En direct

« Verdissement » du crédit d’impôt des intérêts des prêts contractés en vue de l’acquisition ou de la construction de l’habitation principale

La Directrice de la législation fiscale Marie-Christine LEPETIT |  le 19/11/2010

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Valider

Instruction fiscale n°5 B-21-10 du 15 octobre 2010 Direction générale des finances publiques BOI du 2 novembre 2010 - NOR : ECEL1020378J

Présentation

1/ L’article 5 de la loi en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat (n° 2007-1223 du 21 août 2007), modifié par les articles 13 de la loi de finances pour 2008 (n° 2007-1822 du 24 décembre 2007) et 103 de la loi de finances pour 2009 (n° 2008-1425 du 27 décembre 2008), a institué un crédit d’impôt sur le revenu à raison des intérêts des prêts contractés par les contribuables en vue de l’acquisition ou de la construction de leur habitation principale.

Cet avantage fiscal, codifié sous l’article 200 quaterdecies du code général des impôts (CGI), s’applique aux intérêts payés au titre des cinq premières annuités de remboursement du prêt immobilier.

Le crédit d’impôt est égal à 20 % du montant des intérêts pris en compte. Ce taux est porté à 40 % pour les intérêts versés au titre de la première annuité.

Pour les logements acquis neufs ou en l’état futur d’achèvement à compter du 1er janvier 2009 ou, pour les logements que le contribuable fait construire, ayant fait l’objet d’une déclaration d’ouverture de chantier à compter de la même date, dont le niveau élevé de performance énergétique globale, fixé par décret, est supérieur à celui qu’impose la réglementation en vigueur, le crédit d’impôt s’applique, au taux uniforme de 40 %, aux intérêts payés au titre des sept premières annuités.

Le décret n° 2009-1 du 2 janvier 2009 pris pour l’application de l’article 200 quaterdecies du CGI prévoit que sont concernés par cette majoration du crédit d’impôt, les logements qui bénéficient du label « bâtiment basse consommation énergétique, BBC 2005 » (cf. article 46 AZA septies de l’annexe III au CGI).

Le montant annuel des dépenses prises en compte pour le calcul du crédit d’impôt est plafonné à 3 750 € pour une personne célibataire, veuve ou divorcée et à 7 500 € pour un couple, marié ou pacsé, soumis à imposition commune. Ces montants sont doublés lorsqu’au moins un des membres du foyer fiscal est handicapé. Ces montants sont également majorés de 500 € par personne à charge, ou de 250 € lorsqu’il s’agit d’un enfant réputé à charge égale de l’un et l’autre de ses parents.

2/ L’article 84 de la loi de finances pour 2010 (n° 2009-1673 du 30 décembre 2009) aménage à nouveau ce dispositif en prévoyant une diminution progressive des taux du crédit d’impôt pour les logements acquis neufs ou en l’état futur d’achèvement à compter du 1er janvier 2010, ou que le contribuable fait construire à compter de la même date, qui ne bénéficient pas du label « bâtiment basse consommation énergétique, BBC 2005 ».

3/ Par ailleurs, il est rappelé que l’article 103 de la loi de finances pour 2009 (n° 2008-1425 du 27 décembre 2008) a modifié l’article 200 quaterdecies du CGI en subordonnant, pour l’ensemble des logements neufs, le crédit d’impôt à la justification par le contribuable du respect des normes thermiques et de performance énergétique exigées par la réglementation en vigueur. Cette obligation de justification concerne les logements qui ont fait l’objet d’une demande de permis de construire déposée à compter du 1er janvier 2010.

La présente instruction commente l’ensemble de ces dispositions et apporte diverses autres précisions.

Introduction

1. L’article 5 de la loi en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat (n° 2007-1223 du 21 août 2007), modifié par l’article 13 de la loi de finances pour 2008 (n° 2007-1822 du 24 décembre 2007) et par l’article 103 de la loi de finances pour 2009 (n° 2008-1425 du 27 décembre 2008), a institué un crédit d’impôt sur le revenu à raison des intérêts des prêts contractés par les contribuables pour l’acquisition ou la construction de leur habitation principale.

2. Cet avantage fiscal, codifié sous l’article 200 quaterdecies du code général des impôts (CGI), s’applique aux intérêts payés au titre des cinq premières annuités de remboursement du prêt ­immobilier.

Le crédit d’impôt est égal à 20 % du montant des intérêts pris en compte. Ce taux est porté à 40 % pour les intérêts versés au titre de la première annuité.

3. Pour les logements acquis neufs ou en l’état futur d’achèvement à compter du 1er janvier 2009, ou pour les logements que le contribuable fait construire ayant fait l’objet d’une déclaration d’ouverture de chantier à compter de la même date, dont le niveau élevé de performance énergétique globale, fixé par décret, est supérieur à celui qu’impose la réglementation en vigueur, le crédit d’impôt s’applique, au taux uniforme de 40 %, aux intérêts payés au titre des sept premières annuités.

Le décret n° 2009-1 du 2 janvier 2009 pris pour l’application de l’article 200 quaterdecies du CGI prévoit que sont concernés par cette majoration du crédit d’impôt, les logements qui bénéficient du label « bâtiment basse consommation énergétique, BBC 2005 » (cf. article 46 AZA septies de l’annexe  III au CGI).

4. Le montant annuel des dépenses prises en compte pour le calcul du crédit d’impôt est plafonné à 3 750 € pour une personne célibataire, veuve ou divorcée et à 7 500 € pour un couple, marié ou pacsé, soumis à imposition commune. Ces montants sont doublés lorsqu’au moins un des membres du foyer fiscal est handicapé. Ces montants sont également majorés de 500 € par personne à charge, ou de 250 € lorsqu’il s’agit d’un enfant réputé à charge égale de l’un et l’autre de ses parents.

5. L’article 84 de la loi de finances pour 2010 (n° 2009-1673 du 30 décem­bre 2009) aménage à nouveau ce dispositif en prévoyant une diminution progressive des taux du crédit d’impôt pour les logements acquis neufs ou en l’état futur d’achèvement à compter du 1er janvier 2010, ou que le contribuable fait construire à compter de la même date, qui ne bénéficient pas du label « bâtiment basse consommation énergétique, BBC 2005 ».

6. Par ailleurs, il est rappelé que l’article 103 de la loi de finances pour 2009 (n° 2008-1425 du 27 décembre 2008) a modifié l’article 200 quaterdecies du CGI en subordonnant, pour l’ensemble des logements neufs, le crédit d’impôt à la justification par le contribuable du respect des normes thermiques et de performance énergétique exigées par la réglementation en vigueur. Cette obligation de justification concerne les logements qui ont fait l’objet d’une demande de permis de construire déposée à compter du 1er janvier 2010.

La présente instruction commente l’ensemble de ces dispositions et apporte diverses autres précisions.

A. Diminution progressive des taux applicables aux acquisitions ou constructions de logements neufs « non BBC »

7. L’article 84 de la loi de finances pour 2010 prévoit une diminution progressive des taux du crédit d’impôt pour les logements acquis neufs ou en l’état futur d’achèvement à compter du 1er janvier 2010, ou que le contribuable fait construire à compter de la même date, qui ne bénéficient pas du label « bâtiment basse consommation énergétique, BBC 2005 ».

8. Logements concernés. Sont concernés par cette diminution progressive des taux, les logements acquis neufs ou en l’état futur d’achèvement, les logements que le contribuable fait construire ainsi que les travaux de surélévation ou d’addition de bâtiments existants qui ouvrent droit au bénéfice de l’avantage fiscal (sur ce point, voir nos 7 et 11 de la fiche n° 5 du BOI 5 B-14-08).

En pratique, il s’agit :

– des logements neufs, acquis achevés ou en l’état futur d’achèvement (voir n° 4 et 5 de la fiche n° 5 du BOI 5 B-14-08) ;

– des logements que le contribuable fait construire ou dont il achève la construction lorsqu’ils ont été acquis inachevés (voir n° 8 de la fiche n° 5 du BOI 5 B-14-08) ;

– des travaux d’addition de construc­tion réalisés concomitamment à l’acquisition d’un immeuble achevé (voir n° 7 de la fiche n° 5 du BOI 5 B-14-08) ou sur un logement achevé dont le contribuable est déjà propriétaire (voir n° 11 de la fiche n° 5 du BOI 5 B-14-08), dès lors que ces logements ou parties de logements neufs sont soumis au respect des dispositions de l’article L. 111-9 du code de la construction et de l’habitation et qu’ils auraient pu être construits selon les critères permettant l’obtention du label « bâtiment basse consommation énergétique, BBC 2005 » tel que défini au 5° de l’article 2 de l’arrêté du 3 mai 2007 relatif au contenu et aux conditions d’attribution du label « haute performance énergétique » mais dont le niveau de performance énergétique globale respecte seulement les exigences de la réglementation en vigueur et ne disposent donc pas du label.

9. Ne sont donc notamment pas concernés par cette diminution progressive des taux :

– les logements anciens. En conséquence, lorsque l’acquisition d’un logement ancien s’accompagne de travaux de surélévation ou d’addition de construction, les intérêts d’emprunt afférents à l’acquisition du logement ouvrent droit au crédit d’impôt au taux applicable aux logements anciens et ceux afférents aux travaux de surélévation ou d’addition de construction ouvrent droit au crédit d’impôt au taux applicable aux logements neufs (sur la différenciation des taux, il convient de se rapporter à l’annexe 2 de la présente instruction).

Lorsque les travaux de surélévation ou d’addition de construction sont financés par le prêt également destiné à financer l’acquisition du logement, il convient de déterminer un prorata entre la part du prêt relative aux travaux et celle relative à l’acquisition afin d’appliquer le taux du crédit d’impôt aux intérêts du prêt afférents à chaque opération.

Dans cette situation, lorsque l’addition de construction bénéficie du label « bâtiment basse consommation énergétique, BBC 2005 » définie au 5° de l’article 2 de l’arrêté du 3 mai 2007 relatif au contenu et aux conditions d’attribution du label « haute performance énergétique », seule la part des intérêts relatifs à ces travaux est prise en compte au titre des sept premières annuités de remboursement (sur ce point, voir section 2 du chapitre 2 du BOI 5 B-28-09).

Cette situation n’emporte aucune conséquence sur la détermination de la base du crédit d’impôt, ni sur la détermination du plafond annuel des intérêts pris en compte (sur ce point, voir section 2 du chapitre 2 du BOI 5 B-14-08).

Lorsque l’acquisition du logement et la réalisation des travaux de surélévation ou d’addition de construction font l’objet d’un prêt distinct, chacun des deux prêts, qui ouvrent droit au crédit d’impôt dans les conditions de droit commun, suivent les règles propres à chaque opération s’agissant notamment du taux applicable et du nombre d’annuités de remboursement éligibles au crédit d’impôt. S’agissant du plafond annuel de la base du crédit d’impôt, il est rappelé qu’il ne peut excéder, au titre de chaque année d’imposition, la somme de 3 750 € pour une personne seule et de 7 500 € pour un couple soumis à imposition commune (voir n° 20 du BOI 5 B-14-08) et que le montant des intérêts éligibles au crédit d’impôt au taux le plus élevé s’impute en priorité.

Dans cette situation, et sous réserve que le logement initial reste occupé pendant la réalisation des travaux, la condition relative à l’affectation à l’habitation principale sera réputée remplie pour l’ensemble de l’unité d’habitation, y compris l’addition de construction, dès la mise à disposition des fonds afférents au prêt destiné à financer les travaux d’addition de construction ;

– les travaux d’amélioration ou d’aménagement interne des logements (aménagement de cuisine, de salles de bains) (sur ce point, voir n° 7 et 11 de la fiche n° 5 du BOI 5 B-14-08) ;

– les travaux qui ont pour effet d’accroître le volume et la surface habitable des locaux préexistants tels que l’aménagement des combles ou la transformation d’une dépendance en pièce d’habitation (sur ce point, voir n° 7 et 11 de la fiche n° 5 du BOI 5 B-14-08) ;

– les logements situés dans les départements d’outre-mer (voir n° 20. de la présente instruction) ;

– les logements acquis en l’état futur de rénovation mentionnés à l’article L. 262-1 du code de la construction et de l’habitation (voir n° 6 de la fiche n° 5 du BOI 5 B-14-08) ;

– les locaux non affectés à usage d’habitation ou inhabitables qui sont transformés en logement (voir n° 13 de la fiche n° 5 du BOI 5 B-14-08).

10. Taux applicables. Pour les logements neufs visés au n° 8., les taux du crédit d’impôt sont respectivement ramenés à :

– 30 % du montant des intérêts versés au titre de la première annuité et 15 % au titre des quatre annuités suivantes pour les logements acquis ou construits en 2010 ;

– 25 % du montant des intérêts versés au titre de la première annuité et 10 % au titre des quatre annuités suivantes pour les logements acquis ou construits en 2011 ;

– 15 % du montant des intérêts versés au titre de la première annuité et 5 % au titre des quatre annuités suivantes pour les logements acquis ou construits en 2012.

11. Evénement à retenir pour déterminer les taux applicables. S’agissant des logements neufs ou acquis en l’état futur d’achèvement, la date d’acquisition s’entend de la date de signature de l’acte authentique d’achat. Pour les logements que le contribuable fait construire ou les travaux d’addition de construction visés au dernier tiret du n° 8., la date de réalisation de l’investissement à retenir est celle de la déclaration d’ouverture de chantier.

Les taux du crédit d’impôt applicables (ainsi que le nombre d’annuités éligibles) en fonction de la date de l’acquisition ou de la construction ainsi définie sont récapitulés dans les tableaux figurant en annexe 2 de la présente ­instruction.

B. Précisions sur l’application de l’éco-conditionnalité

12. Conformément aux dispositions des deuxième et troisième phrases du dernier alinéa du I de l’article 200 quaterdecies du CGI, issues de l’article 103 de la loi de finances pour 2009 (n° 2008-1425 du 27 décembre 2008), le crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt versés au titre de l’acquisition ou de la construction de l’habitation principale est subordonné, à compter du 1er janvier 2010, à la justification par le contribuable du respect des exigences en matière de performance énergétique exigées par la réglementation en vigueur.

1. Logements concernés par l’éco-conditionnalité

13. Seuls sont concernés par l’éco-conditionnalité :

– les logements neufs, acquis achevés ou en l’état futur d’achè­vement ;

– les logements que le contribuable fait construire ou dont il achève la construction lorsqu’ils ont été acquis inachevés ;

– les travaux d’addition de bâtiments existants visés au dernier tiret du n° 8. En pratique, il s’agit des logements ou parties de logements neufs qui sont soumis au respect des dispositions de l’article L. 111-9 du code de la construction et de l’habitation.

14. Ne sont notamment pas concernés par l’éco-­conditionnalité :

– les logements anciens ;

– les travaux d’amélioration ou d’aménagement interne des logements (aménagement de cuisine, de salles de bains?) (sur ce point, voir n° 7 et 11 de la fiche n° 5 du BOI 5 B-14-08) ;

– les travaux autres que d’addition de bâtiments existants visés au dernier tiret du n° 8., qui ont pour effet d’accroître le volume et la surface habitable des locaux préexistants tels que l’aménagement des combles ou la transformation d’une dépendance en pièce d’habitation (sur ce point, voir n° 7 et 11 de la fiche n° 5 du BOI 5 B-14-08) ;

– les logements acquis en l’état futur de rénovation mentionnés à l’article L. 262-1 du code de la construction et de l’habitation ;

– les locaux non affectés à usage d’habitation ou inhabitables qui sont transformés en logement.

La circonstance que les logements soient considérés comme neufs au sens de la TVA est sans incidence : les logements ou parties de logements qui ne sont pas soumis à la réglementation thermique en vigueur ne sont pas concernés par l’éco-conditionnalité.

Le n° 4 du BOI 5 B-28-09 (troisième tiret) est donc rapporté sur ce point.

15. Enfin, il est rappelé que les logements qui bénéficient de la majoration du crédit d’impôt au titre d’une performance énergétique globale supérieure à celle qu’impose la réglementation en vigueur (cf. n° 3. de la présente instruction) sont réputés satisfaire l’éco-conditionnalité, étant donné qu’ils doivent justifier par ailleurs de l’obtention du label « bâtiment basse consommation énergétique, BBC 2005 », qui est plus exigeant (cf. n° 4 du BOI 5 B-28-09).

Remarque : lorsque des travaux d’addition de construction visés au dernier tiret du n° 8. sont réalisés concomitamment à l’acquisition d’un logement ancien et qu’ils sont financés par le prêt également destiné à financer l’acquisition du logement, seule la part du crédit d’impôt relative aux travaux (sur ce point, voir également n° 9. de la présente instruction) est remise en cause lorsque l’addition de construction ne respecte pas les exigences de la réglementation thermique en vigueur.

2. Entrée en vigueur de l’éco-conditionnalité

16. Rappel. La réglementation thermique en vigueur s’entend de celle applicable à la date du dépôt de la demande de permis de construire du logement concerné (sur ce point, voir n° 5 du BOI 5 B-28-09).

Les conditions dans lesquelles le contribuable qui entend bénéficier du crédit d’impôt prévu à l’article 200 quaterdecies du CGI doit justifier du respect de la réglementation thermique en vigueur doivent être définies par un décret (dernier alinéa du I de l’article 200 quaterdecies dans sa rédaction issue de l’article 103 de la loi de finances pour 2009).

Ce décret, qui était subordonné à la promulgation de la loi portant engagement national pour l’environnement (dit « Grenelle II ») intervenue le 12 juillet 2010 (loi n° 2010-788), n’a donc pas pu être publié au 1er janvier 2010 (1). En conséquence, des modalités transitoires de justification sont prévues pour les logements ayant fait l’objet d’un dépôt de demande de permis de construire entre le 1er janvier 2010 et la date d’entrée en vigueur de ce décret (voir n° 19., ci-dessous).

17. Pour les logements ayant fait l’objet d’une demande de permis de construire avant le 1er janvier 2010. Lorsque la demande de permis de construire a été déposée avant le 1er janvier 2010, le contribuable n’a pas l’obligation de justifier que le logement respecte la réglementation thermique en vigueur, et cela même si l’achèvement du logement intervient après le 1er janvier 2010. Dans ce cas, le crédit d’impôt ne peut pas faire l’objet d’une remise en cause au seul motif de l’absence de justification du respect de la réglementation thermique en vigueur.

18. Pour les logements ayant fait l’objet d’une demande de permis de construire à compter du 1er janvier 2010. Lorsque la demande de permis de construire est déposée à compter du 1er janvier 2010, le contribuable est tenu de justifier que le logement respecte la réglementation thermique en vigueur. A défaut, le crédit d’impôt peut être remis en cause.

19. Modalités transitoires de justification du respect de la réglementation thermique en vigueur pour les permis de construire déposés du 1er janvier 2010 jusqu’à la date d’entrée en vigueur du décret. Du 1er janvier 2010 à la date d’entrée en vigueur du décret à paraître définissant les conditions dans lesquelles le contribuable doit justifier du respect de la réglementation thermique en vigueur, la preuve du respect de cette condition est apportée par tous moyens, notamment par la production de la synthèse d’étude thermique standardisée RT 2005, telle que définie à l’annexe VI de l’arrêté du 24 mai 2006 relatif aux caractéristiques thermiques des bâtiments nouveaux et des parties nouvelles de bâtiments, attestant du respect des critères mentionnés à l’article 9 de cet arrêté (définissant les conditions dans lesquelles un logement neuf est réputé satisfaire à la réglementation thermique 2005). Conformément au 2 de l’article 10 du même arrêté, le maître d’ouvrage doit systématiquement produire cette synthèse d’étude thermique, au plus tard à l’achèvement des travaux (2).

La synthèse d’étude thermique atteste du respect des critères de l’article 9 de l’arrêté précité :

– en règle générale, lorsqu’elle établit le respect de trois critères récapitulés dans un tableau (3) à la fin du premier chapitre : le respect du C, le respect du Tic et le respect des exigences minimales (voir annexe 4 pour un exemple d’extrait de synthèse d’étude thermique pour le cas général) ;

– en application d’une solution technique (4), lorsqu’elle établit que le nombre de points obtenus pour les sous-totaux et le total général est supérieur ou égal au nombre de points minimal requis pour chacun (voir annexes 5 et 6).

Pour les logements qui bénéficient d’un des quatre labels autres que le label « bâtiment basse consommation énergétique, BBC 2005 », définis dans l’arrêté du 3 mai 2007 relatif au contenu et aux conditions d’attribution du label « haute performance énergétique », la justification du respect de la réglementation thermique peut également être apportée par la production du certificat mentionnant l’attribution du label, délivré par un organisme certificateur (5) tel que défini dans cet arrêté.

Ces quatre labels sont :

– le label « haute performance énergétique, HPE 2005 » ;

– le label « très haute performance énergétique, THPE 2005 » ;

– le label « haute performance énergétique énergies renouvelables, HPE EnR 2005 » ;

– le label « très haute performance énergétique énergie renouvelables et pompes à chaleur, THPE EnR 2005 ».

Il est rappelé que les logements qui bénéficient de la majoration du crédit d’impôt au titre d’une performance énergétique globale supérieure à celle qu’impose la réglementation en vigueur (cf. n° 3. de la présente instruction) sont réputés satisfaire l’éco-­conditionnalité, étant donné qu’ils doivent justifier par ailleurs de l’obtention du label « bâtiment basse consommation énergétique, BBC 2005 », qui est plus exigeant (cf. n° 4 du BOI 5 B-28-09).

20. Cas particulier des départements d’outre mer. S’agissant des logements situés en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane et à La Réunion, ne sont concernés par l’éco-conditionnalité que ceux qui font l’objet d’une demande de permis de construire ou d’une déclaration préalable prévue à l’article L. 421-4 du code de l’urbanisme déposée à compter du 1er mai 2010, date d’entrée en vigueur de la réglementation thermique dans ces départements (6).

Par ailleurs, les conditions dans lesquelles le contribuable qui entend bénéficier du crédit d’impôt doit justifier du respect de la réglementation thermique en vigueur dans les départements concernés doivent également être définies par le décret mentionné au n° 16.. En outre, la réglementation ne prévoit pas à ce jour de document spécifique, comparable à la synthèse d’étude thermique pour la métropole (cf. n° 19. ci-dessus), permettant de justifier du respect de la réglementation thermique dans ces départements.

Dès lors, la preuve du respect de la réglementation thermique, pour les logements situés dans les départements de Guadeloupe, Guyane, Martinique et Réunion, est apportée par tous moyens, notamment par la production d’un document fourni par le maître d’ouvrage attestant qu’il a respecté la réglementation thermique. Un modèle d’attestation est reproduit en annexe 7. La réglementation thermique est respectée lorsque la colonne de droite du tableau de l’attestation comporte les mentions « R » (respect de l’exigence) ou « SO » (sans objet lorsque l’exigence réglementaire n’est pas applicable à la zone géographique où se situe le logement).

Remarque : les contribuables ne sont pas tenus de joindre à leur déclaration de revenus le document justifiant du respect de la réglementation thermique en vigueur pour bénéficier du crédit d’impôt. Ils doivent seulement le tenir à la disposition de l’administration, qui peut le leur demander dans le cadre de l’exercice de son droit de contrôle.

C. Précisions sur l’application de la majoration du crédit d’impôt pour les logements neufs « BBC »

21. Rappel. Conformément aux dispositions du dernier alinéa du III et du quatrième alinéa du V de l’article 200 quaterdecies du CGI, le nombre d’annuités de remboursement pris en compte pour la détermination du crédit d’impôt est porté de cinq à sept annuités et le taux du crédit d’impôt est porté à 40 % sur toute cette période, pour les logements qui présentent un niveau de performance énergétique globale, fixé par décret, supérieur à celui imposé par la réglementation en vigueur.

Le décret n° 2009-1 du 2 janvier 2009 pris pour l’application de l’arti­cle 200 quaterdecies du CGI prévoit que sont concernés par cette majoration du crédit ­d’impôt, les logements qui répondent aux conditions d’attribution du label « bâtiment basse consommation énergétique, BBC 2005 » (cf. article 46 AZA septies de l’annexe III au CGI).

22. Logements concernés. La majoration du crédit d’impôt concerne uniquement :

– les logements acquis neufs ou en l’état futur d’achèvement ;

– les logements que le contribuable fait construire ou dont il achève la construction lorsqu’ils ont été acquis inachevés ;

– les travaux d’addition de bâtiments existants visés au dernier tiret du n° 8..

Ne sont notamment pas concernés par la majoration du crédit d’impôt :

– les logements anciens ;

– les logements situés dans les départements d’outre-mer ;

– les logements rendus habitables ou ceux acquis en l’état futur de rénovation mentionnés à l’article L. 262-1 du code de la construction et de l’habitation ;

– les locaux non affectés à usage d’habitation qui sont transformés en logement ;

– les travaux visés aux 2ème et 3ème tirets du n° 14..

Le n° 10 du BOI 5 B-28-09 (troisième tiret) est donc rapporté sur ce point.

Pour l’ensemble de ces logements, les taux du crédit d’impôt applicables sont ceux définis pour les logements anciens.

D. Précisions sur les normes de surface et d’habitabilité des logements

23. Rappel. En principe, le logement doit, au jour de l’affectation à usage d’habitation principale du bénéficiaire du crédit d’impôt, satisfaire aux normes minimales de surface et d’habitabilité mentionnées à l’article 244 quater J du CGI relatif au dispositif de l’avance remboursable ne portant pas intérêt au titre de l’acquisition ou de la construction de l’habitation principale ou « prêt à taux zéro » (PTZ) (dernier alinéa du I de l’article 200 quaterdecies du CGI ; voir fiche n° 3 du BOI 5 B-14-08).

24. Suppression de la condition à compter du 1er juillet 2010. L’article 90 de la loi de finances pour 2010 (n° 2009-1673 du 30 décembre 2009) aménage le dispositif du PTZ prévu à l’article 244 quater J précité du CGI. En particulier, la condition tenant au respect des normes de surface et d’habitabilité prévues par le code de la construction et de l’habitation est supprimée à compter du 1er juillet 2010.

En conséquence, cette condition est également supprimée pour le crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt versés au titre de l’acquisition ou la construction de l’habitation principale prévu à l’article 200 quaterdecies du CGI pour les opérations intervenues à compter du 1er juillet 2010, c’est-à-dire pour les acquisitions et les constructions au titre desquelles respectivement l’acte authentique a été signé ou la déclaration d’ouverture de chantier a été effectuée à compter de cette date.

BOI liés : 5 B-14-08 et 5 B-28-09.

BOI rapportés : n° 4 (troisième tiret) et n° 10 (troisième tiret) du BOI 5 B-28-09.

ANNEXE 1

Article 84 de la loi de finances pour 2010 (n° 2009-1673 du 30 décembre 2009, Journal officiel du 31 décembre 2009)

L’article 200 quaterdecies du code général des impôts est ainsi ­modifié :

1° Le dernier alinéa du V est remplacé par six alinéas ainsi rédigés :

« Toutefois, pour les logements acquis neufs, en l’état futur d’achèvement ou que le contribuable fait construire :

« 1° Lorsque l’acquisition ou la construction porte sur un logement mentionné au dernier alinéa du III, le taux mentionné au premier alinéa du présent V est porté à 40 % ;

« 2° Lorsque l’acquisition ou la construction porte sur un logement autre que celui visé au 1°, les taux mentionnés aux premier et deuxième alinéas sont respectivement ramenés à :

« – 15 % et 30 % pour les logements acquis ou construits en 2010 ;

« – 10 % et 25 % pour les logements acquis ou construits en 2011 ;

« – 5 % et 15 % pour les logements acquis ou construits en 2012. » ;

2° A la seconde phrase du 1° du II, les mots : « premier alinéa du » sont supprimés.

ANNEXE 2

Tableaux récapitulatifs des taux du crédit d’impôt

* respectant la réglementation thermique en vigueur à la date du dépôt de la demande de permis de construire, sans atteindre le niveau élevé de performance énergétique fixé par décret mentionné à l’alinéa suivant :

Tableau

** atteignant un niveau élevé de performance énergétique fixé par décret (actuellement fixé au niveau du label BBC) :

Tableau

ANNEXE 3

Articles 9 et 10 de l’arrêté du 24 mai 2006 relatif aux caractéristiques thermiques des bâtiments nouveaux et des parties nouvelles de bâtiments (extraits)

Article 9

1. Est considéré comme satisfaisant à la présente réglementation thermique tout bâtiment neuf pour lequel le maître d’ouvrage est en mesure de montrer que sont respectées simultanément les conditions suivantes :

1° Le coefficient Cep du bâtiment est inférieur ou égal au coefficient de référence de ce bâtiment, noté « Cepréf », déterminé sur la base des caractéristiques thermiques de référence données dans le titre II du présent arrêté.

Toutefois, jusqu’au 31 décembre 2007, le coefficient Cep des bâtiments autres que d’habitation de catégorie CE1 climatisés est inférieur ou égal au coefficient de référence de ce bâtiment, calculé en le considérant de catégorie CE2, diminué de 10 %.

2° Pour les bâtiments à usage d’habitation pour lesquels plus de 90 % de la surface est chauffée par une énergie autre que le bois, la consommation conventionnelle d’énergie pour le chauffage, le refroidissement et la production d’eau chaude sanitaire exprimée en kWh/m² d’énergie primaire est inférieure ou égale à un coefficient maximal Cepmax, déterminé selon les modalités précisées dans le titre II du présent arrêté ;

3° Pour les zones ou parties de zones de catégories CE1 et pour chacune des zones du bâtiment définies par son usage, la température Tic est inférieure ou égale à la température intérieure conventionnelle de référence de la zone notée « Ticréf » et déterminée sur la base des caractéristiques thermiques de référence données dans le titre II du présent arrêté. Cette exigence peut également être satisfaite en considérant chacune des parties de zones du bâtiment pour lesquelles sont calculées tour à tour Tic et Ticréf. Si le calcul conduit à une valeur de Ticréf inférieure à 26 °C, Ticréf est alors égale à 26 °C.

4° Les caractéristiques de l’isolation thermique des parois, des baies, des équipements de chauffage, de ventilation, d’eau chaude sanitaire, de refroidissement, d’éclairage et des protections solaires sont au moins égales aux caractéristiques thermiques minimales définies au titre III du présent arrêté.

2. Sont réputés respecter la réglementation les bâtiments dont les produits de construction et leurs mises en œuvre sont conformes aux procédés et solutions techniques, approuvées dans les conditions décrites au titre IV du présent arrêté.

Article 10

1. A l’exception des bâtiments dont les produits de construction et leurs mises en œuvre sont conformes aux procédés et solutions techniques, le maître d’ouvrage doit pouvoir fournir toutes les données utilisées pour les calculs aux personnes habilitées au titre de l’article L. 151-1 du code de la construction et de l’habitation par voie électronique selon le modèle défini dans la méthode de calcul Th-C-E.

2. Le maître d’ouvrage d’un bâtiment soumis à l’article L. 134-2 du code de la construction et de l’habitation doit pouvoir fournir une synthèse d’étude thermique selon les modalités précisées en annexe VI. Cette synthèse doit être fournie au plus tard à l’achèvement des travaux.

Annexe VI de l’arrêtéSynthèse standardisée d’étude thermique

1. Pour chaque bâtiment faisant l’objet d’une justification selon les modalités de l’alinéa 1 de l’article 9, la synthèse d’étude thermique doit comporter :

– les valeurs de Cep, Cepréf et ­Cepmax du bâtiment en kWh d’énergie primaire par mètre carré de SHON ;

– la valeur de la SHON du bâtiment utilisée dans le calcul ;

– les valeurs en kWh d’énergie finale et kWh d’énergie primaire des consommations conventionnelles d’énergie du bâtiment correspondant au chauffage hors auxiliaires, au refroidissement hors auxiliaires, à la production d’eau chaude sanitaire hors auxiliaires, à l’éclairage, aux ventilateurs, aux auxiliaires de distribution et de génération et pour chacune d’entre elles le type d’énergie utilisée, ainsi que les éventuels apports d’énergie des équipements photovoltaïques ;

– les débits moyens annuels en occupation et inoccupation pour les postes suivants :

– défaut d’étanchéité ;

– entrées d’air ;

– ouverture des fenêtres ;

– système de ventilation ;

– si le calcul a été effectué, les valeurs de Tic et Ticréf de chaque zone de type CE1 ;

– les valeurs de Ubât et de Ubâtréf, du bâtiment en W/m².K ainsi que les pertes totales en W/K du bâtiment et de la référence ;

– la décomposition du calcul de Ubât faisant apparaître, pour chaque catégorie de paroi et de linéique, le coefficient ai pris en référence pour le calcul de Ubâtref selon les articles 12 et 15, la surface ou le linéaire total et la valeur moyenne de transmission surfacique ou linéique ;

– pour chaque projet bâtiment zone et groupe, l’ensemble des données caractéristiques telles que définies dans la méthode de calcul Th-C-E ;

– la sensibilité du coefficient Cep du bâtiment à des variations type des paramètres suivants :

– Ubât diminué de 10 % ;

– perméabilité à l’air diminuée de 0,5 m³ (h.m²) (sous 4 Pa au sens de la méthode de calcul Th-C-E) si la valeur initiale est supérieure à 0,5 m³/(h.m²) ;

– orientation des baies de ­référence ;

– apports solaires et lumineux par les baies réduits de 20 % ;

– puissance éclairage installée diminuée de 10 % ;

– puissance totale des ventilateurs diminuée de 20 % ;

– classe de variation spatiotemporelle des émetteurs de chaud améliorée de 1 K ;

– classe de variation spatiotemporelle des émetteurs de froid améliorée de 1 K.

2. Pour chaque bâtiment faisant l’objet d’une justification par solution technique selon les modalités de l’alinéa 2 de l’article 9, la synthèse d’étude thermique doit préciser toutes les données utilisées ainsi que les résultats obtenus permettant de justifier du respect de la solution technique tant du point de vue du champ d’application que des dispositions techniques et architecturales à mettre en œuvre.

Voir pdf pour les annexes suivantes :

ANNEXE 4

Extrait d’une synthèse d’étude thermique standardisée

ANNEXE 5

Synthèse d’étude thermique en application de la « Solution technique maisons individuelles méditerranéennes non climatisées » agréée sous le n° ST 2008-001

ANNEXE 6

Synthèse d’étude thermique en application de la « Solution technique maisons individuelles non climatisées » agréée sous le n° ST 2007-002

ANNEXE 7

Modèle d’attestation à fournir en vue de la justification du respect de la réglementation thermique en vigueur s’agissant des logements situés dans les départements d’outre-mer

(1) A la date de publication de la présente instruction, ce décret n’est pas encore publié. (2) Les articles 9 et 10 de l’arrêté du 24 mai 2006 relatif aux caractéristiques thermiques des bâtiments nouveaux et des parties nouvelles de bâtiments sont reproduits en annexe 3 de la présente instruction. (3) Dans quelques rares cas particuliers mentionnés au titre V de l’arrêté du 24 mai 2006 relatif aux caractéristiques thermiques des bâtiments nouveaux et des parties nouvelles des bâtiments, c’est un courrier d’agrément du Ministre chargé de la construction et de l’habitation accompagnant la synthèse d’étude thermique qui permet de justifier du respect de la réglementation thermique en vigueur. (4) Agréée par le ministre chargé de la construction en application de l’article 78 de l’arrêté du 24 mai 2006 précité. (5) Pour plus de précisions sur les organismes certi­ficateurs, voir n° 21 du BOI 5 B-28-09. (6) Décret n° 2009-424 du 17 avril 2009 portant sur les dispositions particulières relatives aux caractéristiques thermiques, énergétiques, acoustiques et d’aération des bâtiments d’habitation dans les dépar­tements de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de La Réunion.

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Diagnostic, entretien et réparation des ouvrages en béton armé en 44 fiches pratiques

Diagnostic, entretien et réparation des ouvrages en béton armé en 44 fiches pratiques

Date de parution : 03/2020

Voir

Valorisation de l’immobilier d’entreprise par l'externalisation des actifs et autres solutions

Valorisation de l’immobilier d’entreprise par l'externalisation des actifs et autres solutions

Date de parution : 02/2020

Voir

Accessibilité en ville : guide des équipements publics

Accessibilité en ville : guide des équipements publics

Date de parution : 02/2020

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur