Environnement

Vers une politique européenne du sol

Les ministres de l’Environnement de l’Union européenne réunis à Majorque (îles Baléares) de lancer une politique commune de protection du sol, qui vient compléter celles existant déjà sur l’eau et l’air.
« Nous avons réussi à lancer une nouvelle politique environnementale dans l’UE, et en plus cette initiative a compté avec un large soutien parmi les Quinze », a annoncé au cours d’une conférence de presse le ministre espagnol de l’Environnement Jaume Matas, dont le pays exerce la présidence de l’UE au premier semestre 2002.
« Si on tient compte de la complexité du sujet des sols dans les différents pays de l’UE, c’est un événement qui a de quoi satisfaire tout le monde », s’est-il félicité.

La présidence espagnole avait décidé que la réunion informelle des ministres de l’Environnement, qui s’est tenue vendredi et samedi dans un hôtel de Palma de Majorque cerné par la police par crainte d’actions spectaculaires de groupes écologistes ou anti-mondialisation, serait exclusivement consacrée au problème de la dégradation des sols.
Selon la Commission européenne, 16% du sol de l’UE est affecté par un processus de dégradation quelconque (pollution, érosion, excès d’urbanisation, etc.). Ce phénomène est particulièrement préoccupant dans les pays méditerranéens, ainsi que dans les Etats de l’est européen candidats à l’adhésion, même si l’ensemble du continent est concerné.

Dans leurs conclusions, les ministres ont reconnu la nécessité de protéger le sol « tout en tenant particulièrement compte de son usage durable ». La commissaire européenne à l’Environnement Margot Wallström a notamment évoqué la politique agricole commune (PAC) dont la future réforme sera « un moyen très important d’introduire le problème du sol » dans la politique environnementale des Quinze.
La future politique européenne du sol, qui sera détaillée lors du prochain conseil des ministres de l’Environnement à Luxembourg en juin, insistera sur les mesures préventives en raison du caractère non-renouvelable des terres (sous un climat tempéré, une couche de 2,5 cm d’épaisseur met ainsi 500 ans à se former) ainsi que sur le principe du « pollueur-payeur ».
A ce sujet, M. Matas a reconnu la nécessité de « travailler à une directive sur la responsabilité civile environnementale, pour éviter qu’il soit possible à l’avenir de porter atteinte à l’environnement sans avoir l’obligation de réparer les dommages causés ».

Les Quinze ont en outre décidé de mettre en place un système communautaire de surveillance des sols, à l’image de ceux existant déjà aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Autriche, en Finlande, en Suède et en France.
Ce dernier pays a récemment mis en place un « Réseau de mesures de la qualité des sols » comptant 2.000 parcelles-test de 16 kilomètres sur 16 où sont mesurés tous les cinq ans divers paramètres écologiques, comme la pollution ou l’abondance de matière organique.

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