Entreprises de BTP

Veni, vedi, Vinci

Mots clés : Entreprise du BTP

Vinci va bien pour ne pas dire très bien. Avec un chiffre d’affaires de 37 milliards d’euros qui a progressé de 10,7% en 2011 et un résultat net établi à 1,9 milliard (+7,2%) et un endettement financier réduit de 470 millions d’euros, le groupe se montre serein. D’autant que son carnet de commandes atteint, lui aussi, des sommets à 30,6 milliards (+18% sur un an).

Vinci est fier de son année 2011 et le fait savoir. « C’est un exercice excellent, s’est félicité Xavier Huillard, le P-DG du numéro un européen du BTP. L’année 2011 a été marquée par de nombreux succès commerciaux en 2011, une solide croissance du chiffre d’affaires et des résultats. » Mais parfois, les chiffres sont plus parlants que les mots. Le chiffre d’affaires consolidé du groupe a progressé de 10,7% (+6,4% à structure comparable) pour s’établir à près de 37 milliards d’euros. Les métiers du « contracting » (Vinci Energies, Eurovia, Vinci Construction) ont vu leur chiffre d’affaires augmenter de 11,9% à 31,5 milliards, surtout grâce à la croissance organique (6,7%), « soit 2 milliards d’activité gagnés par le dynamisme de nos équipes », a salué Xavier Huillard. Mais les effets positifs de la croissance externe se sont aussi faits ressentir (+4,4%), avec l‘intégration en année pleine de Cegelec, Faceo et Tarmac.

La croissance de l’activité a été particulièrement forte en France (+12,6% à 23,6 milliards et même 15,2% dans le contracting), qui pèse donc 64% dans l’activité totale du major. A l’international, l’activité a progressé mais plus modérément (+7,8%) à 13,4 milliards.

Dans le détail, Vinci Energies progresse de 22% (8,7 milliards de CA) notamment grâce au dynamisme du secteur industriel, du photovoltaïque et des réseaux télécoms, la routière Eurovia de 10% (8,7 milliards, soutenu en France par les transports collectifs et les infrastructures ferroviaires) et Vinci Construction de 7,5% (14,1 milliards), surtout aidé par la bonne activité dans le bâtiment tandis que le génie civil et le terrassement se sont améliorés.  Le chiffre d’affaires des concessions gagne quant à lui 3,9% à 5,3 milliards, grâce à l’évolution positive des recettes de Vinci Autoroutes malgré un tassement du trafic, et de Vinci Airports, qui intègre la concession des aéroports du Grand Ouest. Enfin, Vinci Immobilier est aussi en progression (+15,7%) avec un chiffre d’affaires proche de 700 millions d’euros.

Les marges opérationnelles sur activités dans le pôle contracting affichent de belles performances (4,5% du chiffre d’affaires) compte tenu de la conjoncture : 4,5% pour Vinci Construction (stable), 5,6% pour Vinci Energies (+0,2 point) et 3,7% pour Eurovia (+0,1 point).

Le contracting contribue ainsi à plus de la moitié du résultat net du groupe, qui progresse de 7,2% pour atteindre 1,9 milliard, avec un taux de marge nette qui s’inscrit à 5,2%. L’endettement financier du groupe ne s’élève plus qu’à 12,6 milliards d’euros au 31 décembre 2011 (-470 millions sur un an).

 

Prises de commandes record

L’an dernier, Vinci a bouclé de nombreux projets de concessions représentant plus de 3,9 milliards d’euros de travaux, notamment la LGV Tours-Bordeaux (SEA) pour 3,1 milliards. Il a aussi remporté entre autres les stades de Nice et de Bordeaux, le centre commercial « les Terrasses du Port » à Marseille, la Tour D2 à la Défense, le siège de SFR à Saint-Denis, la 2ème tranche de la LGV Est, le terminal méthanier EDF/Total à Dunkerque ou la Canopée des Halles à Paris. Le groupe vient aussi d’être désigné attributaire pressenti pour le grand contournement ouest de Strasbourg. A l’international, le major mondial du BTP a par exemple gagné des tunnels miniers au Chili, les autoroutes A9 en Allemagne et A2 en Pologne, l’hôtel Berjaya Ritz Carlton en Malaisie, la deuxième tranche de l’usine Renault au Maroc, etc. « Nous avons engrangé plus de commandes en 2011 que nous n’avons consommé d’affaires », précise Xavier Huillard. « Ces succès attestent de la pertinence du modèle intégré concessionnaire-constructeur de Vinci. Avec un carnet de commandes record dans le contracting de 36 milliards (+22%), des métiers variés, des clients diversifiés et des implantations géographiques nombreuses, nous pouvons aborder 2012 confiants et sereins. »

 

Perspectives radieuses mais…

Si Vinci autoroutes prévoit une légère progression des recettes de péages malgré une stabilisation du trafic prévue pour 2012, Xavier Huillard a aussi renouvelé la proposition de Pierre Coppey, président de Vinci Autoroutes (voir notre article à ce sujet). Il propose ainsi de faire appel au privé pour financer la rénovation de certains tronçons routiers gérés par des collectivités locales en mal de deniers, en échange d’un allongement des durées des concessions. Citant comme exemple les tunnels de Toulon et leur potentielle connexion au réseau Escota (filiale de Vinci Autoroutes) en échange d’un allongement de la durée des concessions de « plusieurs années » sur ce réseau.

Vinci a aussi confié avoir un certain nombre de projets à l’étude. Beaucoup à l’étranger, mais aussi en France (parcs éoliens offshore, barrages sur la Meuse en PPP, Canal Seine Nord Europe, Rocade L2 Marseille, des stades…). Mais les priorités du groupe se focalisent sur le génie civil de spécialité, les concessions aéroportuaires (notamment en Turquie alors que le dossier des aéroports d’Hochtief est refermé) et le développement de son pôle Energies. « Depuis l’intégration de Cegelec, nous pouvons envisager de répondre à des appels d’offres plus importants, et nous n’excluons pas non plus de faire de nouvelles acquisitions cette année dans ce domaine, confie Xavier Huillard. Je ne serais pas étonné si le chiffre d’affaires de Vinci Energies (8,7 milliards d’euros) doublait d’ici 10 ans ». 

… pas forcément partout

« En France, c’est le financement des collectivités locales qui m’inquiète davantage, indique Jacques Tavernier le P-DG d’Eurovia. Nous y verrons plus clair dès que les collectivités auront bouclé leurs budgets mais une baisse des prises des commandes dès mars n’est pas à exclure ». Ce à quoi Xavier Huillard ajoute : « Nous adapterons nos unités opérationnelles. Cela pourrait aussi entraîner des réductions d’effectifs, notamment intérimaires. » La Fédération nationale des travaux publics alerte déjà sur ce sujet depuis le mois de décembre. Le groupe entend donc aller chercher les marchés là où ils sont et mise donc de plus en plus sur les pays émergents. La récente acquisition d’Eurovia en Inde en est la parfaite illustration.

« Dans ce contexte, tout en envisageant au minimum une stabilisation de notre activité en 2012, le groupe reste confiant et se fixe l’objectif de maintenir ses taux de marges opérationnelles par rapport aux bons niveaux de 2011 », conclut Xavier Huillard. 

 

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