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Vincent Giraudeaux (Yséis), «Maintenir la coopération qui nous a permis d’affronter la première vague »
Vincent Giraudeaux, crateur d'Yseis, sur un chantier Clichy la Garenne. - © Vincent Leloup / Le Moniteur

Vincent Giraudeaux (Yséis), «Maintenir la coopération qui nous a permis d’affronter la première vague »

Propos recueillis par Caroline Gitton |  le 29/10/2020  |  ReconfinementPréventionVie du BTPFrance

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Pour Vincent Giraudeaux, directeur général de la société de conseil en prévention Yséis (formation et coordination sécurité et protection de la santé (SPSP), le secteur du BTP, fort de l’expérience du premier confinement et d’une concertation entre parties prenantes au projet, peut affronter la deuxième vague de l’épidémie.

Comment appréhendez-vous les annonces du chef de l’Etat hier soir pour le BTP ?

De manière générale, le monde du travail est moins touché qu’à l’occasion du premier confinement, et les écoles deleurent ouvertes. Concernant le secteur de la construction, le «  reconfinement » m’apparaît comme un terme excessif. Nous vivons une situation sans commune mesure avec celle de mars dernier, où nous étions confrontés à un contexte inédit. On nous enjoignait d’une part à aller travailler dès que possible, tout en nous martelant de rester chez nous. Surtout, nous ne disposions pas de masques, et le gel hydroalcoolique était difficile à dénicher.


Muriel Pénicaud, alors ministre du Travail, estimait que les distances physiques pouvaient aisément être respectées sur les chantiers, et qu’ainsi la sécurité des salariés était garantie. C’était oublier les risques liés aux transports à emprunter pour s’y rendre, et la nécessité de se changer à plusieurs dans un vestiaire. C’est pourquoi, en tant que professionnels de la prévention, nous nous sommes félicités dans un premier temps de l’annonce du confinement.


Aujourd’hui, les chantiers peuvent se poursuivre car nous disposons du guide de préconisations sanitaires de l’OPPBTP, appliqué depuis plusieurs mois sur le terrain, et sommes pourvus en matériel de protection  (gel, masques). Nous avons ainsi du recul : nous ne partons pas de zéro. Il faut préserver la concertation entre équipes de chantier, maîtrise d’œuvre, maîtrise d’ouvrage et coordonnateurs SPS qui nous a permis d’affronter la première vague et de trouver les bonnes solutions, chantier par chantier. Nous ne nageons plus dans l’inconnu comme en mars dernier : nous connaissons les règles et les contraintes, nous avons les cartes en main. En somme, si l’on excepte la généralisation du télétravail pour les postes qui le permettent, on n’entrevoit pas de prime abord de chamboulement pour le monde du BTP.

Quels peuvent être les impacts du télétravail ?

Cette mesure doit être accompagnée de vigilance, car elle risque d’occasionner une moindre présence de l’encadrement sur les chantiers. Or, en matière de prévention, on peut parfois observer un décalage entre les décisions prises d’un bureau et ce qui se passe sur le terrain, avec le risque de désorganiser les chantiers. Une réunion à distance n’a pas forcément la même efficacité que si les interlocuteurs se trouvent sur place. Cette organisation peut générer de petites variantes qui peuvent avoir un impact. Or, un accident du travail constitue souvent la somme de petites erreurs, de couacs, de légers dysfonctionnements. A nous, préventeurs, de jouer notre rôle pour anticiper et alerter sur la nécessité de renforcer la vigilance.

Avec quelques mois d’expérience, les mesures sanitaires de protection vous semblent-elles bien assimilées et acceptées par les salariés sur les chantiers ?

Ces règles me semblent bien comprises, car elles sont relativement simples, si l’on excepte toutefois la manière de porter le masque sans le faire bouger ou le toucher. Je n’ai, à ce jour, pas été informé de remontées significatives liées à un non-respect des mesures sur le terrain, même si quelques réticences, comme pour d’autres règles, peuvent toujours s’exprimer çà et là. Ces mesures sont d’autant mieux intégrées que, contrairement à celles qui préviennent les risques classiques propres au travail sur le chantier, nous les appliquons tous au quotidien dans le cadre de notre vie privée.


Reste toutefois le risque pour les équipes qui travaillent ensemble et se connaissent très bien, de se relâcher, et de ne plus percevoir le risque de contamination. Et par exemple de circuler à plusieurs dans une camionnette sans observer le port du masque. Il faut aussi souligner le caractère contraignant de cette protection, et par exemple prendre en compte, dans l’organisation du travail, la situation d’un compagnon arrivant déjà fatigué sur les chantiers après 1h30 de transports en commun avec un masque, confronté au stress plus ou moins conscient causé par le risque de contamination. Il conviendra de ne pas lui confier, pour débuter la journée, de tâche trop complexe, dangereuse ou minutieuse.

Quid de l’hygiène sur les chantiers ?

A la faveur des mesures sanitaires, le lavage des mains est davantage de mise, désormais. Ne serait-ce qu’en raison des points d’eau dont sont dorénavant équipés les chantiers, condition sine qua nonne de leur réouverture à partir d’avril dernier. A cet égard, nous n’avons pas eu l’occasion, en seulement quelques mois, de constater une dégradation dans le temps, d’autant qu’il va falloir continuer à vivre avec le virus. Néanmoins, il faut encore faire œuvre de pédagogie, en invitant certains salariés à ne pas se limiter à l’utilisation du gel –on confond parfois lavage des mains et décontamination. Il s’agit aussi d’insister sur la nécessité de se laver les mains avant de fumer : peu de salariés ont adopté ce réflexe, alors que le risque de contamination est grand à cette occasion.

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