Villa Le Nôtre 4/5 Amélie Blachot révèle l’inconscient des territoires
Amélie Blachot. La paysagiste plasticienne a pris au pied de la lettre la notion de résidence: elle s'est installée dans la Villa André Le Nôtre avant la réhabilitation qui matérialisera sa reconversion. - © © Martine Méritan/ENSP

Villa Le Nôtre 4/5 Amélie Blachot révèle l’inconscient des territoires

Laurent Miguet |  le 11/01/2016  |  Produits et matérielsVerre

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Amélie Blachot triture la topographie avec du sucre, de l’eau, la consolide dans des vitrages en plastique, la traduit dans des textes, des vidéos, des maquettes, des tableaux peints ou cousus… Loin des montagnes où elle a rodé sa méthode, la résidence versaillaise (voir focus) impose un nouveau défi : celui d’une ville de plaine qui croule sous le poids de l’histoire.

Abstraits mais sensibles, les miroirs territoriaux fabriqués par Amélie Blachot explorent les réponses multiples à une question unique : comment comprendre et représenter les fondamentaux d’un paysage ? Tout commence par l’étude des cartes, et se prolonge par l’imprégnation du territoire. Les allers retour entre l’objectif et le subjectif structurent la démarche de la résidente de 29 ans, de même que sa vie professionnelle alterne entre arts plastiques et pratique du projet, à l’issue d’un cursus à rebondissements : deux ans d’études de géologie ont précédé l’école du paysage.

Parcours éclectique

« J’y suis rentrée sans rien connaître ni du dessin, ni du projet, ni de la botanique », sourit la lauréate du programme Yves Brunet de la Villa Le Nôtre, dédié aux arts plastiques. Engagée corps et âme dans tous ses projets, elle seule a pris la résidence de Versailles dans son sens littéral : avant même le réaménagement de l’hôtel Jean-Baptiste de la Quintinie, tant pour l’hôtellerie que pour la recherche et la pédagogie, elle y campe et s’y imprègne des strates de l’histoire, depuis les huisseries du XVIIème siècle jusqu’à la salle de  bains créée dans les années 70 pour l’ancien jardinier.

Initiation grenobloise

Grenoble lui a servi de premier terrain expérimental, pendant ses études à l’école de Versailles, autour d’un thème qui, a posteriori, paraît couler de source : comment le Vercors et la Chartreuse s’accrochent-ils à la ville ? L’affaire s’est corsée avec la mission confiée par la direction départementale des territoires de l’Isère, en quête d’une identité dans laquelle se reconnaîtraient 47 communes à souder autour d’un schéma de cohérence. Mais le miracle s’est produit : chacune des composantes se retrouve dans le bleu laiteux des lacs et les arrondis des monts représentés par Amélie Blachot, pressentie pour dessiner le logo de la communauté de communes en gestation.

La Matheysine. La création plastique d'Amélie Blachot contribue à forger l'identité du territoire du sud du Dauphiné.
La Matheysine. La création plastique d'Amélie Blachot contribue à forger l'identité du territoire du sud du Dauphiné. - © © Amélie Blachot

Défi versaillais

Quelques mois après le début de sa résidence, Versailles, son nouvel objet d’étude, l’intimide encore : « Comment retrouver l’essentiel, enseveli sous le poids de l’histoire ? », s’interroge-t-elle. La géométrie d’André Le Nôtre laisse si peu d’espace à la fantaisie. A moins que… « L’extrême rigueur de la composition magnifie le ciel et la lumière, qui permettent de s’évader ». Reflet d’une quête de folie dans un monde trop ordonnée, ses yeux pétillent sous le chignon, mais rien n’indique encore, à ce stade, à quoi ressembleront les fondamentaux de Versailles.

Cinq pionnières rayonnantes

La quête d’une représentation des fondamentaux du paysage marque le quatrième et avant-dernier épisode d’un feuilleton en cinq parties : la lettre Paysage en ligne a suivi les cinq femmes qui, depuis septembre dernier, rodent le concept de la résidence André Le Nôtre. Outil du rayonnement de la France dans les disciplines du paysage, cette « Villa Médicis » de la profession explore « l’hybridation des savoir, des cultures et des innovations  », en lien avec sa voisine, l’Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles. Laurence Cremel clôturera le feuilleton dans deux semaines dans le champ des sciences dures, avec un outil numérique de représentation de l’horizon.

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