Culture

Vienne honore Hans Hollein, architecte et artiste complet

Mots clés : Architecte - Manifestations culturelles - Musées - galerie

Deux mois jour pour jour après la mort de l’architecte Hans Hollein, le musée autrichien d’Arts appliqués ouvre le 24 juin une grande exposition consacrée à son œuvre.

Seul Autrichien à avoir reçu le prix Pritzker, Hans Hollein (1934-2014) est une figure emblématique de la scène culturelle dans son pays d’origine. Et ce, même s’il a fait ses armes et réalisé une grande partie de ses projets les plus célèbres à l’étranger. Connu en France pour la conception de Vulcania, en Auvergne, il est considéré par beaucoup comme l’un des chefs de file du post-modernisme.

Designer, artiste, théoricien, enseignant, décorateur, scénographe, Hans Hollein était, plus qu’un architecte, un artiste pluridisciplinaire. Pour Marlies Wirth, l’une des deux commissaires de l’exposition « Hollein », à voir jusqu’au 5 octobre prochain à Vienne au musée d’Arts appliqués (Mak), « si l’on devait trouver un seul qualificatif pour le définir, ce serait designer, dans le sens du travail sur les formes, les concepts. Cette réflexion pouvait aussi bien se matérialiser sous forme de bâtiments, que d’objets, ou encore de collages quand ces concepts n’étaient pas réalisables ». C’est cette diversité et cette singularité de l’œuvre de l’Autrichien que met en avant l’exposition.

 

Archives personnelles inédites

 

Une exposition en  grande partie inédite puisque les projets emblématiques de l’architecte-designer – bureau gonflables et autres palmiers en cuivre – y côtoieront des documents et objets encore jamais présentés au public. Quelques mois avant sa mort, Hans Hollein avait pour la première fois autorisé les deux commissaires d’exposition à fouiller dans ses archives personnelles. « Nous avons eu accès à une véritable mine d’informations, raconte Marlies Wirth. Il conservait tout chez lui : croquis, photographies, maquettes, etc. Tous ces documents permettent d’apporter un nouvel éclairage sur son travail. »

Au cours de cette plongée dans les archives du Pritzker 1985, Marlies Wirth et Wilfried Kuehn ont notamment découvert plusieurs pans des stands d’exposition conçus par l’architecte à l’occasion de biennales de Venise ou de triennales de Milan. Certains d’entre eux ont été en partie reconstitués à l’occasion de l’exposition à partir de panneaux originaux. Le travail de scénographe de l’Autrichien constitue d’ailleurs l’un des principaux fils rouges de l’exposition du Mak. C’est lui qui, le premier, a transformé les stands d’expositions, alors simples espaces de présentations d’objets, en véritables lieux de performances artistiques.

 

Scénographie en feuille de trèfle

 

La scénographie de « Hollein » s’inspire d’ailleurs des concepts développés par l’architecte lors de la mise en scène d’expositions ou de la conception de musées. « Les espaces d’exposition que nous avons conçus, disposés en feuille de trèfle, reprennent les formes qu’il employait lui-même. À l’opposé des enfilades classiques, cette disposition permet de créer des connexions entre plusieurs thèmes », précise Marlies Wirth. Une disposition mise en œuvre pour la première fois par Hollein en 1982 pour le Museum Abteiberg de Mönchengladbach, en Allemagne, et qui a depuis influencé scénographes et architectes. 

L’exposition a surtout été imaginée comme un cheminement à travers des analogies de sens et de formes, mêlant architecture, dessin, ou encore design. Une démarche en accord avec la philosophie de celui qui a aussi été un théoricien, et refusait de séparer ces différentes disciplines, considérant que « tout est architecture ».

 

Petits détails essentiels

 

Si l’exposition est en grande partie consacrée à la pluridisciplinarité de Hans Hollein, l’architecture n’en reste pas moins un élément central. Afin d’apporter un point de vue plus contemporain sur les réalisations de l’Autrichien, le Mak a demandé à deux artistes, Aglaia Konrad et Armin Linke de photographier ses bâtiments. « Ces séries photographiques mettent en avant les détails auxquels on ne prête souvent pas attention. Ces petits détails, qui allaient jusqu’au choix des poignées de portes, étaient essentiels pour lui, et ces photos mettent en valeur cet aspect de son travail », se félicite Marlies Wirth.

 

Plus d’information avec le BEM, la lettre de la construction à l’international

 

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