En direct

Vers un aménagement interconnecté du territoire

Pierre Dumolard, conseil en innovations technologiques (Cabinet Tomocom) |  le 15/10/2009  |  France EuropeEnvironnementDéveloppement durableInnovation

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Aménagement
France
Europe
Environnement
Développement durable
Innovation
Transports mécaniques
Paris
Isère
Loire-Atlantique
Architecture
Technique
Réglementation
Santé
Valider

L'aménagement du territoire ne se résume pas aux seules infrastructures de transport, estime Pierre Dumolard, conseil en innovations technologiques. Les technologies de l'information et de la communication (TIC), en se superposant à ce réseau physique, dessinent une interconnexion globale des utilisateurs, des flux et de leur environnement.

Vive la crise! De plans de relance en grands chantiers, le "turbo" est désormais mis sur les investissements d'intérêt général. L'enjeu : une réduction de l'empreinte écologique et la sauvegarde des emplois productifs aujourd'hui, en vue d'en recréer demain. En 2009, trente-cinq milliards d'euros - et un million d'emplois à la clé - sont mobilisés pour les transports du futur "Grand Paris"... Un défi qui augure d'une nouvelle approche "connectée" de l'aménagement du territoire, où les technologies de l'information et de la communication (TIC) servent une gestion anticipatrice des ressources énergétiques et logistiques. C'est que, pour reprendre la formule de Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat chargée de la Prospective et du Développement de l'Economie numérique auprès du Premier ministre - "les TIC ne forment pas un secteur parmi d'autres. Elles traversent l'ensemble du tissu économique et lui offrent de formidables moyens pour innover, se moderniser et retrouver le chemin de la croissance".

Norme et fréquences paneuropéennes

Imaginons seulement... Dès avant 2020, les cités se numérisent sur des "territoires connectés", modélisables et observables par capteurs, pour une meilleure qualité de vie, de rapidité logistique, de tonus industriel. Sur des voies routières labellisées "intelligentes", la signalisation dynamique - vitesse optimale de circulation, aide personnalisée aux voyages, conseils d'éco-conduite - s'affiche à bord des véhicules, sur les "Smartphones" géo-localisés des usagers et sur des panneaux interactifs. Télépéages et feux tricolores télécommandés se généralisent. Les parkings, habitats et lieux de travail se métamorphosent pour tenir compte du nouveau système "ITS/CVIS" de "Transport Intelligent, Coopératif Véhicules-Infrastructures". Déployé via une norme et des fréquences paneuropéennes, il radio-connecte par voisinage tous les véhicules, publics ou privés, individuels ou collectifs, entre eux et aux infrastructures. Au gain induit en dépollution, s'ajoute, dès 2011, l'option d'"hybridation" électrique à bon marché du parc automobile existant. Soit une réduction de consommation de carburant de 50%. A l'horizon 2015, les TIC réduisent les émissions de CO2 dans tous les secteurs à hauteur de 15%, soient 8 milliards de tonnes par an dans le monde. Avec un autre gain de 10 à 30% sur le nombre d'accidents, c'est 2% de richesse nationale en plus, par cette seule politique de réduction des temps morts et de bouchons inutiles! A la clef, un bonus en terme d'emploi, une réduction de moitié de l'insécurité routière en 2020 et un gain potentiel pour la France estimé à 12,50 Mds d'euros d'économie annuelle pour la Sécurité Sociale (sur la base de 2005).

Routes et transports intelligents

Cette approche "connectée" des flux territoriaux tirera parti du protocole internet de nouvelle génération "IP V6". Ce pilotage territorial des infrastructures de transport se profile sur la lancée récente de plates-formes internet d'info-mobilité multimodale (Nantes, Grenoble), permettant, à chacun, à chaque instant et partout, d'optimiser ses déplacements par divers modes de transport. Dès 2006, Stockholm (Suède) a mis en place un péage périurbain "freeflow" (sans barrières), transposable ailleurs en Europe, moyennant aménagements juridiques (bientôt à l'essai en France. Depuis, la capitale suédoise a vu ses bouchons se résorber, ses émissions de gaz carbonique diminuer de 40% intra-muros, de 17% sur son agglomération, de 3% sur sa région, tandis que son commerce en centre-ville augmentait de 6%. Ces innovations, impulsées via la Commission européenne et ses pays membres, sont de nature à révolutionner les schémas d'aménagements urbains et territoriaux, via des "programmes routes et transports intelligents". Certains grands opérateurs autoroutiers envisagent de nouveaux schémas d'ergonomie routière. Après Paris, ce sont plus de vingt technopoles, comme Grenoble - non encore bouclées par périphérique routier - qui souhaitent une nouvelle logistique urbaine et périurbaine, un "développement territorial durable et dynamique". Les bénéfices sociaux et économiques pour ces "villes numériques et territoires connectés" pourraient être spectaculaires, et ce bien avant 2020. D'autres millions d'emplois à créer dans les régions françaises?

Une réaction, une suggestion, un point de vue ? Ecrivez-nous à : courrier.moniteur@groupemoniteur.fr

Commentaires

Vers un aménagement interconnecté du territoire

Votre e-mail ne sera pas publié

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Ajouter Le Moniteur à l'écran d'accueil