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Vinci exporte sa démarche sécurité sur les chantiers qataris
Le chantier de l'hôtel Sheraton à Doha, capitale du Qatar. - © ©Caroline Gitton

Vinci exporte sa démarche sécurité sur les chantiers qataris

Caroline Gitton |  le 25/11/2013  | 

A l’heure où les médias se font l’écho de l’exploitation des ouvriers migrants sur certains chantiers au Qatar, QDVC, filiale commune de Qatari Diar et Vinci Construction Grands Projets, entend se distinguer en évoquant sa politique prévention. A l'image de la démarche sécurité mise en œuvre sur le chantier de l’hôtel du Sheraton à Doha, capitale de l’Emirat.

Trois grues se mêlent aux gratte-ciel de Doha. Sur le chantier de l’hôtel du Sheraton, au cœur de la capitale qatarie, près de 2000 salariés participent à la construction d’un parking souterrain sur deux niveaux et d’un parc paysager. Ce projet, qui sera livré fin 2014, est conduit par QDVC, société locale de 2900 salariés détenue à 49% par Vinci Construction Grands Projets et à 51% par Qatari Diar, filiale du fonds souverain du Qatar. A Doha, les chantiers font partie du paysage. D’après un rapport publié le 17 novembre par Amnesty International, quelque 503 518 travailleurs étrangers ont en effet rejoint l’Emirat pour contribuer au développement des infrastructures. QDVC a, pour sa part, recruté ses 2 000 ouvriers en Asie du Sud-Est : majoritairement en Inde, mais aussi au Sri Lanka et aux Philippines, dans le cadre de contrats de travail d’une durée de deux ans.

Boom du BTP dans l’Emirat

Selon une récente étude de l’assureur-crédit Euler Hermes, le secteur de la construction au Qatar pourrait ainsi connaître une croissance moyenne de 10% par an au cours des dix prochaines années. « Mais cette croissance débridée ne doit pas nuire à nos salariés», appuie Yanick Garillon, directeur général de QDVC. Un enjeu de taille alors que l’attention se focalise cet automne sur les conditions de travail désastreuses observées sur certains chantiers qataris. D’après le quotidien britannique The Gardian, 44 ouvriers népalais auraient en effet trouvé la mort entre juin et août dernier dans le cadre de chantiers liés à la préparation de la Coupe du monde de Football de 2022 (voir l'article en cliquant ici).

Amnesty International s’alarme, de son côté, des conditions d’hébergements « d’une indigence choquante » réservées aux ouvriers migrants, et pointe des retards de paiement des salaires et des « environnements de travail dangereux ». « Nos chantiers ne sont pas concernés », oppose sobrement Yanick Garillon. Thibaut Peniguet, directeur financier du groupe, en veut pour preuve, sur le chantier du Sheraton, le contrôle du port de tous les équipements de protection individuelle (EPI), un emplacement des grues à des distances ménageant la sécurité des personnes, ou encore le bon positionnement des échafaudages.

Les sous-traitants, « un axe d’amélioration »

« QDVC adhère ainsi à la démarche sécurité de Vinci avec, au-delà du simple respect des procédures, l'engagement de mettre en place un véritable management de la prévention », avance Yanick Garillon. Les salariés des sous-traitants -la moitié environ de ceux du chantier du Sheraton- sont-ils néanmoins tous logés à la même enseigne ? « Nos sous-traitants sont tenus, contractuellement, de suivre nos recommandations en matière de sécurité. Sur le chantier, tous les ouvriers sont traités de la même manière. » On ne saurait en dire autant à l’extérieur, notamment au regard des conditions de logement. Le « point faible » du dispositif de l’aveu du dirigeant. « Notre suivi des pratiques des sous-traitants demeure un axe d’amélioration. » L’idée : augmenter le rythme des visites des bases vie des sous-traitants - plusieurs par mois à ce jour.

S’adapter aux fortes chaleurs

Parmi les points de vigilance en matière de prévention, les fortes chaleurs estivales au Qatar. De mai à octobre, la température peut en effet monter jusqu’à 50 degrés. Des conditions climatiques qui motivent 14% des non-renouvellements de contrats de travail par les salariés. « Entre mi-juin et fin août, la loi qatarie impose une interruption du travail entre 11h30 et 15h, mais QDVC anticipe, en basculant plus tôt en horaires de nuit », fait valoir Yanick Garillon. Avec un autre enjeu néanmoins : préserver la productivité.

Autre axe incontournable en matière de sécurité : la formation. 1 500 personnes ont ainsi été formées sur neuf mois, des ouvriers aux collaborateurs chargés de l'exécution des projets. QDVC dispose d’ailleurs d’un centre de formation dédié, à proximité du chantier du tramway léger de la ville nouvelle de Lusail, à 15 km au nord de Doha. Les stagiaires y suivent des cours théoriques dans leur langue d’origine, complétés par des sessions pratiques en extérieur. Tous les nouveaux embauchés sont d’ailleurs initiés, au-delà des procédures de sécurité, aux outils et méthodes du groupe.

Des moyens plus importants pour la prévention

La démarche prévention de QDVC semble en tout cas porter ses fruits. Le groupe évalue ainsi à 1 son taux de fréquence (1) en matière d'accidents du travail, et à 0,02 son taux de gravité, salariés de QDVC et sous-traitants confondus. « C'est presque dix fois moins qu'en France ! », se félicite Yanick Garillon.  « Sur le chantier du Sheraton, le nombre d'heures travaillées sans accident est mesuré à trois millions », complète Thibaut Peniguet.

Un phénomène qui s'expliquerait en partie par le bas coût de la main d'œuvre. De quoi, ainsi, mettre en place un encadrement plus important en matière de sécurité. Salaire net minimum d'un manoeuvre : 700 rials qataris pour le salaire de base, auxquels s'ajoutent 400 rials au titre des heures supplémentaires et, tous les trois mois, le versement d'un bonus de productivité. Soit un peu plus de 200 euros pour six jours de travail. « Mais la fourniture du logement, du transport et de la nourriture offre aux salariés des capacités d’épargne importantes, jusqu’à 100% de leur salaire de base », argue Thibaut Peniguet. Il n’empêche : 18% des salariés qui décident de ne pas renouveler leur contrat de travail avancent le motif de la rémunération.

Cette démarche prévention s’inscrit également dans la politique de développement durable du groupe français. QDVC s’engage ainsi sur différents critères environnementaux annuels : émission de CO2, recyclage… Mais aussi traitement de l'eau, denrée rare au Qatar. A l’instar du processus de désalinisation de l’eau utilisé sur le chantier de l’hôtel Sheraton.

(1) -Le taux de fréquence est égal au (nombre des accidents avec arrêt/heures travaillées) x 1 000 000.

-Le taux de gravité est égal au (nombre des journées perdues par incapacité temporaire/heures travaillées) x 1 000

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