie sur la France, qui représente 56 % du total et où le marché bondit de 8,5 % à structure comparable. Eurovia profite de la reprise de l’activité dans les travaux routiers et d’aménagements urbains. "Cette croissance organique exceptionnelle en France est liée à l'approche des élections municipales et ne durera pas", évalue Xavier Huillard.

A l'international, Eurovia a largement étendu son influence en Amérique du Nord -comme son grand concurrent Colas- : la branche dirigée par Pierre Anjolras y double son activité. Elle pèse désormais près de 1,2 Md € de chiffre d'affaires dans cette zone, et ce grâce, notamment, à l'acquisition l'été dernier et pour 486 millions d'euros de Lane Plants & Paving, présent dans 10 États de la côte Est des Etats-Unis. Eurovia s'est également offert les actifs du groupe québécois TNT, qui exploite une carrière et des usines d’enrobés dans la région de Montréal (Canada).

Sur le même sujet Comment Eurovia va doubler sa taille aux Etats-Unis

Côté Vinci Construction, le chiffre d’affaires a progressé timidement l'an passé, atteignant 14,2 Mds €  (+1,9 % à structure réelle, +0,2 % à structure comparable). Une performance qui reflète un marché à double vitesse pour le pôle.

Le marché français se révèle en effet dynamique, malgré une année 2018 vierge de gros contrats de génie civil sur le Grand Paris Express, où Vinci Construction, allié à Spie batignolles, candidate sur tous les lots. Et fera de même en 2019, confirme au Moniteur Jérôme Stubler, le président de Vinci Construction. Plusieurs marchés de génie civil doivent être lancés cette année sur les lignes 18 et 16.

Sur le même sujet "Nous répondrons à l’intégralité des lots du Grand Paris Express", Jérôme Stubler, président de Vinci Construction

Le marché domestique pèse 54% de l'activité (+2,5 % à structure comparable), confirmant "la  bonne  tenue  du  marché  du bâtiment  et des  travaux  publics,  particulièrement  en  région parisienne", analyse le groupe. Vinci Construction voit également démarrer les travaux du grand contournement ouest de Strasbourg : malgré un activisme des zadistes, "les travaux de déboisement et de terrassement avancent", précise le groupe.

A l’international (46 % du total, -0,2% de croissance et -2,2 % à structure comparable), le chiffre d’affaires progresse en Europe Centrale, en Asie-Océanie (grâce à la contribution de la filiale australienne Seymour Whyte, acquise fin 2017) et amorce une reprise en Afrique (Sogea Satom), avance le groupe.

La division Grands Projets, elle, "commence un nouveau cycle, après l’achèvement de plusieurs grands chantiers", annonce Xavier Huillard. Le groupe se positionne sur plusieurs projets : tunnel immergé entre le Danemark et l'Allemagne (qui fait encore l'objet d'enquêtes environnementales), opérations liées au "HS2" en Grande-Bretagne, cette LGV qui doit encore déboucher sur des marchés de grosses opérations linéaires, de terrassement et de génie civil. En attendant, Vinci vient de décrocher un méga contrat de 1 Md de livres avec Balfour beatty, pour construire  la gigantesque gare londonienne de Old Oak Common.

Au global, la branche peut se féliciter d'un niveau moyen de marge supérieur à 2017, avec une progression de 7% en moyenne du résultat net, dont 6,7% pour Vinci Construction. Un indicateur sur lequel le pôle sera, cette année encore, particulièrement attendu.

Résultat net des pôles de Vinci en 2018, et évolution par rapport à 2017

© Groupe Vinci, février 2019


Vinci Immobilier devient milliardaire

C'est un cap symbolique : Vinci Immobilier a franchi, en 2018, le cap du milliard de revenus annuels, avec un chiffre d'affaires de 1,1 Md €, contre 896 M€ un an plus tôt. Le promoteur commence lui aussi à encaisser le recul de la construction neuve : le nombre de logements réservés se replie de 2%. "Mais nous enregistrons par ailleurs une augmentation de valeur moyenne de vente, compte tenu de notre positionnement "petit haut de gamme", détaille Xavier Huillard. 

Vinci immobilier, également positionné sur le non-résidentiel, devrait profiter l'an prochain de l'acquisition programmée d'Urbat Promotion. Basé dans le sud de la France, ce promoteur promoteur indépendant spécialiste du logement réalise un chiffre d'affaires annuel de 141  millions d'euros.


 

Du mieux sur le front des accidents du travail

Le groupe Vinci a profité de l'annonce de ses résultats annuels 2018 pour faire un point sur le taux de fréquence des accidents du travail avec arrêt. Ce taux est passé de 7,77 en 2013 à 6,10 en 2018, annonce la major du BTP. En 2018, 72% des entreprises de Vinci n’ont enregistré aucun accident du travail avec arrêt, contre 66 % en 2013.

Commentaires

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A

08/02/2019 18h:30

Ze

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