Profession

Vanessa Larrère, entre architecture et sport de combat

Mots clés : Architecture - Enfance et famille - Sport

Le calendrier 2012 de la jeune femme est déjà chargé avec la remise du prix de la Première œuvre pour le bâtiment qu’elle a réalisé pour l’exploitation agricole familiale, pas mal de projets sur la planche et en mars prochain, la création d’une structure avec des amies de l’école d’architecture. Et à part ça ? Elle fait du krav maga.

Au risque d’avoir l’air de tomber des nues (et dans le cliché), on n’aurait pas imaginé que Vanessa Larrère consacrait son  temps libre… au krav maga. Pourtant trois heures par semaine, la jeune femme blonde s’entraîne à ce sport d’origine israélienne, entre auto-défense et combat au corps à corps, qu’ont adopté tant Tsahal que le Mossad,  l’armée et les services secrets israéliens, et, en France, les gendarmes du GIGN. Sur le papier, ça ressemble à une technique de tueurs. Vanessa Larrère avoue : « ça me défoule. » Puis précise : «En fait, ça n’est pas tant basé sur la force que sur l’efficacité et la méthode. Comme un peu tout d’ailleurs. » Ça doit être comme ça qu’elle aborde son travail d’architecte.

Ce métier, elle ne l’a pas choisi en connaissance de cause. Née le 28 avril 1984, elle a grandi à Liposthey, commune de quelque 300 habitants des Landes. Son père, sa mère, comme ses oncles et tantes y font tourner l’exploitation maraîchère que son grand-père a créée. Le cousin de Vanessa  Larrère y travaille aussi et bientôt son jeune frère la rejoindra. Elle a choisi une autre voie. Elle l’a d’abord cherchée. En quête d’une orientation post-bac qui corresponde à son goût pour le dessin, elle a hésité sur le stylisme puis a opté pour une école d’architecture. Rien, là, qui puisse étonner Philippe Larrère, son père : «Vanessa a toujours aimé les choses bien faites, belles à voir. »

Elle doit pourtant reconnaître qu’elle ne savait «rien du métier. Et je n’avais aucune culture en la matière ». Vanessa Larrère se souvient qu’en allant passer l’entretien d’admission à l’école de Bordeaux, un étudiant croisé dans un couloir lui a demandé quelle référence elle comptait citer. « Aucune, lui ai-je répondu. Alors il m’a glissé : « tu n’as qu’à dire Le Corbusier ». Ce qu’elle a fait. Ça n’a pas suffi, ni d’ailleurs son bon dossier. Elle a été dépitée de constater que pour les examinateurs, elle ne pouvait pas « apporter » assez à l’école. « J’étais trop normale. En plus, j’étais terriblement timide », raconte-t-elle.

Elle a quand même eu le choix. Admise à Toulouse et Montpellier, elle a choisi Toulouse où elle est entrée en 2002. « Et là ça a été une révélation. L’euphorie même. Je ne comprenais pas que tout le monde ne veuille pas faire ça : dessiner des projets, inventer des bâtiments, des lieux où les gens vont vivre, ainsi que leur environnement. » Elle ressort diplômée en 2008 puis enchaîne directement avec la formation à l’Habilitation à la maîtrise d’œuvre (HMO). En cours de route,  entre la 4e et la 5e année, elle s’est offert une belle pause « découverte ». Après plusieurs mois passés dans l’atelier parisien Quintard-Hofstein, « je suis partie en voyage, toute seule et sac au dos. Direction les Etats-Unis et le Mexique ». Elle y a tout absorbé : les temples mayas, Barragan, le Chicago de Mies, la Californie avec un coup de cœur pour le Salk Institute de Louis Kahn et enfin New York. En 2010, elle s’est offert un autre périple, de deux mois, en Asie, avec étapes à l’Exposition universelle de Shanghaï ou encore Tokyo. « Mais, cette fois, j’ai aussi vu des plages. »

Entre temps, elle a travaillé, à Paris, à l’agence A+ Samuel Delmas, pour laquelle elle a suivi deux chantiers de maisons. Elle estime que «ce passage à la construction s’est fait assez naturellement. Sur l’un des deux projets, même les gens des entreprises  m’ont dit: « quand vous aurez fait ce chantier, vous pourrez tout faire. » Son père renchérit : «Elle sait se faire respecter des artisans. » Il a pu le voir quand Vanessa Larrère a réalisé pour l’exploitation familiale ce nouveau bâtiment de bureau qui leur a permis de décrocher le prix de la Première œuvre 2011. La jeune femme semble donc moins timide qu’avant. Son amie Claire Furlan, rencontrée à l’école de Toulouse,  confirme « qu’elle a dépassé ce stade, notamment parce qu’elle a monté sa boîte. Vanessa est obligé de se vendre et de vendre ses projets ».

 Apparemment, sa petite entreprise marche plutôt bien. Installée en libérale à Toulouse, Vanessa Larrère a plusieurs maisons en projets. Elle est, dit-elle, « débordée. Mais dans la mesure où je travaille toute seule, ça n’est pas très étonnant ». Le but est donc de ne pas le rester, seule, et prochainement, probablement en mars, Claire Furlan et elle créeront une structure. Elle s’appellera Oeco architectes, pour « œuvre collective, et à terme, deux autres amies de l’école les rejoindront. Cette envie de s’associer, Claire Furlan l’explique bien : « Nous avons des références communes, comme Zumthor et nous partageons la même envie d’une architecture inscrite dans son paysage ». Elle dit encore apprécier « le côté déterminé » de son amie : « Vanessa est forte dans ses choix.» Entre autres projets, ajoute enfin Claire Furlan, «elle m’a proposé de faire du krav maga avec elle ».

www.vanessa-larrere.com

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