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Végétalisation extensive pour 18 000 m2 de toiture

FRANCOIS SAGOT |  le 28/03/1997  |  Gros œuvreAménagementDéchetsAcierEspaces verts

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LE CHANTIER L'usine de traitement des ordures ménagères de Monthyon, en Seine-et-Marne. LE PROGRAMME Le site, capable de traiter 114 000 t d'ordures ménagères, comprend un centre de tri et de recyclage associé à des fours d'incinération. LES SOLUTIONS Afin d'intégrer les bâtiments dans le paysage, la toiture aux formes courbes du centre est végétalisée Une culture extensive limite la surcharge des bacs acier à 100 kg/m2.

L'usine de traitement des ordures ménagères de Monthyon, près de Meaux, sera capable de traiter 114 000 t de déchets, à son ouverture, et jusqu'à 124 000 t, à terme, dont 5 000 t de déchets verts. Dès la conception du site, l'intégration au paysage agricole de la région a été recherchée. Le bâtiment principal du centre, en béton armé, mesure 35 m de haut afin d'accueillir les fours. Il est associé à une vaste zone de tri et de compostage recouverte par une toiture végétalisée, plate sur une partie et courbe sur une autre. L'objectif poursuivi par le cabinet d'architecture S'Pace consiste à minimiser l'impact visuel du centre en offrant une certaine continuité de la végétation et du relief.

Couverture en bacs acier

De plus, l'ensemble des bâtiments est entouré par un talus de 6 m de haut, qui sera recouvert par une prairie fleurie.

Le bâtiment servant au tri et au compostage possède une charpente métallique avec des poutres-treillis qui supportent la toiture en bacs acier. Au niveau du raccordement avec le bâtiment principal, la toiture forme une butte rappelant les collines proches. Pour cela, les pannes de la toiture ont été gauchies au montage. Les bacs acier sont revêtus sur leurs deux faces d'une finition de type PVDF, résistant à l'atmosphère industrielle, notamment liée aux produits verts entre-posés qui génèrent une température élevée et un fort taux d'hygrométrie.

La toiture végétalisée proposée par l'entreprise Soprema est de type extensive. Il s'agit de plantes tapissantes nécessitant peu d'entretien et une faible couche de substrat. « C'est la raison pour laquelle, indique Jean-Yves La Noë, de l'entreprise CBC, l'ensemble formé par les bacs et la toiture végétalisée accepte une surcharge de seulement 100 kg/m2 dont 63 kg/m2 lorsque le substrat est totalement gorgé d'eau. Cette surcharge est compa-tible avec la charpente métallique. »

La toiture comprend un pare-vapeur, un isolant en laine minérale de 30 mm d'épaisseur (80 mm où les produits verts sont entreposés afin d'éviter les déperditions thermiques), un complexe d'étanchéité associant l'Elastophène Flam 25 et le Sopralène Flam jardin, fixé par soudure au chalumeau. Le tout est recouvert par une toiture végétale Sopranature. Cette dernière comprend une couche de pouzzolane (de la roche volcanique) de 6 cm d'épaisseur. Selon François Lassalle, de Soprema, « cette couche sert de drainage grâce à sa granulométrie qui dégage un volume et à la porosité interne des grains qui stockent l'eau. Enfin, 1 cm d'épaisseur de matière organique sert à la croissance initiale des plantes » (voir schéma pour les parties en pente).

La végétation se compose de six à dix espèces dont la hauteur est comprise entre 5 et 15 cm et dont les couleurs changent en fonction de la saison. Elle prend des teintes rouges-ocres par temps sec ou froid. Il n'y a pratiquement pas besoin d'entretien (ni tonte ni arrosage). En effet, indique Jean-Luc Bérard, de Soprema, « un ou deux passages annuels suffisent pour éventuellement enlever les mauvaises herbes, mettre de l'engrais, vérifier le non-engorgement des évacuations d'eau pluviale ». Des bandes gravillonnées sont mises en place au droit des noues, autour des points singuliers comme les exutoires et en périmétrie du bâtiment.

François Lassalle indique que « les 800 m3 de pouzzolane ont été mis en place à la pompe, comme la couche finale. Outre de la matière organique, elle comprend des fragments de plantes de 3 à 5 mm de long, et un fixateur formé par une colle cellulosique conserve l'humidité en permettant les échanges d'air. Il faudra plusieurs mois à la végétation pour s'installer complètement. Il s'agit de la plus grande surface de toiture végétalisée réalisée en France, ce qui nous met au niveau des plus grandes réalisations allemandes ».

Montant des travaux pour l'ensemble du site : 580 millions de francs. Durée : dix-huit mois pour le gros oeuvre, la charpente, le bardage, la couverture et les voiries et réseaux divers. Achèvement : août 1997.

FICHE TECHNIQUE

Maître d'ouvrage : Smitom nord Seine-et-Marne.

Assistant au maître d'ouvrage : cabinet d'études Marc Merlin.

Mandataire : Somoval (Aubine-Onyx et CGC).

Maîtrise d'oeuvre : S'Pace (architectes), cabinet d'études Farcy (centres de transit) et S'Pec (ordonnancement, pilotage, coordination).

Incinération, valorisation énergétique, traitement des fumées : Cnim.

Compostage : OTVD.

Génie civil-VRD : CBC (mandataire)-Sobea.

Bureau de contrôle : Veritas, Gemo.

SCHEMA :

1. Pour les parties de la toiture dont la pente est supérieure à 3 %, des potelets sont fixés sur la charpente afin d'éviter tout glissement du substrat. L'isolant est non plus collé mais fixé et agrémenté de butées en cornières galvanisées placées en partie courante, perpendiculairement à la ligne de la plus grande pente, tous les 5 m. Enfin, de la pierre ponce, plus hydratante, est ajoutée à la pouzzolane.

PHOTO :

2. La toiture en bacs acier, supportée par une charpente métallique, accepte une surcharge de 100 kg/m2, dont 63 kg lorsque le substrat est gorgé d'eau.

3. La toiture forme, en partie, une butte rappelant les collines proches.

4. La membrane d'étanchéité est fixée par soudure au chalumeau.

5. Les 800 m3 de substrat ont été mis en place à la pompe.

6. Les fragments de plantes, de 3 à 5 mm de long, sont incorporés directement au substrat.

Etanchéité par l'extérieur pour la fosse des ordures

L'étanchéité de la fosse de réserve des ordures ménagères, qui atteint 18 m de profondeur alors que la nappe phréatique se situe seulement à moins 4 m, a été effectuée par l'extérieur. Selon Roger Bail, de CBC, et Jacques Thomazeau, de Sobea, le procédé retenu innove par rapport à une étanchéité traditionnelle tout en diminuant le coût de réalisation : « Dans un premier temps, une paroi circulaire en béton moulé de 30 m de diamètre, 23 m de profondeur, 0,50 m d'épaisseur, a été coulée, évitant tout butonnage provisoire. » La fosse de 22 m de long par 12 m de large est réalisée à l'intérieur de la paroi moulée sur un radier. L'étanchéité est assurée par un film PEHD placé entre la paroi et le remblai. De la bentonite assure l'étanchéité au niveau du recouvrement des lés puisqu'elle gonfle en présence d'eau. Un disque en béton servant de tirant relie la fosse et la paroi moulée. Des orifices mettent en équilibre de pression la partie inférieure et la partie supérieure.

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