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VILLE Favoriser la mixité des quartiers

NATHALIE COULAUD |  le 14/02/1997  |  ImmobilierLogementsArchitecture

-Les zones uniquement affectées à l'habitat, ou au travail, génèrent un malaise urbain. Le Conseil économique et social prône la mixité des fonctions.

Entre 1954 et 1990, les surfaces urbanisées ont été multipliées par 2,3. Dans le même temps, les vingt plus grandes agglomérations françaises voyaient leur population diminuer de 30 %. L'urbanisation s'est donc progressivement étalée. Des communes rurales ont été incorporées dans les zones urbanisées. Deux millions de nouveaux citadins correspondent à cette inclusion de communes rurales dans les agglomérations entre 1982 et 1990, et plus de la moitié des français habitent à la périphérie des villes. Tels ont été les constats faits par les participants à la conférence récemment organisée par le Conseil économique et social sur le thème « Repenser la ville ». « La question est de savoir si on souhaite densifier les villes ou si on veut donner plus d'espace à chaque individu », s'interroge Vincent Fouchier, urbaniste-chercheur. Cette question ne semble pas encore tranchée.

Densification et diversification

L'idée de développement durable, exposée à Istanbul, lors d'Habitat II, favoriserait plutôt la densification. Pourtant, les politiques en faveur de la maison individuelle vont dans le sens de la consommation d'espace. Consommation souhaitée par une majorité de Français qui aspirent à posséder une maison individuelle. Outre le problème de la consommation d'espace, se pose celui de l'absence de mixité urbaine. Ainsi, les quartiers de maisons individuelles (lotissements) sont voués à l'habitat alors que les centres-villes perdent leurs habitants et deviennent des espaces de bureaux.

Selon Laurence Douvin, membre du Conseil économique et social et auteur d'un rapport sur l'urbanisation (1), cette séparation des fonctions crée un malaise urbain notamment dans les grands ensembles, souvent mal situés et mal desservis.

« La situation a été aggravée par le fait que les villes-centres ne s'intéressent pas aux banlieues. La plupart des investissements ont été consacrés aux villes-centres comme à Paris avec le Louvre, ou la Grande Bibliothèque », regrette Patrick Devedjian, député-maire d'Anthony. Outre ce manque d'intérêt, certaines banlieues «difficiles» ont été desservies par l'évolution négative de leur population. Les locataires du parc HLM ont des ressources de plus en plus faibles et le taux d'inactifs augmente fortement : il était de 31 % en 1990.

Si les constats sur les dysfonctionnements de la ville sont clairs, les solutions sont plus floues. Il faut réhabiliter et diversifier les grands ensembles en y réintroduisant des commerces. C'est l'objectif du Pacte de relance pour la ville. Il faut redynamiser les centres-villes et y remettre des habitants (un des buts de la transformation de bureaux en logements à Paris). Mais la mixité urbaine est difficile à mettre en place et plus que des politiques publiques incitatives, c'est toute une pratique sociale qu'il faut modifier.

(1) « Urbanisation et citoyenneté dans les grandes agglomérations », avis adopté par le Conseil économique et social au cours de sa séance du 29 mai 1996 sur le rapport de Laurence Douvin.

Photo : Plus de la moitié des Français, habitent à la périphérie des villes, dans des lotissements ou grands ensembles, voués à l'habitat et coupés d'autres activités.

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